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lundi, 12 janvier 2009
Aux Etats-Unis « Les pirates du génome » bricolent l’ADN dans leur garage

Ce qui suit est une traduction (approximative et très partielle) d’un article publié la semaine passée dans NewScientist (pour l’article complet en anglais cliquez ici)
Mon crédo : aucune technologie n’est mauvaise. C’est l’usage qu’on en fait qui peut l’être.
Le labo de Katherine Aull à Cambridge (Massachusetts) manque un peu de confort. « Là-dedans j’ai une machine à PCR que j’ai acheté 59 dollars sur eBay » dit-elle en sortant une grosse boite noire qui permet de copier de petits fragments d’ADN en de très nombreuses copies. « Tout le reste est fabriqué à la maison » ajoute-t-elle en montrant une centrifugeuse bricolée à partir d’une perceuse et de divers récipients en plastique, et un incubateur en polystyrène qu’elle chauffe avec le genre de résistance qu’on utilise normalement dans un terrarium.
En réalité, le « laboratoire de Katherine Aull est un placard de moins d’un mètre carré dans l’appartement qu’elle occupe en colocation. Au milieu de ses piles de vêtements, elle a quand même réussi récemment à créer un OGM de toutes pièces […] Après des mois de bricolage, elle a en effet produit « un microbe capable de faire quelques opérations logiques simples ». Elle a présenté son travail au concours d’un groupe d’amateurs biologistes adeptes du faites-le-vous-même, mais elle a été battue par un étudiant indien qui a réussi à produire (dans sa chambre d’étudiant ?) une bactérie OGM susceptible de permettre aux pieds de riz d’être plus efficaces dans leur utilisation de l’azote, réduisant d’autant les besoins de la plante en engrais azotés.
Meredith Patterson, autre amateur habitant à San Francisco a fabriqué un yogourt fluorescent dans sa cuisine en mutant une bactérie à l’aide d’un appareil à ultrason normalement fait pour nettoyer les bijoux. Les ultrasons ont créé des trous dans la paroi cellulaire de la bactérie par lesquels elle a réussi à insérer (je ne sais pas comment) un gène qui code pour des protéines fluorescentes qu’elle a simplement acheté sur catalogue dans une compagnie qui fournit des produits chimiques aux laboratoires de biologie. Le yogourt qui fluoresce, tout le monde s’en fiche sans doute, mais ce qu’elle a réussi à faire pourrait être utilisé – et c’est son prochain objectif – pour manipuler une bactérie qui ne fluoresce qu’en présence de mélamine, substance qui contaminait le lait pour enfant en Chine récemment et qui a rendu malade plusieurs milliers d’entre eux et en a tué au moins six. On teste aujourd’hui la présence de mélamine par chromatographie, ce qui coûte cher. Pour Patterson, il serait possible de développer « un test bon marché et portable permettant à tout citoyen de s’assurer que ce qu’il mange est sans risque, quelque chose sur lequel aucun laboratoire ne travaille actuellement… donc faisons-le-nous-mêmes ! »
Le groupe d’amateurs mentionné ci-dessus, et baptisé « DIY Bio , Do-It-Yourself Biology, ou la biologie du faites-le-vous-même », compte une vingtaine de membres, mais n’a pas que des adeptes parce que ces manipulations « de garage » inquiètent nombre de citoyens américains qui imaginent le scénario du prochain film-réalité catastrophe dans lequel l’un de ces amateurs réussirait à produire ce qu’il faut bien appeler une arme de destruction massive, comme par exemple un virus de grippe similaire à celui qui avait tué environ 40 millions de personnes en 1918. DYI Bio a réagit à ces préoccupations légitimes et commencé à se doter de « règles de conduite ».
La question que je me pose c’est que pour 20 amateurs qui se sont affiliés à un tel club qui se veut « raisonnable », combien y en a-t-il d’autres, au travers des Etats-Unis, qui font n’importe quoi dans leur garage par ce que l’Amérique est un pays libre où l’on doit continuer à pouvoir acheter une arme à feu ou un gène cloné à chaque coin de rue ?
16:31 Publié dans Actualités, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, agriculture, recherche, santé



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