mardi, 25 novembre 2008

Vous avez dit développement durable ?

Je m’interrogeais, il y a quelque temps, sur l’existence de bons blogs sur la science. Je viens d’en découvrir un, un peu touche à tout, qui n’a pas l’air mauvais du tout mais qui a malheureusement un défaut encore majeur pour nombre de nos lecteurs : il est exclusivement en anglais. Bon, ce n’est pas grave, je vais essayer – quand je trouverai le temps – de vous en distiller les bonnes pages, avec bien sûr mon grain de sel ajouté.

Pour les anglophiles plus curieux : Short Sharp Science

Parlons donc de cet article mis en ligne hier 24 novembre sous le titre provocateur « il faut développer un plan de survie pour notre espèce ». Provocateur, mais avec de bonnes raisons. Depuis quand parle-t-on de développement durable ? Réponse : grosso modo depuis le sommet de la terre de Rio en 1992. La question qui fâche ensuite, c’est celle de savoir si une fois nos consciences éclairées le monde a progressé vers la durabilité ou continué de s’enfoncer un peu plus vers la catastrophe finale. Vous connaissez la réponse.

Fred Pierce, qui signe l’article en question, parle d’un récent colloque en Allemagne consacré aux méthodes de mesure de la durabilité. Et son constat est que les scientifiques ne sont à peu près d’accord sur rien, ce qui promet pour l’avenir.

Prenez l’exemple de ce que nous « sortons » du sol. Pour tel ou tel métal, nos réserves sont-elles suffisantes pour les 5000 ou les 50 prochaines années ? Nos politiques d’extraction et d’utilisation du métal en question seront évidemment dramatiquement opposées dans un cas par rapport à l’autre. Mais s’il n’y aucun consensus entre les spécialistes, les décideurs décideront de continuer à faire comme aujourd’hui : extraire sans se soucier de demain.

Transposez cela au pétrole, dont nous sommes encore tellement dépendants. Qui est d’accord sur les réserves. Où voyez-vous une réponse coordonnée, et des synergies se mettre en place ?

Prenez l’exemple de l’eau. 70% de l’eau aujourd’hui utilisée part dans une agriculture qui ne se soucie en rien de la durabilité de la ressource. On continue de cultiver du maïs chez nous, du riz au Sud, dans le plus grand gaspillage d’eau, comme si la ressource était inépuisable. Il n’y a aucun consensus sur le besoin et la manière d’en sortir.

Etc. Alerter c’est bien. C’est nécessaire. La prise de conscience a progressé. 1992 à 2008, cela fait maintenant 16 ans, mais nous n’avons toujours aucun plan dessiné et accepté par tous. On a un groupe international sur le changement climatique. Pour Fred Pierce, il en faudrait peut-être un sur la durabilité, pour dessiner un plan de survie pour notre espèce…

Et si on commençait par y travailler sérieusement chez nous d'abord?


vendredi, 24 mars 2006

Mieux irriguer est urgent

Des centaines de millions de personnes vivant dans les pays du Sud sont condamnées à la pauvreté si on ne change pas la manière dont l’eau est utilisée en agriculture. Au Forum mondial de l’eau de Mexico, les chercheurs de l’institut international de Gestion de l’eau (IWMI) et leurs partenaires, ont montré que si la demande en aliments est appelée à doubler d’ici 2050, la demande en eau pour l’agriculture doublera aussi, à moins que les pratiques agricoles n’évoluent vers plus d’efficacité.

"Il faut 70 fois plus d’eau pour produire ce que nous mangeons chaque jour que ce que nous utilisons pour satisfaire tous nos besoins domestiques," selon Frank Rijsberman, Directeur général de l’IWMI.

Seulement 40% de l’eau de pluie parviennent aux rivières ou aux nappes phréatiques. Les autres 60% ou partent en évaporation directe à partir du sol ou sont absorbés par les plantes. Il faut s’occuper de ces 60%, ce qu’on a largement négligé de faire jusqu’ici.

L’agriculture peut mieux utiliser l’eau si les agriculteurs apprennent à “récolter” l’eau ou à utiliser des technologies d’irrigation à petite échelle qui restent peu coûteuses. C’est le cas, par exemple, des tuyaux plastiques perforés qu’on pose sur le sol et qui peuvent fournir l’eau nécessaire seulement aux endroits où une plante est en croissance. En irrigation traditionnelle, on dépense de 2 à 4000 litres d’eau pour produire un kilo de céréales. Les systèmes les plus efficaces parviennent au même résultat en ne dépensant pas plus de 500 litres.