vendredi, 06 janvier 2006
Exemple de plante qui peut permettre de sortir de la pauvreté: l’arganier
Pour ceux qui penseraient encore qu’il n’y a pas d’agriculture spécifique aux pauvres, même si les pauvres vivent en majorité dans des zones peu propices aux grandes cultures, et donc qu’il n’y a pas une recherche capable de combattre la pauvreté, voici un exemple.
L’arganier est un arbre adapté aux zones semi-arides du sud-ouest du Maroc, dont les graines produisent une huile aux vertus très appréciées, dans la cosmétique comme dans l’alimentation. L’arbre ne demande pratiquement aucun soin une fois installé. Les graines peuvent être séchées et vendues directement, mais bien sûr l’intérêt des populations locales et de vendre l’huile d’argan plutôt que les graines. Cela donne du travail, essentiellement aux femmes, et la valeur ajoutée est considérable.


Photos: l'arbre; le cassage des noix, le broyage des graines.
Que peut faire la recherche pour aider les habitants de l’arganeraie? Des projets sont possibles, soit pour améliorer la production de graines à l’hectare, soit pour augmenter la valeur ajoutée après récolte. Plante de région pauvre, plante de pauvres, l’arganier est une de ces « plantes orphelines » qui n’ont fait jusqu’ici l’objet que d’un minimum de recherches. Le gouvernement marocain et son système national de recherche agricole, en coopération avec divers organismes étrangers, et avec l’appui notable du Conseil Général de l’Hérault, sont en train de changer cet état de fait.
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mercredi, 14 décembre 2005
Deux semaines à Marrakech
Le stand de l'IITA, l'institut international d'agriculture tropicale dont le siège est à Ibadan (Nigeria), à la réunion annuelle des centres internationaux de recherche agricole, a remporté la palme - la mienne en tout cas - du stand le mieux conçu: "Research to nourish Africa"... "Having Impact". On sait ce que ces gens-là font et quelles sont leurs ambitions. S'ils y parviennent? C'est une autre affaire. Les problèmes sont bien compliqués.
Et justement, les problèmes compliqués requièrent une attaque collective. Un institut de recherche peut-il résoudre tous les malheurs du monde (agricole) seul? Bien sûr que non. Une des grandes avancées de la réunion annuelle des centres internationaux (AGM05) à Marrakech en décembre 2005 a donc sans doute été la confirmation du lancement de l'ALLIANCE de ces centres, ébauchée un an plus tôt. L'ALLIANCE a pour objectif de faire plus et mieux que la somme de ses parties, entendez que la somme de ce que font aujourd'hui les centres, chacun de son côté.
L'ALLIANCE s'est doté de règles de fonctionnement, y compris de règles pour la résolution d'éventuelles disputes, et un groupe de travail est chargé d'identifier les nouveaux projets que les centres vont démarrer de manière collective dans les prochaines années. Les changements climatiques et leur effets sur l'agriculture des pays du Sud demain sont sur la planche à dessin, comme les plantes à forte valeur commerciale (les pauvres ne sortiront pas de la pauvreté en ne cultivant que du riz, du blé ou du maïs, qui se vendent pour rien sur les marchés), comme l'aide à l'innovation rurale, etc.
Les pays pauvres sortitont de la pauvreté si leur agriculture peut se développer. Il y faut surement des règles commerciales plus favorables. Il y faut certainement une recherche agricole spécifique efficace.
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