jeudi, 25 septembre 2008
Bill Gates : aider l’Afrique à produire pour les africains
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU, les Fondations Gates et Buffett ont lancé hier une nouvelle initiative pour que l’aide alimentaire soit achetée davantage au Sud, et en particulier chez les petits agriculteurs qui ont du mal à développer leur production et trouver un marché où l’écouler, plutôt que de continuer à l’acheter aux Etats-Unis ou chez nous. « Acheter les aliments dont nous avons besoin chez les petits agriculteurs du Sud, c’est la bonne solution au bon moment » a dit la présidente du PAM, Josette Sheeran. Alors finalement le sommet de Rome sur la crise alimentaire en juin aura peut être servi à quelque chose d’important. Jusqu’ici les dollars donnés au PAM servaient surtout à acheter du riz ou du maïs américain.
Je dis bravo !
18:07 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
mardi, 23 septembre 2008
Bush sauve ses banques, mais qui sauve l’Afrique ?
Un article de ce jour publié par le journal Le Monde pose la question : « la lutte mondiale contre la pauvreté sera-t-elle une victime collatérale de la crise financière ? ». Avant même qu’on ne parle de 700 milliards d’investissements américains pour sauver le système financier, auxquels s’ajoutent quelques centaines de milliards de bons euros européens, on était très loin chez les riches de ce monde de tenir ses engagements concernant les tout petits 25 milliards promis pour le développement en Afrique cette année. L’ONU à ce jour n’en a reçu que 4. En serons-nous à 6 en décembre? Nous avons tous entendu ou lu le résumé des discours de Rome en juin dernier: un milliard d’euros promis par Sarkozy. A-t-il seulement envoyé un kopeck? L’aide mondiale ne cesse de baisser, moins 4,7% en 2006 et moins 8,4% en 2007. On préfère dépenser davantage dans une guerre en Afghanistan dont tous les experts disent qu'elle ne résoudra rien...
Nos politiques font de drôles de choix. Au fait, font-ils des choix? Vous vous rappelez l'expression "les godillots du général"... est-ce qu'on a maintenant "les charentaises de Sarkozy?"
Seulement 4 milliards pour aider l’Afrique quand il s’en dépense 267 chaque année en subventions agricoles scandaleuses... mais qu’il ne faut surtout pas diminuer, n’est-ce pas monsieur Barnier ? Il y a une longue route entre promesses et réalités. Au fait, Sarkozy a encore fait de grandes promesses à l’ONU hier. Y a-t-il un seul chef d'Etat africain qui le croit encore ?
16:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
jeudi, 18 septembre 2008
… et à propos d’Ethiopie
Le programme alimentaire mondial (PAM) sur son site internet signale que des pluies inférieures aux normales saisonnières (entre mars et mai), s’ajoutant aux fortes hausses des prix des produits alimentaires et énergétiques, placent la « corne de l’Afrique » (Ethiopie, Somalie, Ouganda, Kenya et Djibouti) dans une situation de catastrophe alimentaire qui ne pourra être résolue sans une aide extérieure massive. En Ethiopie, en particulier, pas moins de 10 millions de personnes sont affectées par la sécheresse.
Curieusement de nombreux champs sont verts, couverts d’un maïs en pleine croissance. Mais le retard au démarrage des pluies cette année fait que le maïs qui normalement se récolte en juillet est encore au champ, empêchant le semis de blé et de teff qui profite normalement de la « petite saison des pluies » de septembre-octobre. Non seulement les greniers sont vides mais ils risquent de ne pas se remplir si les pluies maintenant n’arrivent pas comme prévu pour que le maïs termine son cycle, et de toute façon le décalage des deux cultures annuelles a déjà condamné la seconde culture. Le PAM estime à 609 millions de dollars l’aide nécessaire cette année dans le pays, mais ne dispose toujours que de 470 millions. 7,5 millions de personnes sont actuellement aidées, mais les rations ont déjà été réduites d’un tiers du fait du manque de moyens.
Pour plus d’information, visitez le site du PAM en français
Pour faire un don vous pouvez visiter la page don en ligne
Malheureusement, et contrairement aux dons faits aux associations qui ont leur siège en France, vous n’aurez apparemment pas de déduction fiscale si vous donnez au PAM… une autre preuve du fossé existant chez nous entre les discours politiques et la réalité.
17:43 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
« Quelle terre laisserons-nous ? Tout le monde s’en f… »
Nous sommes submergés par internet … d’information, de connaissances, de tentations. Merci à ceux qui trouvent encore le temps de passer quelques minutes sur mon blog. Un seul de ces lecteurs envoie régulièrement ses commentaires. Je l’en remercie vivement. Et je reviens ci-dessous sur le dernier reçu. Mais un seul lecteur qui commente, c’est vraiment dommage parce que je suis sûr que nous avons tous des choses à dire, des choses à partager sur les questions qui sont abordées sur ce blog.
Patrick Yeu, mon commentateur unique et donc préféré, me fait très justement remarquer qu’un mort dans la rue tout près de chez nous aura un impact infiniment supérieur à dix, voire cent morts dans un village éthiopien. On est concerné par la proximité, le rapport direct. Combien d’américains, qui vivent dans les états agricoles de l’intérieur, connaissent plus que la géographie de leur canton ? Une infime minorité d’entre eux est capable de trouver l’Ethiopie sur la mappemonde. Sommes-nous en train de devenir comme eux ?
La crise financière qui secoue les marchés depuis quelques semaines et s’est accentuée au cours des derniers jours est un exemple classique, mais seulement un exemple, de l’interdépendance dans laquelle nous vivons de plus en plus. Notre monde rétrécit. Les ressources à partager diminuent. Et on commence à montrer du doigt ceux qui les utilisent mal, même s’ils sont très loin de nous, parce que leur comportement affecte toute la planète. Si c’est seulement le rapport direct qui fait que l’on s’implique, alors on ne s’implique dans rien ou trop peu ou surtout trop tard. Comment changer cela ? Peut-on changer cela ? La décision appartient aux politiques, mais si les politiques ne bougent pas on ne peut pas décider pour eux et encore moins aller faire sur le terrain ce qui doit être fait, chacun de son côté, individuellement. Il faut donc que l’on s’organise, sans doute en structures intermédiaires –associations, ONG – pour faire bouger les décisionnels. J’ai fait partie d’une association de défense de l’environnement, dans un village du Gard. La dernière fois que nous (le bureau de l’association) avons organisé une activité collective – nettoyer un coin de garrigue – aucun des 3500 habitants du village ne s’est déplacé. Donc je rejoins Patrick Yeu et partage son avis : ma question « quelle terre laisserons-nous à nos enfants ? » n’est pas la bonne question. Pour faire court : tout le monde s’en fout. Les Nicolas Hulot sont des épouvantails à oiseaux, solitaires au milieu d’un champ, avec un corbeau posé sur chaque bras. On change leur veste une fois par an pour se donner bonne conscience, mais le monde continue de tourner de plus en plus mal à chaque minute sans que rien de sérieux ne soit fait pour enrayer durablement la spirale. Bien sûr vous aurez noté que si toutes les banques centrales se sont mobilisées, pour injecter 180 milliards de liquidités sur les marchés, il n’a pas été question de contribution française à cette action collective. Mais sur d’autres sujets, quand l’Etat français s’est avéré défaillant, des associations ont pris le relais. Considérant ce que l’on fait chaque année, par exemple, pour trouver des solutions par la recherche face à des maladies génétiques classées comme « rares », et qu’on appelle le téléthon… ne serait-il pas envisageable de faire quelque chose de similaire pour trouver des solutions à une maladie chronique tout ce qu’il y a de plus répandu en Afrique, en Asie du Sud et ailleurs et qu’on appelle malnutrition et pauvreté ?
15:24 Publié dans Actualités, Associations, Coup de coeur/Coup de griffe, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
mardi, 02 septembre 2008
Qui a-t-il de plus beau que de sauver un enfant ?

Entre les deux photos de Madison, publiées dans le dernier bulletin trimestriel d’Action Contre la Faim, un mois s’est écoulé. L’équipe qui, sur le terrain, s’est occupée de Madison et de sa maman peut être fière de ce qu’elle a accompli, même si la vie de Madison sera encore sûrement un parcours d’obstacles.
La crise alimentaire mondiale a été l’occasion pour une grande réunion de chefs d’Etat à Rome en juin, avec moult promesses dont beaucoup, malheureusement, aussitôt oubliées. Si notre président a trop promis, alors que les caisses de l’Etat sont désespérément vides, nous pouvons tous nous engager un tout petit peu, et faire une énorme différence.
Permettez-moi de vous rappelez que lorsque vous faites un don de 100 euros vous bénéficiez d’une déduction fiscale égale à 75% du montant du don, et donc que vous ne dépensez vraiment que 25 euros. Un tout petit sacrifice qui peut permettre à une équipe ACF au Libéria, en Côte d’Ivoire, au Népal ou au Guatemala de sauver un autre enfant. Faites un don!
11:43 Publié dans Actualités, Associations, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
lundi, 18 août 2008
Surplus en France, et toujours plus d'importations en Ethiopie
Les récoltes céréalières 2008 s’annoncent excellentes en France. Nos bons fermiers subventionnés pourront sabler le champagne et toutes les autruches politiques pourront continuer de clamer qu’on n’a aucune raison de s’inquiéter quant à l’avenir de la planète parce que nos agricultures (entendez : la notre en particulier) sont tout à fait capables de faire face à la demande alimentaire mondiale croissante. Et donc de ne rien faire. Et en particulier de ne pas investir dans la recherche agricole internationale (voir GCRAI sur ce blog).
En 2008, la Grande-Bretagne donnera 50 millions à cette recherche agricole internationale. Nous nous étions engagés à maintenir en 2008 notre niveau de contribution 2007, soit 1,5 million. Nous n’y arriverons pas. Soit disant parce que les caisses de l’Etat sont vides et/ou que le ministère des affaires étrangères qui signait jusque là le chèque est en profonde réorganisation (ou est-ce désorganisation ?). Qu’est-ce qu’un million d’euros dans le budget de l’Etat ? Rappelez-vous la grande déclaration du Président Sarkozy au sommet de Rome sur la crise alimentaire… un milliard d’aide promis par un pays qui ne peut débloquer un million et demi pour ce qui se fait de mieux dans la recherche contre la faim !
Fin 2009, la recherche agricole internationale tiendra son assemblée générale chez nous, à Montpellier. On espère les convaincre que si on est des charlots sur le plan des soutiens financiers, on ne l’est pas dans le domaine de la recherche pour le développement.

(photo David Blumenfeld)
Pendant que nos politiques en terminent avec leurs vacances ensoleillées, le Financial Times publie aujourd’hui sur son site un article sur la famine en Ethiopie. Dans ce pays, le prix du blé et du maïs, les deux céréales les plus consommées, a augmenté de 171% par rapport à Juillet 2007. Et le gouvernement éthiopien ne cesse d’importer, d’Europe et des Etats-Unis, asséchant ainsi les réserves en devises. Seulement un problème de marché ? Seulement un problème de distribution ? L’Ethiopie est-elle incapable de produire les denrées alimentaires dont elle a besoin ?
Pas de quoi s’inquiéter puisque nos productions, en France, sont excellentes, n’est-ce pas messieurs ?
16:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale, recherche
jeudi, 31 juillet 2008
La tragédie OMC
Le Monde aujourd’hui, sous le titre « OMC : les gagnants et les perdants » résume très bien le scandale : « les agriculteurs les plus subventionnés sont les grands gagnants de l'échec des négociations. ». Autrement dit tous les chefs d’état peuvent se précipiter à Rome pour jouer la scène de la grande solidarité face à la crise alimentaire. Le lendemain, quand on parle sérieusement d’ouvrir les vannes des subventions et d’autres avantages douaniers, il n’y a plus personne pour se mettre d’accord. Les américains, comme les européens, français en tête, se réjouissent donc ouvertement de l’échec des négociations (voir l’interview du président de la FNSEA dans le Midi Libre aujourd’hui). Nous n’aurons pas de barrages de tracteurs sur les autoroutes pour la rentrée des vacances ! Mes voisins de Camargue peuvent continuer à produire le riz le plus cher du monde et tous nos éleveurs peuvent continuer à dormir tranquilles sans être menacés d’être mis en concurrence avec la viande brésilienne. Le sacro-saint principe de l’indépendance alimentaire est maintenu à 200%. C’est une calamité pour le Sud et pour les pauvres, à 180° des discours humanitaires de notre président et de ses ministres. Mais nous ne sommes plus à une monstrueuse contradiction près.
11:26 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale, Afrique
vendredi, 25 juillet 2008
Crise alimentaire : alerte au Libéria

- Une augmentation de 40% des nouvelles admissions dans les centres de renutrition de Monrovia, la capitale du Liberia entre janvier et juin 2008 ;
- 26000 enfants de moins de 3 ans directement menacés de malnutrition dans les bidonvilles de la périphérie ;
- 92% du riz consommé doit être importé, l’agriculture locale payant le prix de 14 ans de guerre civile et de politiques inadéquates ;
- La hausse des prix fait qu’une grande partie de la population ne mange plus ni viande ni poisson (disparition des protéines)…
Ce sont quelques données, parmi d’autres, trouvées sur le site d’ Action contre la Faim . Je vous encourage à aller faire un tour sur ce site. Et pourquoi pas à y faire un don. Rappelez-vous que chaque don donne droit à une déduction fiscale égale à 75% du montant du don (dans la limite de 488 €). Exemple : si vous donnez 50 €, vous de dépensez vraiment que 12,50 €… une petite somme pour une grande différence : avec 50€ on peut acheter 100kgs de riz à Monrovia !
(photo: ACF)
11:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
jeudi, 24 juillet 2008
Crise alimentaire : les coupables, tous les coupables !
L’OMC a du travail sur la planche, mais quand on pointe seulement le doigt sur les marchés inéquitables où sur les biocarburants on détourne le regard de l’essentiel : le désinvestissement général dans l’agriculture depuis des décennies. La diminution des subventions ou des barrières douanières au Nord ne va pas réparer les canaux d’irrigation qui fuient partout au Sud ni compenser l’absence de routes ou de silos à grain.
Retour donc sur le dernier commentaire de Patrick Yeu : "La crise est liée à un mode de pensée industriel centré sur le retour sur investissement. Il détermine une approche de l'économie entre les hommes fondée sur une logique de l'offre et non de la demande. Ce que vous proposez va donc dans le sens de plus de la même chose. Ce qu'il faut c'est d'investir non pas dans plus d'offre, mais dans l'émergence de la demande et donc des marchés sains et non spéculatifs."

Oui et non. Le commentaire montre combien il est difficile d’attaquer un problème comme celui là avec une approche intégrée. Ce que dit Patrick Yeu est vrai, mais toutes les statistiques sur l’évolution des populations, des rendements, des productions, des stocks, convergent pour démontrer à l’envie que l’on va droit dans le mur si l’offre n’augmente pas de façon drastique dans les 10-20 ans qui viennent. Autrement dit il faut militer pour que les marchés soient davantage équitables et interdire les spéculations sur la nourriture, mais il faut aussi investir massivement dans la transformation des agricultures familiales au Sud. Nous français qui continuons de subventionner notre agriculture sous prétexte d’indépendance ou de suffisance alimentaire refuserions au Sud ce même droit ?
La demande c’est quoi ? Qui la formule ? Les pays du Sud ont BESOIN d’être auto-suffisants en alimentation. Le Nord doit cesser « d’aider » en y déversant ses surplus agricoles subventionnés pour aider au développement d’agricultures en équilibre avec les environnements locaux et les améliorations durables qu’on peut y apporter localement. Et, c’est vrai, tout cela ne marchera alors que si des marchés « sains » sont en place. Ce qui ne veut pas dire des échanges Nord-Sud exclusivement, mais aussi et surtout des marchés sains Sud-Sud, au niveau régional ou inter-régional, ce qui est trop loin d’être le cas aujourd’hui.
10:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
lundi, 21 juillet 2008
Crise alimentaire : les pays riches et les pays africains pourraient travailler mieux ensemble
En période de crise on voit surgir toute sorte d’innovateurs et d’innovations. La crise, c’est une opportunité pour remettre en question les acquis, l’existant, les dogmes. Une opportunité pour démarrer de nouvelles choses, basées sur de nouveaux principes, une nouvelle vision d’avenir. La crise alimentaire est une crise avant tout, même si elle n’est pas une crise comme toutes les autres. Et l’agro, l’agriculture et l’agroalimentaire, sont des secteurs où l’on doit, comme pour les autres, se poser des questions, inventer, innover, renouveler les idées.
Il y a quelques mois j’ai lu, un peu surpris et un brin scandalisé, que des investisseurs américains achetaient des fermes au sud, en Amérique latine, pour produire moins cher que chez eux des produits agricoles en demande croissante. Aujourd’hui je lis dans le New York Times que les riches de tous les pays sont sur les rangs. C’est un peu le business à la mode, le secteur où investir, à condition d’être malin (comme pour tous les investissements, non ?). Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord on trouve quelques belles fortunes, en phase de croissance rapide grâce au prix du pétrole, qui constatent que vouloir faire de l’agriculture chez eux à tout prix, sur le sable, c’est à la fois très difficile et très peu rentable alors qu’acheter de la terre sur le continent africain, plus au Sud, c’est un investissement beaucoup plus raisonnable qui peut permettre de produire beaucoup et d’exporter vers son pays, donc de rapporter gros. Parce que les contraintes à la production en Afrique sub-saharienne proviennent D’ABORD d’une monstrueuse absence d’investissements depuis des décennies, un intérêt bien compris et bien partagé pourrait permettre à cette Afrique-là de se moderniser durablement tout en répondant aux besoins à la fois des populations locales et des importateurs du Moyen-Orient.

Poussons l’idée plus loin, et demandons-nous pourquoi quelques fortunes françaises ne s’intéresseraient-elles pas à développer le même genre d’entreprise, en Afrique sub-saharienne ou ailleurs, comme en Amérique latine. Certains diront que cela s’est toujours fait. Il a toujours eu des émigrés de la terre, en effet. Certains sont revenus fortune faite, d’autres – sans doute la majorité – ne sont jamais revenus. L’idée aujourd’hui serait de passer à une autre échelle, plus entrepreneuriale qu’aventure individuelle. Il faut investir massivement dans l’agriculture africaine et les gouvernements locaux n’ont que des moyens limités pour le faire. Ce que les américains ou les saoudiens sont en train de tenter au Sud, aucun businessman français n’est capable de le faire ?
(photo de la Fondation "a Glimmer of Hope")
12:46 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale, Afrique

