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        <title>CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE ET RECHERCHE - debat-Forum</title>
        <description>La recherche contre la faim dans les pays du Sud</description>
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        <lastBuildDate>Fri, 05 Dec 2008 10:55:53 +0100</lastBuildDate>
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                <title>Les subventions et la politique agricole commune (PAC) vues par les anglais</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Politique</category>
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                                                <pubDate>Thu, 27 Nov 2008 11:41:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Sous le titre « &lt;a href=&quot;http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/7749477.stm &quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;les subventions agricoles, un mal nécessaire ?»&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; , Sarah Mukherjee, de la BBC signe un article intéressant sur le débat en cours, outre Manche, sur l’évolution de subventions agricoles et leur redirection vers l’aménagement du territoire, dans le contexte de la demande alimentaire future. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journaliste rappelle d’abord l’objectif initial de ces subventions, défini dans les années d’après-guerre pour assurer une autosuffisance alimentaire à la vieille Europe meurtrie, puis les excès encore très présents dans nos mémoires des surplus agricoles déversés sur les routes ou devant les entrées des ministères. Peu à peu, la diminution, voire l’élimination de ces subventions a fait son chemin, mais certains experts se demandent aujourd’hui s’il ne faudrait pas revenir en arrière, pour éviter le grand écart entre l’offre et une demande mondiale grandissante, grand écart que l’on a découvert (bien qu’il ait été prévisible de longue date) en avril dernier, au travers de ce qu’on a appelé les émeutes de la faim. Et la plupart d’entre eux reconnaissent que la croissance extraordinaire des productions agricoles européennes dans les années 1969, 1970 et 1980 doit beaucoup aux aides alors accordées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les conseillers scientifiques du gouvernement britannique se montrent optimistes quant à la capacité de la recherche à répondre au défi alimentaire futur, notamment avec un petit coup de main du changement climatique prévu pour l’Europe du Nord, d’autres font remarquer que les agriculteurs n’investiront pas dans ces progrès attendus s’ils n’ont pas des garanties de marché et de prix. Or les marchés sont tout sauf stables aujourd’hui et ils ne peuvent sans doute pas le redevenir sans un certain niveau d’intervention des gouvernements. Quelle intervention ? Des subventions qui portent un nouveau nom ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A quand le grand DEBAT (sortons du confidentiel, c'est l'affaire de tous) - chez nous cette fois - sur l'agriculture de demain? Quand oserons-nous enfin dire que nos besoins ne sont plus ceux de 1945 et que l'autosuffisance alimentaire n'est plus justifiée autant qu'elle l'était alors? Pas plus que le protectionniste au coût exorbitant qui maintient notre agriculture comme momie congelée au lieu de la faire évoluer. Qui a encore peur de manger de la viande brésilienne ou des haricots du Kenya? Quels sont les rôles que l'agriculture peut et doit jouer chez nous dans 10 ou 20 ans pour assurer un cadre de vie de qualité à nos enfants?&lt;br /&gt;
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                <title>Quand les OGM « polluent » les variétés traditionnelles de maïs au Mexique</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Les news &quot;Science&quot; que j'ai notées pour vous</category>
                                <category>Nature/Environnement</category>
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                                                <pubDate>Wed, 26 Nov 2008 11:13:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Ce mois-ci, la revue Nature aurait, selon les médias qui ont relayé l’information, « relancé la polémique » sur la détection de gènes issus de plantes transgéniques dans des plantes de variétés « paysannes » ou « traditionnelles » mexicaines. Pour moi l’important n’est pas l’information, qui ne me surprend en rien, mais ce qu’on en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première question : pourquoi trouverait-on des gènes de variétés OGM dans les maïs traditionnels mexicains ? Un grand chercheur californien interrogé par Nature s’étonne de la diffusion de ces gènes dans un pays où l’on n’a pas planté de maïs OGM (quelques hectares auraient été plantés en 2008, dans l’extrême nord du pays). Il n’a donc sans doute jamais franchi la frontière ou circulé dans sa Californie américaine sur les routes qui mènent à cette frontière au moment des fêtes de fin d’année. Dans le flot des véhicules qui descendent des Etats-Unis vers le Mexique les cadeaux de fin d’année incluent très souvent des semences. Que les variétés de maïs les plus performantes soient produites par le secteur privé aux Etats-Unis n’est pas un mythe mais une réalité, et nombre de mexicains des zones rurales considèrent que c’est de fait un vrai cadeau que de se voir offrir des semences de ce qui se fait de mieux au monde, même s’ils ne le plantent pas nécessairement pour le consommer eux-mêmes mais pour le vendre, parce qu’ils préfèreront toujours leurs maïs blancs à gros grains pour faire les tortillas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième question (pas davantage posée que la première) : est-ce si grave que cela ? Est-ce que la présence d’un gène qui confère une résistance à un insecte ou une résistance à un herbicide qu’aucun agriculteur des zones concernées n’utilise jamais peut avoir le moindre effet négatif sur les qualités et la conservation des variétés traditionnelles concernées ? On ne peut opposer à cela que des questions de principe (certains considèrent que c’est suffisant), mais aucune étude, aucun argument scientifique rigoureux n’a jamais été présenté pour prouver le danger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où est la polémique ? L’existence ou non de gènes étrangers qui pénètrent dans les variétés paysannes ? Les variétés traditionnelles sont continuellement et intensément « polluées » par des variétés extérieures depuis la nuit des temps parce que les paysans mexicains ont toujours échangé des semences puis sélectionné dans les descendances de manière à conserver les caractéristiques principales de leurs variétés. Autrement dit rien n’est figé. Le Mexique n’est pas un grand frigidaire, toutes les plantes qui en sont originaires ont évolué et continuent d’évoluer sous l’action de l’homme, un homme qui est tout sauf stupide et qui garde, à chaque génération, le meilleur de ce que son champ lui propose pour ensemencer au cycle suivant. Un gène étranger qui vient d’une variété OGM est un gène étranger comme tout gène étranger d’une variété non OGM. S’il apporte un avantage, l’agriculteur va très probablement le sélectionner au moment de ses choix. S’il n’en apporte aucun, il aura peu de chance de perdurer dans le génome de son hôte au-delà de quelques générations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je terminerai en copiant un paragraphe d’un rapport de mission aux Etats-Unis reçu hier soir d’un collègue très expérimenté et très respectable :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il faut donc évidemment rejeter toute idée faisant du progrès technique la solution magique des problèmes difficiles auxquels sont confrontées les agricultures du monde dans toute leur diversité. Mais les pressions sur les ressources naturelles, qui iront en croissant au cours des prochaines décennies, sont telles qu’il faudra bien trouver des moyens d’accroître leur productivité par une combinaison d’innovations techniques et d’innovations institutionnelles. Les effets prévus du réchauffement climatique, maintenant largement reconnus et qui risquent d’être encore plus drastiques et plus rapides qu’annoncé il y a seulement quelques années, renforcent cette conclusion.  A cet égard, la frilosité de l’opinion publique européenne face aux innovations techniques, spécialement en agriculture, est préoccupante. »  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très préoccupante, en effet. Et entretenue par une presse peu soucieuse de montrer toutes les conséquences de cette « frilosité ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>La compétition en question entre biocarburants et alimentation</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 24 Nov 2008 15:11:59 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://recherche-solidarite-sud.midiblogs.com/media/02/02/1427074895.jpg&quot; id=&quot;media-79365&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;jatropha.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; Jatropha, en tête de la liste des &quot;plantes miracle&quot; qui vont substituer le pétrole...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reviens sur ce que j’ai dit et écrit en fin de semaine à propos de la compétition entre les biocarburants et les cultures vivrières. Il est indispensable de faire de sérieux investissements dans les énergies alternatives. Il est tout aussi indispensable de le faire sereinement, et autant que faire se peut en toute connaissance de cause. Ce n’est pas tout à fait ce qui se passe aujourd’hui, où l’on voit de nombreux gouvernements se précipiter sur « la plante miracle » (qui n’est pas toujours la même d’ailleurs) et annoncer qu’ils vont faire des centaines de milliers voir des millions d’hectares de nouvelles plantations. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette précipitation des décideurs soulève de nombreuses questions. J’ai déjà évoqué samedi les dangers potentiels de l’installation de nouvelles monocultures, quand on sait que les « bons » producteurs de biomasse sont généralement des plantes qui ont toutes les caractéristiques des espèces invasives. Aujourd’hui je voudrais me concentrer sur l’espace occupé par ces nouvelles plantations. En Inde (voir l’article du &lt;a href=&quot;http://www.new-agri.co.uk/08/06/focuson/focuson2.php &quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;New Agriculturist&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;) le gouvernement n’envisage pas moins que d’utiliser 14 millions d’hectares « qui ne servent à rien » pour planter du jatropha, l’espèce arbustive qui est en tête de la liste des nouvelles « plantes  miracle » candidates à la production de bioénergies. Mais qu’est-ce que des terres qui ne servent à rien ? Pour le gouvernement, ce sont des terres qui ne sont pas en culture et qu’on ne saurait transformer en nouveau greniers à riz ou à blé. Donc : pas de compétition entre alimentation et bioénergies. Peut-on pour autant dire que ces terres ne servent à rien ? Evidemment non. Toutes les terres « marginales » sont utilisées, pour fournir ou du bois de chauffage, ou des fourrages pour les animaux, etc., en fait elles sont la source d’une grande diversité de produits qui entrent en moyenne pour 20% dans les revenus des petits agriculteurs pauvres d’après certaines estimations. Ce sont également des écosystèmes périphériques des zones cultivées qui fournissent des services importants à l’agriculture et dont la transformation en monoculture conduirait probablement à une augmentation très significative des problèmes phytosanitaires dans les zones céréalières voisines. Celles-ci sont en effet aujourd’hui au moins partiellement protégées par toute une série d’organismes qui vivent dans ces « zones refuge » et qui contrôlent les populations parasitaires ou prédatrices, évitant ainsi qu’elles ne prolifèrent au point d’avoir un impact économique fort sur les productions. Autrement dit il faudra sans doute compenser ces services perdus par une utilisation accrue de produits phytosanitaires, donc avec augmentation des coûts de production et augmentation des prix au consommateur. Ce n’est pas du développement durable. Les zones marginales peuvent sans doute être mieux utilisées, notamment, par exemple, pour être plus productives en fourrages, mais on ne peut pas les remplacer par des monocultures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est évident, et en même temps, c’est vite dit. Que peuvent faire les indiens, eux qui ont une économie en pleine croissance mais pas de pétrole ? De quelles autres solutions dispose-t-on aujourd’hui ? Ce n’est pas une question pour la recherche. C’est un champ de questions de recherche tout entier. Clairement, la compétition n’est pas seulement entre l’alimentation et l’énergie, elle est aussi entre les écosystèmes naturels et cultivés et leurs multiples usages et interactions. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Deux conférences demain à Nîmes</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Bons plans</category>
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                                                <pubDate>Thu, 20 Nov 2008 11:51:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;strong&gt;La recherche citoyenne : dialogue entre chercheurs et utilisateurs pour un développement durable&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;21/11/2008 - NÎMES (30) Médiathèque Carré d'Art&lt;br /&gt;Thème(s) : Développement durable,   Environnement / écologie,   &lt;br /&gt;Public : Tout public&lt;br /&gt;Résumé : &lt;br /&gt;Vendredi 21 novembre à 14h30. Conférence d'Olivier Oliveros (Philippines), coordonnateur du programme pour la promotion du développement durable dans les systèmes de recherche Agricole du Sud (Duras) et chargé de mission à Agropolis fondation. Entrée libre. Contact : 06.60.93.87.85&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Agrobiodiversité, agricultures et changements climatique : vers plus de diversité dans nos assiettes ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;21/11/2008 - NÎMES (30) Auditorium de la Maison du Département&lt;br /&gt;Thème(s) : Développement durable,   Environnement / écologie,   Coopération / aide publique au développement,   &lt;br /&gt;Public : Tout public&lt;br /&gt;Résumé : &lt;br /&gt;Vendredi 21 novembre à 19h00 à l'auditorium de la Maison du Département, 3 rue Guillemette. Conférence de M. Yves Savidan, directeur de recherche à l'institut de recherche pour le Développment de Montpellier, Président du Conseil scientifique d'Agropolis fondation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Ce dont tout le monde parle mais que personne ne fait : écouter les gens sur le terrain</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Politique</category>
                                <category>Sciences et technologie</category>
                                                <pubDate>Mon, 15 Sep 2008 14:45:00 +0200</pubDate>
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                    Bien sûr j’exagère encore et toute « règle » connaît ses exceptions. Force est, tout de même, de constater que si l’écoute est dans tous les discours bien peu savent vraiment la pratiquer. On n’arrête pas de répéter en effet, et ceci depuis plus de dix ans, qu’un projet de recherche pour le développement peut difficilement voir ses résultats adoptés et avoir un impact concret que si les bénéficiaires de cette recherche ont contribué, dès la phase de conception du projet jusqu’à son suivi et son évaluation. Autrement dit vous pouvez demander à des dessinateurs de créer une voiture nouvelle dans leur bureau sans rien demander à personne et ensuite vous mettez 1000 personnes au chômage parce qu’ils construisent une voiture dont personne ne veut. Ou bien vous étudiez le marché avant, en allant voir vos clients potentiels et en analysant leur demande. Ce qui est vrai pour la nouvelle voiture chez nous est vrai pour la nouvelle variété de sorgho au Mali. Le chercheur qui ne sort pas de son labo ou de sa station expérimentale a toutes les chances de se planter. Bon, mais ça, on essaie de corriger, même si c’est encore un peu trop incantatoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la recherche contre la pauvreté et pour la sécurité alimentaire, c’est encore plus compliqué. Parce que si l’on veut vraiment avoir un impact il faut que cette recherche s’insère dans un contexte plus large qui est celui du développement rural, où beaucoup d’autres forces sont en jeu. Le développement rural est quelque chose de compliqué qui demande des approches multidimensionnelles : domaines de recherches imbriqués (agriculture, santé, énergie, environnement), disciplines variées, biophysiques et socio-économiques, multi acteurs. Qui fait ça bien, qui a le savoir-faire ? Où ? Quelle la recherche qui s’initie, qui commence à réfléchir à partir du contexte spécifique et du savoir de l’agriculteur lui-même ? Quelle recherche a un impact sur un grand nombre à partir de l’étude de quelques cas individuels ? Les situations des agriculteurs pauvres, en zones agro-écologiques marginales (peu favorables), sont extrêmement diverses. Quelle recherche a un impact sur les revenus non pas de quelques villages, quelques centaines de familles, mais sur des millions ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette complexité évoquée ici montre à quel point le chercheur seul est impuissant et à quel point il est nécessaire de rassembler tous les acteurs et de les écouter. Je participais ce matin à une réunion de la Commission pour la Recherche Agronomique Internationale (CRAI). Tous autour de la table étaient des chercheurs ou d’anciens chercheurs. L’un d’eux a remarqué avec moi que l’on n’appliquait donc pas à nous-mêmes ce qu’on revendiquait pour les autres : pourquoi n’a-t-on jamais invité l’AFD (Agence Française de Développement) à nos réunions ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bons chercheurs sont des spécialistes pointus qui n’ont pas le temps de passer des journées entières dans des réunions multiples. Vrai ? Si c’est vrai, alors il faut inventer des intermédiaires, des « brookers » qui font une bonne liaison avec la demande et les réalités du terrain. Qui sont les brookers aujourd’hui ? Essentiellement des ONG. Discutent-ils avec les chercheurs ? Bien peu le font. Mais, disent-ils, c’est surtout parce que les chercheurs ne savent pas écouter… où sont les espaces de dialogue aujourd'hui, entre la science et la société en général?
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                <title>Crise alimentaire : d’abord construire de bons partenariats</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Economie</category>
                                <category>Sciences et technologie</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 Jul 2008 14:34:37 +0200</pubDate>
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                    La semaine passée, Colin Chartres, Directeur Général de l’institut international sur la gestion de l’eau (IWMI) publiait &lt;a href=&quot;http://www.scidev.net/en/opinions/invest-in-water-for-farming-or-the-world-will-go-h.html &quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;une note sur SciDevNet&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;pour dire, grosso modo, « attention ! Fabriquer des super-plantes ou super-cultures pour répondre aux besoins alimentaires croissants ne résoudra pas le problème essentiel : on n’aura plus d’eau ! ». Bon, chacun travaille pour sa chapelle et le budget de son institut, mais sur le fond il n’a pas tort. Sauf que d’autres pourraient dire la même chose que lui…&lt;br /&gt;-sans plantes plus productives, on n’arrivera pas aux productions nécessaires,&lt;br /&gt;-sans eau, ces plantes ne produiront pas ce que l’on attend d’elles,&lt;br /&gt;-sans sols fertiles, même chose,&lt;br /&gt;-sans résistances ou produits phytosanitaires, même chose,&lt;br /&gt;-sans technologies et infrastructures de stockage, les pertes après récolte seront trop importantes,&lt;br /&gt;-sans marché bien organisé et accessible, les productions seront perdues,&lt;br /&gt;-etc. &lt;br /&gt;Tout ceci suggère que donner à l’un, pour améliorer une composante du système – comme par exemple donner seulement à la recherche – c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Il faut d’abord réunir tous les acteurs et les obliger à travailler ensemble. Problème : où sont ceux qui savent faire dialoguer ensemble les politiques, les chercheurs, les agriculteurs, etc. ? Où forme-t-on ces &quot;intégrateurs&quot;?
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                <title>Crise alimentaire : et la voix des pauvres ?</title>
                <link>http://recherche-solidarite-sud.midiblogs.com/archive/2008/06/05/crise-alimentaire-et-la-voix-des-pauvres.html</link>
                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Politique</category>
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                                                <pubDate>Thu, 05 Jun 2008 13:40:00 +0200</pubDate>
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                    La conférence de Rome se termine aujourd'hui, même si on n’en parle plus dans votre journal. Chefs de gouvernement et ministres se sont succédés pendant deux jours à la tribune, une grande majorité d’entre eux pour appeler à la modernisation de l’agriculture (entendez : refaire l’agriculture américaine ou européenne partout) ou appeler à une meilleure distribution des productions (entendez : les leurs). Quelques uns pour donner quelques sous, le total restant toujours dérisoire en regard de ce que ces mêmes gouvernements (inclus de nombreux gouvernements des pays du Sud où des gens meurent de faim) dépensent en une année en armement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au total, et je rejoins en cela les ONG qui viennent tout juste d’avoir une conférence avec la presse à Rome: à quelques exceptions près tous ces gouvernements ont exprimé leurs propres priorités, « business as usual » (rien ne change), la toute première des priorités des intervenants étant la libéralisation des échanges, mais personne ne propose des solutions nouvelles, innovantes, et surtout personne ne montre une réelle prise en compte des contraintes et des demandes des petits agriculteurs du Sud concernés. Où était la voix de ces millions de paysans pauvres et de leurs organisations dans cette conférence ? Dans un obscur événement parallèle, dont personne n’a parlé dans la presse. Un forum où l’on a apparemment beaucoup plus parlé des dimensions écologiques et sociales de la crise, mettant notamment l’accent sur l’adaptabilité des nouvelles solutions nécessaires aux petites agricultures du Sud, comme je le répète sans cesse dans ce blog. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Répétons encore une fois : on ne peut pas résoudre les problèmes des petits producteurs avec des solutions construites pour une agriculture moderne qui a depuis longtemps montré ses limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’un des représentants des ONG a conclu en faisant de la crise alimentaire un crime contre l’humanité. Elle était évitable et on a laissé faire. On a notamment laissé les spéculateurs spéculer sur ce qui n’aurait jamais dû être ouvert à la spéculation, la nourriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est temps d’ajouter le droit à la nourriture parmi les droits de l’homme. Et d'en tirer les conséquences qui s'imposent.
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                <title>Crise alimentaire : un sommet et une profusion d’inepties</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Economie</category>
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                                                <pubDate>Tue, 03 Jun 2008 10:38:52 +0200</pubDate>
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                    La crise alimentaire est de nouveau à la une des médias, en raison du sommet de Rome (3-5 juin) où se réunissent une cinquantaine de chefs d’Etat pour parler de l’urgent, du long-terme, et se mettre d’accord, comme toujours à minima, sur ce qu’il conviendrait de faire. Pas de quoi s’exciter beaucoup, les divergences, au départ du sommet, ne devraient pas permettre des avancées très significatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bel exemple de ces divergences – et inepties - est donné ce jour dans un article du Monde signé par Laetitia Clavreul. Il faut produire plus et vite, en effet, mais à quoi sert de regarder ce que pourraient faire les Etats-Unis, l’Europe de l’est, voire la France ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut produire plus là où les gens ont faim, pas ailleurs. Et surtout pas chez nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième ineptie qu’on entend dans tous les discours ou presque, c’est qu’il faut amener les agriculteurs du Sud à produire plus &lt;em&gt;selon nos modèles&lt;/em&gt;. Même si on y met des formes, en parlant de durabilité, la seule chose que les politiques imaginent c’est une intensification de l’agriculture à coup d’engrais (aux prix inabordables pour les agriculteurs du Sud), d’irrigation (quel gouvernement a investi dans l’irrigation depuis 30 ans ?), de semences améliorées (produites où et par qui ?), etc. Une agriculture à la mode de chez nous savez-vous-planter-des-choux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les agricultures du Sud, ce n’est pas le Brésil des savanes (cerrados) et ses fermes de plusieurs milliers d’hectares. C’est d’abord une écrasante majorité de « petits » agriculteurs qui pratiquent une agriculture familiale diversifiée. C’est cette agriculture là qu’il faut aider, sans chercher à la révolutionner, c'est-à-dire sans chercher à la faire muter vers une agriculture « moderne », occidentale, non durable, qui pousserait des millions de personnes sans emploi vers des villes qui n’en peuvent plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’agriculture familiale peut produire plus, elle peut être « modérément » intensifiée sans augmenter les risques pour des agriculteurs qui ne peuvent se permettre d’en prendre. Si l’agriculture familiale produit seulement une tonne de céréales à l’hectare, on n’a pas, en effet, besoin de la faire passer à produire 4 fois plus pour assurer l’autosuffisance alimentaire des zones concernées. Ce serait d’abord très difficile à faire, compte-tenu de l’état des sols et des autres stress environnementaux, et ce ne serait pas durable. Ce ne serait surtout pas nécessaire parce que personne ne saurait gérer les surplus ainsi créés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce qui précède, il faut retenir que les agricultures du Sud peuvent et doivent produire ce dont les gens du Sud ont besoin. Il faut seulement que leurs dirigeants des pays concernés, avec leurs « amis » et partenaires du Nord, investissent là où il faut. Mais je ne vois pas, malheureusement, comment les politiques réunis à Rome pourraient se mettre d’accord sur quelque chose comme cela, compte-tenu des intérêts divergents en présence.
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                <title>Science et société (2): image et perception</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                <category>Débat/Forum</category>
                                <category>Sciences et technologie</category>
                                                <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 14:25:56 +0200</pubDate>
                <description>
                    Reste la perception de la société, qui n’est pas fumée sans feu. Le problème c’est qu’on ne parle que de la fumée et qu’on ignore largement tout le reste. Qu’est-ce que la recherche agronomique ? Qu’est-ce que les biotechnologies ? Si je parle de l’une ou des autres devant des non scientifiques, la question des OGM surgit dans les trois premières minutes de la discussion, alors que ce n’est pas même la face visible d’un iceberg (10%) en terme d’investissements et/ou en terme de voies de recherche prometteuses pour le progrès, en quantité ou qualité, des productions agricoles. Je caricature toujours un peu, mais seulement un peu, et je provoque régulièrement mes auditoires, en affirmant que cette technologie est déjà dépassée et/ou que les OGM de demain auront autant à voir avec ceux qu’on connaît aujourd’hui qu’une fraise des bois a de ressemblance avec un éléphant. Je rappelle aussi qu’aucune technologie n’est nocive en elle-même, seul peut l’être l’usage qu’on en fait. Qui ose encore critiquer aujourd’hui le nucléaire chez nous, au moment où le prix du pétrole bat des records tous les jours et où les alternatives énergétiques en sont encore aux balbutiements (essentiellement faute d’investissements dans la recherche en temps opportun) ? La même technologie a pourtant brûlé vifs les enfants d’Hiroshima.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Posez-vous des questions ! &lt;br /&gt;Un maïs OGM peut polliniser le champ d’à côté. Et alors ? Un maïs non OGM fait la même chose. Pourquoi le premier remettrait-il en question le label bio de mon champ de maïs et pas le second qui va apporter tout un tas de caractéristiques – avantages et défauts – que je ne connais pas ? &lt;br /&gt;Vous avez des doutes sur la technologie, mais c’est pourtant la même technologie qui produit l’insuline. Connaissez-vous un seul diabétique qui préfèrerait revenir à utiliser de l’insuline de cochon plutôt que l’insuline humaine produite par des OGM?&lt;br /&gt;Un maïs OGM qui a reçu un gène de bactérie, est-ce la même chose ou est-ce différent d’un maïs OGM qui reçoit un gène de maïs ? Ou : tous les usages de la technologie OGM sont-ils équivalents ?&lt;br /&gt;Dans 99% des cas les problèmes rencontrés par les plantes cultivées peuvent sans doute être résolus par les voies de la sélection conventionnelle, parce qu’il existe par exemple dans la diversité de ces plantes des plantes résistantes au stress qui fait problème. Mais dans quelques cas, il n’y a pas de solution conventionnelle. Les papayes de Hawaï sont devenues en 1992 susceptibles à un virus qui a complètement décimé cette culture sans qu’on trouve de résistance dans les collections. Les chercheurs du secteur public ont développé une papaye de Hawaï OGM en introduisant une séquence inversée du virus qui empêche la synthèse de la protéine virale et la maladie. Américains et canadiens consomment de la papaye OGM depuis 9 ans. Les japonais refusent comme nous les OGM et paient exactement dix fois plus cher pour manger une papaye de qualité gustative très inférieure à la variété de Hawaï. La papaye est la deuxième production agricole de Hawaï après l’ananas et une source de revenu très importante pour les petits agriculteurs. Fallait-il laisser la culture et ces agriculteurs disparaître ? Ou passer à ne plus manger que des papayes de 2ème qualité, avant qu’elles ne soient à leur tour décimées par la maladie ?&lt;br /&gt;On produit, conventionnellement, de nouvelles variétés en croisant les variétés existantes par d’autres plantes de la même espèce ou d’espèces voisines qui apportent des caractéristiques complémentaires. Comme dans tout croisement ou hybridation, les enfants ne ressemblent pas aux parents et pour que le produit soit d’une qualité équivalente ou supérieure à celle de la variété de départ de multiples recroisements, de multiples générations seront nécessaires. Le processus est donc très long ; il faut de 10 à 20 ans en fonction de l’espèce (voire plus pour les espèces arboricoles) pour sortir une nouvelle variété sur le marché. La technologie OGM permet d’introduire une nouvelle caractéristique dans une variété existante sans perturber les qualités de celle-ci et d’obtenir, en une seule génération, une nouvelle variété améliorée. Faut-il se priver de cet avantage, qui permet aux sélectionneurs d’être très réactif en réponse, par exemple, à l’émergence d’une nouvelle maladie, ou doit-on laisser les variétés disparaître les unes après les autres ?&lt;br /&gt;Il existe des contraintes à l’agriculture que la sélection conventionnelle n’a pas réussi à surmonter de façon satisfaisante. Si la technologie OGM permet aux agriculteurs du Sahel, par exemple, d’avoir des variété qui tolèrent mieux une période de sécheresse que les variétés traditionnelles, tout en ayant conservé les caractéristiques qualitatives de celles-ci, peut-on dire aux chercheurs qu’ils ne doivent pas essayer de produire de tels OGM ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pourrais continuer la liste de ce genre de questions sur plusieurs pages. Le point important ici est qu’on vous vend du noir ou du blanc quand rien n’est tout noir ou tout blanc. Je n’aime pas plus que vous l’idée d’un monopole de quelques grandes sociétés semencières sur le marché des variétés, qui nous condamne à terme à manger tous la même chose, la même variété de salade, la même variété de pomme de terre (vous savez qu’il en existe plusieurs milliers ?) ou la même variété de haricot. Est-ce que pour autant on doit enterrer une technologie qui a la capacité à trouver des réponses à des questions, des problèmes jusqu’ici sans réponse ? Imaginez qu’on interdise le nucléaire en France demain parce que cela ne plait plus à José Bové ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être libre de produire des OGM dans son garage, comme aux Etats-Unis, ni qu’on doit produire des OGM pour tout. Mais quand il n’y a pas d’autre solution possible  – et à minima dans ce cas – pourquoi s’en priver ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, qui, actuellement parle des OGM de cette manière, avec ce type de discours ? Et quels médias s’en font le relais ? Autrement dit la perception que vous pouvez avoir de la science et des scientifiques dépend de l’image qu’on vous en donne. Et sur cette question, les responsabilités sont largement partagées, par les institutions de recherche, les chercheurs eux-mêmes, et par la presse non spécialisée qui se fait, en priorité, le relais du sensationnel ou de la polémique (contribuant à alimenter cette dernière).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, finalement, pourquoi doit-on encore parler de ces maudits OGM, près d’un quart de siècle après la production de la première plante OGM (1984)?
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                <title>Science et société (1): une perte de confiance non justifiée</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Yves Savidan)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 16:52:09 +0200</pubDate>
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                    Il n’y a plus de surprise. A chaque fois que je me trouve invité à parler de recherche devant des non scientifiques, arrive toujours le moment de la question sur les OGM :&lt;br /&gt;- Pensez-vous que les OGM puissent être une partie de la solution ? &lt;br /&gt;ou :&lt;br /&gt;- Et vous, ces OGM, vous en pensez quoi ?&lt;br /&gt;Etc. L’intéressant, c’est que très régulièrement, si je ne suis pas en présence de convertis inconditionnels, la discussion se termine par des remerciements pour « toutes ces choses dont on n’avait jamais entendu parler » et/ou l’observation « qu’après cette discussion, on se sent plus intelligent », ce qui ne fait que traduire un besoin jusqu’alors non satisfait de pouvoir se faire une opinion personnelle « éclairée ». Les seules choses qu’on entend ou voit à profusion sur les petits écrans sont les opinions et les exactions des extrémistes anti-OGM – beaucoup - et les revendications des industriels semenciers – un tout petit peu. Rien entre les deux ou si peu que cela passe totalement inaperçu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes un pays qui a perdu confiance dans la recherche et ses scientifiques. Bien sûr les opinions varient considérablement selon qu’il s’agit de la recherche médicale, des mathématiques, de l’aéronautique… ou des biotechnologies appliquées à l’agriculture et l’alimentation. Mais globalement, on observe une relation science-société qui est très différente de ce qu’elle est aux Etats-Unis ou dans la majorité des autres grandes puissances scientifiques. La France est au 6ème rang mondial en nombre de chercheurs. On s’enfonce dans bien des classements, mais pas dans celui-là. Nos recherches sont relativement bien financées quoi qu’on dise, et la production scientifique est de bonne qualité, même si la dispersion institutionnelle ne joue pas en faveur de notre classement dans les indices mondiaux comme l’indice de Shanghai, donc de sa visibilité. Bref, la France pourrait être fière de ce qu’elle a et reconnaître plus largement la qualité de sa recherche et de ses chercheurs. Pourtant l’homme de la rue a le plus souvent une piètre opinion du chercheur, hypertrophiant notamment sa responsabilité dans une série d’accidents ou d’incidents divers qui sont le plus souvent totalement hors de son contrôle. Médias, activistes de tous bords contribuent à l’amalgame et la confusion où se mélangent vache folle, transmission du SIDA par transfusion sanguine, nouvelles allergies, mal bouffe et j’en passe beaucoup volontairement la liste étant sans importance. Les scientifiques contribuent à cette confusion par leur silence assourdissant. Tous les mécanismes de surveillance sur la qualité des aliments, la qualité des soins, la qualité des services sont pourtant parvenus à des niveaux jamais atteints auparavant et le résultat le plus spectaculaire est une espérance de vie en croissance constante. Derrière tout cela il y a la recherche, mais on l’oublie pour ne se focaliser que sur les dérapages. Il se passe, au niveau de l’alimentation, ce qui s’est passé auparavant pour la santé. Si un vaccin évite à des millions de personne de contracter une maladie, on trouvera toujours des extrémistes pour focaliser toute leur attention et celle de tous de tous ceux qui veulent bien les écouter, sur le seul individu – ou le tout petit nombre d’individus - qui a fait une réaction négative au vaccin. L’important, et le seul fait important, la seule donnée qui compte, c’est qu’on a sauvé des millions de personnes d’une mort prématurée dans l’exemple du vaccin ou qu’on a donné accès à une alimentation infiniment plus sûre qu’elle ne l’était 50 ans auparavant dans le cas de la recherche agronomique et agro-alimentaire. On ne vit pas plus vieux aujourd’hui par accident. Et pas non plus du seul fait des progrès de la médecine (à suivre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques données (2005):&lt;br /&gt;- nombre de chercheurs en France: 226000&lt;br /&gt;- public ou privé? En France, 50% des chercheurs sont dans le privé et 50% dans le public. Aux Etats-Unis la proportion est 3/4-1/4&lt;br /&gt;- des femmes: un chercheur français sur quatre est une femme. Ne me demandez pas combien occupent des postes de responsabilité, plus on monte dans les hiérarchies et plus cette part est faible.&lt;br /&gt;- en nombre absolu de chercheurs la France est 6ème très loin derrière les Etats-Unis, qui comptent 1,4 million de chercheurs, et très loin derrière la Chine qui en compte près d'un million. Un nombre de chercheurs pour 1000 actifs, Finlande et Suède passent devant. La France est toujours 6ème, derrière le Japon, les Etats-Unis et l'Australie
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