mercredi, 27 septembre 2006

Ces maladies tropicales oubliées, qui seront peut-être chez nous demain

Quelle est la probabilité que vous attrapiez demain une maladie incurable? Et si vous habitiez au Kenya, elle serait combien de fois plus grande? J’ai lu il y a quelques mois un article qui affirmait qu’il y a grosso modo 300 fois plus de parasites sous les tropiques que chez nous. L’article concernait les plantes, mais les plantes n’ont aucun privilège. Les parasites, de leur côté, auraient entendu parlé du réchauffement climatique et de territoires nouveaux à visiter, au Nord. Les maladies émergentes deviennent ainsi à la mode, au point de devenir un axe prioritaire de recherche en France.

Cela dit, combien de chercheurs, quel investissement faisons-nous pour aller étudier ces parasites et ces maladies là où ils existent déjà et où on pourrait commencer à les traiter ? C’est l’éternelle question des symptômes que l’on soigne plutôt que les causes. On fait en quelque sorte la même chose avec l’émigration des parasites qu’avec l’émigration des hommes. On ne s’occupe d’eux que lorsqu’ils ont réussi à arriver chez nous. Trop tard pour un traitement décent. On renvoie les hommes. Mais on ne sait pas faire des charters pour les parasites.

Environ 200 chercheurs se sont réunis à Nairobi la semaine dernière pour une conférence sur les maladies tropicales oubliées. Je n’ai retenu qu’un chiffre : sur 1556 nouveaux médicaments créés au cours des 30 dernières années dans le monde, seulement 21 permettaient de traiter des maladies tropicales. Bill Gates est au courant et sa Fondation investit massivement dans les recherches nécessaires. Et chez nous, quel politique, quel chef d’entreprise mécène a pris ce flambeau-là ?