mercredi, 04 mars 2009
OGM : les experts en ont assez !
Le Figaro publie le manifeste des experts de l’AFSSA qui jugent de la nocivité ou non, et donc de l’autorisation à recommander ou non, des OGM agricoles.
Ils commencent par rappeler qu’ils ont été choisis pour être « impérativement indépendants de toute appartenance à un groupe d’intérêts en relation avec leur mission et ils s’engagent à n’agir qu’en fonction de leurs connaissances scientifiques »
Le résultat est que la majorité des dossiers qui leur sont soumis sont rejetés, ce dont personne ne fait jamais mention dans la presse.
Leur conclusion : « Les experts doivent pouvoir travailler dans la sérénité, ils en ont assez du dénigrement, voire de la diffamation dont ils sont l’objet de manière répétée »… jusqu’au gouvernement puisque Jean-Louis Borloo se permet de dire publiquement qu’il faut « une vraie expertise pluridisciplinaire et indépendante » quand c’est précisément ce qui a été mis en place et qui fonctionne chez nous depuis quelques années déjà.
Puisque je suis du domaine scientifique concerné je connais un bon nombre des 23 membres du comité concerné. Ce sont tous de vrais spécialistes, d’excellents scientifiques, des personnalités à la moralité inattaquable. Plutôt que nous bassiner avec la photo d’un Bové souriant un jour sur deux, nos quotidiens feraient mieux de nous parler un peu plus de ces gens-là. Et surtout du travail très rigoureux qu’ils effectuent.
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vendredi, 27 février 2009
Quand les gallinacées écrivent au Midi Libre
Ce matin, en buvant mon café, j’ai lu le courrier d’un lecteur du Midi Libre demandant, à propos des OGM, d’avoir le droit au choix. Il expliquait en quelques lignes que, puisqu’il n’existe pas de sécurité à 100% qu’une filière soit sans OGM (la même machine, par exemple, qui traite une récolte de maïs OGM puis une récolte non OGM ne peut être nettoyée suffisamment pour garantir le « 100% sans » exigé par ce lecteur)... il n’avait de fait pas le choix.
Sur le principe, je suis d’accord avec lui.
Mais ensuite, j’aimerais que ceux qui exigent le respect de leur droit au choix prennent quelques secondes pour réfléchir à ce qu’est ce droit aujourd’hui, en dehors de la question des OGM. Avons-nous le choix, et si nous pensons l’avoir, de quel choix s’agit-il ? 95% des consommateurs ne mangent pas bio, pour des raisons diverses hors sujet ici. Donc 95% des consommateurs n’ont pas le choix de manger une salade qui n’a pas été traitée par au moins une douzaine de produits phytosanitaires. Si notre protectionnisme perdure, combien de nos enfants gouteront-ils un jour d’une pièce de bœuf élevé au pré ? Le choix que vous revendiquez, mon cher monsieur, vous ne l’avez plus depuis longtemps.
Et puis concernant le cas précis que vous évoquez – le maïs –vous êtes préoccupé... parce que vous pensez pouvoir manger un grain de maïs OGM un jour ? Est-ce que cela veut dire que vous appartenez à la famille des Gallinacées ? Ou bien vous êtes une vache espagnole ?
Le choix c’est quoi ? Interdire et n’avoir qu’une option ? Ou permettre, avec les contrôles jugés nécessaires par les experts compétents, et avoir le choix entre deux options ? Votre choix est de non choix, et vous mettez à mal la liberté de vos concitoyens. Moi je veux avoir le choix, et me faire mon avis personnel sans être obligé de subir le dictat de personnes incompétentes. Vous allez me rétorquer que mon choix est de non choix également, parce que la filière OGM "polluera" celle qui ne l'est pas. Prenez encore quelques secondes pour réfléchir au risque supposé que vous voulez éviter de prendre.
Si un grain de maïs OGM se mélange avec trois tonnes de maïs non OGM, est-ce que cela va altérer la qualité de votre viande ou de vos oeufs? Est-ce comparable au risque que nous prenons tous en mangeant 5 fruits et légumes par jour comme on ne le recommande, sachant ce que ces fruits et légumes absorbent comme produits toxiques?
Les OGM existent depuis 25 ans et on n'a pas une preuve irréfutable de leur danger pour la santé. Nous sommes le pays d'Europe qui utilise le plus de pesticides et les preuves de leur danger sur la santé remplissent plusieurs étagères de bibliothèque.
Quid des risques pour l'environnement, pour les autres cultures voisines, etc.? Oui, là il y a quelque chose, au moins dans certains cas (et aussi dans des cas certains). Mais qui questionne la pollution des cultures bio par le pollen des champs voisins non bio? Est-ce que le pollen OGM est le seul qui vole d'un champ à l'autre? Est-ce que les agriculteurs bio montent la garde aux quatre coins de leurs champs pour empêcher les pollens étrangers de les attaquer?
Vous avez le choix de ne poser qu'une seule question. Moi je préfère m'en poser plusieurs... pour avoir un vrai choix!
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lundi, 12 janvier 2009
Aux Etats-Unis « Les pirates du génome » bricolent l’ADN dans leur garage

Ce qui suit est une traduction (approximative et très partielle) d’un article publié la semaine passée dans NewScientist (pour l’article complet en anglais cliquez ici)
Mon crédo : aucune technologie n’est mauvaise. C’est l’usage qu’on en fait qui peut l’être.
Le labo de Katherine Aull à Cambridge (Massachusetts) manque un peu de confort. « Là-dedans j’ai une machine à PCR que j’ai acheté 59 dollars sur eBay » dit-elle en sortant une grosse boite noire qui permet de copier de petits fragments d’ADN en de très nombreuses copies. « Tout le reste est fabriqué à la maison » ajoute-t-elle en montrant une centrifugeuse bricolée à partir d’une perceuse et de divers récipients en plastique, et un incubateur en polystyrène qu’elle chauffe avec le genre de résistance qu’on utilise normalement dans un terrarium.
En réalité, le « laboratoire de Katherine Aull est un placard de moins d’un mètre carré dans l’appartement qu’elle occupe en colocation. Au milieu de ses piles de vêtements, elle a quand même réussi récemment à créer un OGM de toutes pièces […] Après des mois de bricolage, elle a en effet produit « un microbe capable de faire quelques opérations logiques simples ». Elle a présenté son travail au concours d’un groupe d’amateurs biologistes adeptes du faites-le-vous-même, mais elle a été battue par un étudiant indien qui a réussi à produire (dans sa chambre d’étudiant ?) une bactérie OGM susceptible de permettre aux pieds de riz d’être plus efficaces dans leur utilisation de l’azote, réduisant d’autant les besoins de la plante en engrais azotés.
Meredith Patterson, autre amateur habitant à San Francisco a fabriqué un yogourt fluorescent dans sa cuisine en mutant une bactérie à l’aide d’un appareil à ultrason normalement fait pour nettoyer les bijoux. Les ultrasons ont créé des trous dans la paroi cellulaire de la bactérie par lesquels elle a réussi à insérer (je ne sais pas comment) un gène qui code pour des protéines fluorescentes qu’elle a simplement acheté sur catalogue dans une compagnie qui fournit des produits chimiques aux laboratoires de biologie. Le yogourt qui fluoresce, tout le monde s’en fiche sans doute, mais ce qu’elle a réussi à faire pourrait être utilisé – et c’est son prochain objectif – pour manipuler une bactérie qui ne fluoresce qu’en présence de mélamine, substance qui contaminait le lait pour enfant en Chine récemment et qui a rendu malade plusieurs milliers d’entre eux et en a tué au moins six. On teste aujourd’hui la présence de mélamine par chromatographie, ce qui coûte cher. Pour Patterson, il serait possible de développer « un test bon marché et portable permettant à tout citoyen de s’assurer que ce qu’il mange est sans risque, quelque chose sur lequel aucun laboratoire ne travaille actuellement… donc faisons-le-nous-mêmes ! »
Le groupe d’amateurs mentionné ci-dessus, et baptisé « DIY Bio , Do-It-Yourself Biology, ou la biologie du faites-le-vous-même », compte une vingtaine de membres, mais n’a pas que des adeptes parce que ces manipulations « de garage » inquiètent nombre de citoyens américains qui imaginent le scénario du prochain film-réalité catastrophe dans lequel l’un de ces amateurs réussirait à produire ce qu’il faut bien appeler une arme de destruction massive, comme par exemple un virus de grippe similaire à celui qui avait tué environ 40 millions de personnes en 1918. DYI Bio a réagit à ces préoccupations légitimes et commencé à se doter de « règles de conduite ».
La question que je me pose c’est que pour 20 amateurs qui se sont affiliés à un tel club qui se veut « raisonnable », combien y en a-t-il d’autres, au travers des Etats-Unis, qui font n’importe quoi dans leur garage par ce que l’Amérique est un pays libre où l’on doit continuer à pouvoir acheter une arme à feu ou un gène cloné à chaque coin de rue ?
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mardi, 23 septembre 2008
OGM : Haro sur les médias !
Hier je commentais une nouvelle publiée par le journal Le Monde sur le coton Bt en Chine, où les populations d’insectes ravageurs ont apparemment diminué. Et le soir même regardant mon journal télévisé j’ai entendu que des agriculteurs indiens se suicidaient en grand nombre, endettés jusqu’au cou parce qu’ils ont acheté (cher) des semences de coton Bt et que la récolte promise n’est pas là.
Que cherchent nos médias ? Je pense de plus en plus qu’ils entretiennent la confusion à dessein. Le problème des petits agriculteurs indiens n’est pas du tout un problème lié aux OGM. Il est un problème de systèmes agraires, de variétés « améliorées » et de filière. De très nombreux agriculteurs indiens se sont suicidés pendant et après la révolution verte – quand personne ne parlait encore d’OGM – parce qu’on les a plus que fortement et pas très honnêtement incités à planter les nouvelles variétés tout en sachant fort bien que tous n’avaient pas les moyens de payer tous les intrants (engrais, pesticides, irrigation) dont ces variétés ont impérativement besoin pour exprimer tout leur potentiel de production. Pour simplifier, on leur a prêté (à taux élevé) de quoi acheter des semences et pas grand-chose d’autre pour faire pousser des plantes inadaptées à leurs conditions de culture si on n’y rajoutait pas quantités d’engrais et de l’irrigation. Sans surprise, les récoltes obtenues ont n’ont pas été bonnes, très souvent moins bonnes que celles des variétés traditionnelles qu’ils faisaient pousser avant, et les dettes se sont accumulées sans espoir de sortie. La culture indienne a fait le reste. Incapables de s’organiser pour lutter contre leurs exploiteurs, beaucoup ont choisi la mort. Tirer de ce drame une relation de cause à effet avec la technologie OGM est indigne d’une presse qui se veut honnête et impartiale.
09:44 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Economie, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM, Inde, coton, agriculture
lundi, 22 septembre 2008
OGM encore : quand les grands chercheurs parlent de ce qu’ils ne connaissent pas
Les 15 et 16 septembre derniers, l’Institut de France (précisons : la Fondation Institut de France-Aventis) et l’Académie des Sciences organisaient un colloque sur les OGM qui était à l’évidence un colloque pro-OGM, un seul son de cloche y étant entendu, pour faire court : les OGM ne sont pas seulement nécessaires et utiles, ils sont indispensables si on veut résoudre le problème de la faim.
Si « tout ce qui est excessif est insignifiant », je crois surtout que les pros (tout autant que les antis) discréditent sérieusement leur cause chaque fois qu’ils font preuve d’aussi peu de rigueur scientifique. Les OGM ne sont qu’une technologie. On doit en utiliser le meilleur, quand et seulement quand on n’a rien de mieux à se mettre sous la main.
Quand Marc van Montagu, éminent scientifique belge, interviewé par Le Figaro, dit par exemple : « La dernière trouvaille des anti-OGM, c'est de dire que les plantes transgéniques favorisent une forme de société dont ils ne veulent pas. Or selon moi, il faut absolument développer l'agriculture des pays en voie de développement pour faire face à la surpopulation et aux différences criantes de niveau de vie avec les pays riches - et pour ce faire, il faut le meilleur de la science, c'est-à-dire les OGM. Il n'est pas question de proposer à ces pays-là l'agriculture que nous pratiquions il y a cent ans ! »… il montre un manque de rigueur bien peu scientifique – outre sa totale méconnaissance des agricultures du Sud – tant il est évident que des gens qui n’arrivent pas à produire une tonne de grains à l’hectare ont besoin de bien d’autres choses que d’une nouvelle variété (OGM ou pas) pour espérer s’en sortir mieux.
Cet épisode, encore une fois, montre l’importance d’une recherche publique indépendante. Nous avons besoin, nous les consommateurs, nos politiques, nos décideurs, d’avis d’experts, indiscutables. Trop de chercheurs du secteur public ont pieds et mains liés dans des alliances juteuses avec le secteur privé. Ils sont disqualifiés pour l’expertise. Les instituts de recherche doivent jouer leur rôle, en finançant des recherches indépendantes de tout accord avec le privé. Et les chercheurs désignés pour ces travaux d’expertise dont nos décideurs ont besoin doivent clairement être des personnes sans aucun contrat avec le privé (déclarant sur l’honneur l’absence de tout conflit d’intérêt). Je ne dis pas que ce n’est pas le cas aujourd’hui dans les instituts de recherche. Cela ne l’est évidemment pas dans la presse qui fait choux gras des déclarations de tous ces chercheurs qui copinent, soit avec le privé, soit avec les ONG anti-OGM, parce qu’ils alimentent une polémique qui n’a pas vraiment raison d’être, sauf à faire vivre un nombre non négligeable de gens.
14:07 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche, crise alimentaire
lundi, 09 juin 2008
OGM : encore du tout-blanc-tout-noir, raz le bol !
Le Monde publie ce soir un article de Hervé Kempf qui sent bon le tout-blanc-tout-noir-tout-pourri-vendu. Derrière le titre « Les grands semenciers brevètent les gènes d'adaptation au changement climatique », HK nous informe que les centres internationaux de recherche agricole membres du CGIAR sont pieds et poings liés avec les grands méchants semenciers comme Monsanto pour assurer à ses derniers le monopole de l’utilisation des gènes de résistance à la sécheresse en Afrique. Ignoble! Ceci sur la base d’une information relayée par ETC et ses « chercheurs indépendants ». Et c’est qui qui les paient, les « chercheurs » activistes qui n'ont jamais rien cherché de cette ONG connue de longue date pour être 100% anti-OGM quel que soit l’OGM? Et si on veut avoir une information vraie, impartiale, sur ce qui existe derrière l’accord entre le CIMMYT, la Fondation Gates et le secteur privé, on va la chercher où ? Pas dans Le Monde, c’est clair, ou alors Hervé Kempf aurait aussi interviewé le CIMMYT et la Fondation Gates, pas seulement les opposants irréductibles d’ETC.
Moi qui ne suis pas journaliste je me suis quand même payé le luxe d’aller voir ce que le CIMMYT avait à déclarer, sur son site web, page intitulée : « l’initiative sur le maïs tolérant à la sécheresse en Afrique ». http://www.cimmyt.org/dtma/index.htm Je passe sur les détails. J’y ai quand même trouvé que le projet avait le soutien de tout un tas d'agences publiques, nationales, et pas seulement de Gates et du secteur privé. Et qu'il avait entre autres objectifs de produire des variétés résistantes qui seraient des variétés-populations, autrement dit des variétés que les petits agriculteurs pourraient replanter, cycle après cycle, sans avoir à racheter des semences chaque année chez un quelconque Monsanto… On lit ce qu’on veut lire, et donc on continue avec le tout-blanc-tout-noir. C’est cela qui aide chaque citoyen a y voir plus clair, à pouvoir se faire une opinion « informée » !

Photo CIMMYT
17:00 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche, crise alimentaire
mercredi, 30 avril 2008
interview "en español": les OGM sont-ils la solution à la crise alimentaire mondiale?
Ce midi, j'ai été appelé par une radio mexicaine pour donner, en direct, mon avis sur la crise alimentaire actuelle, ses causes, les remèdes possibles, et - pas de surprise - la dernière question du journaliste a été "pensez-vous que les OGM puissent être la solution?"
Je me fatigue un peu d'avoir à répondre à ce genre de question. D'abord cela m'exaspère que l'on parle "des" OGM. Dire "les OGM" c'est déjà démontrer qu'on ne connaît rien à la question. Il y a autant de différence entre le maïs de Monsanto qu'on a interdit à nos agriculteurs de planter cette année et certains OGM que concoctent certains labos publics (bien sûr non français) qu'entre un éléphant et une fraise des bois.
Et puis depuis plus de soixante ans maintenant, c'est la même histoire. Si vous savez qu'on peut faire un bon usage de l'énergie nucléaire comme on peut en faire un très mauvais usage, vous pouvez comprendre que c'est à peu près vrai de TOUTE technologie.
Alors ma réponse au journaliste mexicain a été: la solution est bien plus complexe que l'utilisation d'une simple technologie. On est en total déséquilibre entre l'offre et la demande en matière de céréales. Les pays du Sud ont beaucoup progressé, la croissance chez eux est plusieurs fois supérieure à la notre, et la consommation de leurs habitants a suivi. Les chinois et les indiens, en moyenne, consomment beaucoup plus aujourd'hui qu'il y a dix ans, et c'est vrai aussi pour les produits alimentaires, pas seulement pour la vente des téléphones portables. Comme on a négligé d'investir dans l'agriculture et la recherche agricole depuis 30 ans, il y a maintenant un décalage qu'on n'est pas près de rattraper. Au contraire, la crise va certainement s'aggraver au cours des prochaines années. Déjà l'Inde a annoncé une augmentation de 30% de son budget agricole, notamment pour remettre en état un système d'irrigation laissé à l'abandon depuis trop longtemps. Mais ce sont TOUS les pays du Sud qui devraient investir massivement, avec notre aide si nécessaire, et ils sont encore loin de le faire, voire d'y penser. A côté de cela, les OGM ne sont qu'une anecdote. On a besoin, d'abord, de combler l'écart entre ce qu'une variété améliorée traditionnelle (non OGM) peut produire sur les parcelles de la station de recherche et chez l'agriculteur. Cela peut être 4-5 tonnes dans le premier cas, et moins d'une tonne dans l'autre. Cela veut dire investir dans l'amélioration des pratiques agricoles comme par exemple la généralisation du semis direct, l'accès aux engrais verts, aux semences, etc. Mille et une choses sont nécessaires et possibles avant le recours aux OGM. Ce qui ne veut pas dire, surtout pas, qu'on ne va pas, d'ici quelques années, voir apparaître des OGM résistants à la sécheresse, ou à des maladies, des parasites qu'on ne sait pas combattre aujourd'hui, etc., et notamment et surtout des OGM de meilleur qualité nutritive qui amélioreront très sensiblement l'alimentation des populations les plus démunies. Technologiquement c'est possible. Bien sûr, ce n'est pas Monsanto qui va sortir ces variétés là. Mais elle viendront peut-être de recherches soutenues par Bill Gates. Et si cela permet d'éviter chaque année la cécité, le rachitisme, voire la mort de dizaines et de dizaines de milliers d'enfants, je ne ferai surement pas partie de ceux qui oseront encore crier haro sur les OGM !
22:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche, crise alimentaire
mercredi, 07 mars 2007
OGM sans danger: LA FRANCE DESINFORMEE
Le réseau SciDev.Net a publié la nouvelle le 16 février dernier. Cela fera trois semaines ce vendredi. Et AUCUN JOURNAL FRANCAIS, AUCUNE TELEVISION ne s'en est encore aperçu. Personne n'a encore vu, voulu voir et/ou compris que l'article publié par les chercheurs chinois et américains dans le numéro de mars du Plant Biotechnology Journal révolutionnait totalement le débat sur les OGM. On peut discuter des qualités et des défauts des OGM existant aujourd'hui. Les OGM de demain, par contre, seront totalement garantis sans danger, que ce soit pour l'environnement ou pour la santé, puisque ni leur pollen ni leurs grains ne contiendront plus le transgène. Cette nouvelle devrait avoir fait la une des journaux. Personne n'est au courant. Pas même les scientifiques que j'ai cotoyé hier au salon de l'agriculture. On continue de parler des OGM comme s'il ne s'était rien passé. Je vous parie que si l'article avait conclu que les OGM sont nocifs pour la santé il aurait été déjà abondamment relayé dans tous nos medias!
VOILA COMMENT LES FRANCAIS SONT INFORMES SUR LES AVANCEES DE LA RECHERCHE !
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mercredi, 21 février 2007
OGM 100% sans risque: le grand silence
Plant Biotechnology Journal
Vol. 5 Issue 2 Page 263 March 2007
'GM-gene-deletor': fused loxP-FRT recognition sequences dramatically improve the efficiency of FLP or CRE recombinase on transgene excision from pollen and seed of tobacco plants
Keming Luo, Hui Duan, Degang Zhao, Xuelian Zheng, Wei Deng, Yongqin Chen, C. Neal Stewart Jr, Richard McAvoy, Xiangning Jiang, Yanhong Wu, Aigong He, Yan Pei, Yi Li
L’article a maintenant été publié depuis plusieurs jours. Il constitue une véritable révolution dans le monde des OGM. Certainement LA nouvelle de l’année sinon de ces dernières vingt années, depuis que le premier OGM a été produit. Pourtant, aucun journal, aucun media français ne s’en est encore fait l’écho.
La technologie mise au point par l’équipe chino-américaine permet d’éliminer le gène introduit (le transgène) avant la floraison de la plante. Il n’y a donc plus aucune possibilité de transmission de ce gène ajouté, ni dans le pollen, ni dans les semences. Et donc plus aucune possibilité de pollution environnementale ou de risque pour la santé. Des OGM 100% sans risque !
Bien des vérifications restent bien sûr encore à faire, comme dans toute recherche, notamment être sûr que l’expérience réalisée sur le tabac marche aussi chez les autres espèces, avec de plus grandes descendances, etc. mais rien n’étant vraiment spécifique dans le protocole, on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi.
Silence total. Au secours !

15:03 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Economie, Nature/Environnement, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche
lundi, 19 février 2007
OGM: le grand tournant
J’ai trouvé la nouvelle sur le réseau SciDev.Net, avec une note mise en ligne vendredi dernier et intitulée : l’outil du « gène coupeur » pourrait conduire à des variétés OGM plus sûres.
Un des gros arguments des anti-OGM est lié au fait que les plantes peuvent échanger des gènes via le pollen et la fécondation, et que par exemple un pied de maïs OGM peut envoyer son pollen sur un pied de maïs non-OGM et le « polluer ». De même, les semences ramassées sur les pieds de maïs OGM peuvent, par accident, se mélanger à des semences non-OGM, et des produits labellisés non-OGM peuvent se retrouver « pollués », ou des sacs de semences vendues pour non-OGM contenir quelques semences qui sont OGM. Bref, les gènes peuvent circuler, y compris les « vilains » gènes que Bové et vous ne voulez pas dans votre assiette. Et il va devenir de plus en plus difficile de garantir une filière 100% non-OGM pour des plantes comme le maïs le soja ou autre coton.
Ce sera bientôt sans importance. Le risque de pollution par les OGM va disparaître totalement grâce à un travail réalisé par des chercheurs chinois et américains et publié fin janvier 2007 dans le Plant Biotechnology Journal (voir ci-dessous pour accéder à l’article intégral, en anglais).
L’idée, c’était de trouver le moyen d’éliminer le gène étranger introduit dans la plante une fois qu’il a rendu le service attendu – par exemple protéger la plante des insectes foreurs de tige pendant sa croissance – et donc de faire en sorte que ni le pollen, ni les semences produites par cette plante OGM ne contiennent plus le gène OGM. C’est fait. Et vérifié, pour l’instant sur un nombre encore limité de descendances : 21 plantes OGM et 25.000 descendants de chacune d’elles. Mais à chaque fois avec une excision qui marche à 100%. Alors bien sûr il faut continuer, vérifier que l’expérience réalisée sur le tabac marche aussi chez les autres espèces, avec de plus grandes descendances, etc. mais rien n’étant vraiment spécifique dans le protocole, on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi.
Plus précisément, le gène étranger est introduit, petit morceau d’ADN qu’on ajoute à l’ADN de la plante cultivée, mais avec ce qu’on pourrait appeler un « point de faiblesse » de chaque côté, de petites séquences qu’un autre gène, que j’appelle le « gène coupeur » saura reconnaître et casser au bon moment, et en tous cas avant la reproduction de la plante.
C’est donc une énorme avancée scientifique pour les semenciers et les agriculteurs. Le gène introduit ne peut plus polluer puisqu’il est éliminé avant toute propagation (pollen ou semence) ou toute consommation.
Le seul argument de poids qui restera aux anti-OGM absolus sera celui du monopole des semenciers et de la dépendance des agriculteurs vis-à-vis d’un petit nombre de fournisseurs. Pour combien de temps cet argument tiendra-t-il ? Produire un OGM est tellement simple qu’on trouve des américains pour s’amuser à en produire dans leur garage. Tous les semenciers du monde s’y mettront si les risques pour la santé et/ou l’environnement n’existent plus, le gène étant systématiquement excisé après avoir joué son rôle et ne passant donc plus dans aucun grain de pollen ou semence.
Une révolution. Comme chaque grande avancée scientifique, il faut maintenant attendre que la chose soit vérifiée encore et encore, et qu’elle soit ensuite appliquée dans l’industrie semencière. Sur ce dernier point, je fais le pari que cela va aller très vite.
L'article intégral (en anglais):
Keming Luo, Hui Duan, Degang Zhao, Xuelian Zheng, Wei Deng, Yongqin Chen, C. Neal Stewart Jr, Richard McAvoy, Xiangning Jiang, Yanhong Wu, Aigong He, Yan Pei, Yi Li, 2007.
'GM-gene-deletor': fused loxP-FRT recognition sequences dramatically improve the efficiency of FLP or CRE recombinase on transgene excision from pollen and seed of tobacco plants.
Plant Biotechnology Journal (OnlineEarly Articles).
14:39 Publié dans Actualités, Economie, Nature/Environnement, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche


