mardi, 31 janvier 2006

Recherche et prise de décision

Deux études conduites dans la forêt amazonienne, et qui viennent tout juste d'être rendues publiques, suggèrent l’existence d’une relation entre la déforestation et un risque accru d’attraper le paludisme. Chaque fois qu’un morceau de forêt est défriché pour installer de nouveaux colons, on crée des zones d’eaux dormantes dans lesquelles les moustiques peuvent déposer leurs œufs. Une fois que l’espace est totalement utilisé, par l’agriculture et/ou un développement urbain, le risque décroît à nouveau. Il faut donc apprendre à gérer les populations de moustiques dans les zones frontières au moment où les gens s’installent.

On a apparemment 300 fois plus de chance de se faire piquer par un moustique dans ces zones nouvellement défrichées qu’en forêt. Ce n’est pas le nombre d’habitants qui fait qu’il y a plus de moustiques, mais bien la gestion de l’environnement au moment où on le modifie comme cela se passe dans les zones frontières entre forêt et agriculture. Rien de bien surprenant ici. Ce qui est nouveau c’est l’alerte ainsi transmise aux autorités pour qu’elles développent des actions de prévention quand et où c’est nécessaire.

Je donne cette exemple pour montrer que si certaines recherches ont des effets directs sur les conditions de vie des ruraux les plus pauvres, et sont appliquées par les utilisateurs eux-mêmes (la lancement d'une nouvelle variété, par exemple), d’autres servent plutôt à aider à la prise de décision par les autorités. Et il est nécessaire de faire une certaine publicité aussi sur ces recherches-là pour que les autorités ne restent pas les bras croisés jusqu’à avoir, dans notre exemple, une recrudescence dramatique de paludisme.
Source : SciDev.Net