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vendredi, 31 octobre 2008

Pour sauver nos banques on oublie toutes nos promesses en Afrique

C’était hier. En juin. A Rome. Devant un monde entier inquiet des conséquences de la crise alimentaire. Monsieur Sarkozy, président français, royal, annonçait une augmentation de notre aide à la hauteur d’un milliard d’euros (voir ma note du 3 juin). Généreux. Grandiose. Et énorme mensonge. Déjà à cette époque tout le monde savait, quai de Bercy, que les caisses étaient vides. Pire, on sait maintenant que l’aide sera revue à la baisse. Une très forte baisse. Le lièvre a été levé par l’ONG Oxfam et relayé par Libération cette semaine :
Les engagements pris pour 2008 seront respectés, mais le robinet sera ensuite largement fermé. Le document [publié par Oxfam] liste 55 projets principaux qui feront les frais du tour de vis budgétaire (essentiellement en Afrique subsaharienne). Des projets aussi «accessoires» que l’aide à la santé, l’agriculture ou l’éducation, dans des pays aussi «prospères» que le Bénin, la République démocratique du Congo, le Mali ou Madagascar. Selon Oxfam, pour la seule Afrique de l’Ouest, les suppressions de subventions entre 2008 et 2009 représentent 49 millions d’euros. Pour l’Afrique centrale, ce montant est de 19 millions d’euros. Le programme Fast Track (Initiative internationale pour la mise en œuvre accélérée du programme Education pour tous) trinquera lui aussi. Au total, les autorisations d’engagement de subventions passeraient, selon nos informations, de 320 à 134 millions d’euros en 2009. Une coupe de près de deux tiers.

Les pauvres – les plus pauvres de la planète – feront donc les frais des incuries de nos banquiers et financiers. Qui va se révolter ? Qui va manifester devant le ministère des affaires étrangères ou l’Elysée ? Quel parlementaire adressera ne serait-ce qu’une question au gouvernement sur ce mensonge d’Etat qui consiste à promettre plus pour ensuite donner moins à ceux qui en ont le plus besoin?

Ce weekend nous nous souviendrons des êtres chers qui nous ont quittés.

Ce weekend j’aurai une pensée toute spéciale pour tous ces êtres inconnus, en majorité des petits enfants, qui vont perdre la vie dans les mois qui viennent pour que nous puissions sauver nos banques et continuer de payer des salaires mirobolants à ceux qui les ont si bien dirigées au cours des années écoulées.

mardi, 28 octobre 2008

Faire qu’il n’y ait qu’un seul monde pour la science

Le Directeur exécutif de l’Académie des sciences du tiers-monde (TWAS), Mohamed Hassan, signe l’éditorial du journal Science cette semaine, au moment où son organisation fête son 25ème anniversaire. Il y a 25 ans, nous dit-il, il y avait deux mondes de la science, celui des pays avancés riches en science et celui des pays du Sud, pauvres de tout y compris de science. Aujourd’hui il y a trois mondes, celui du Nord, celui du Sud pauvre et celui des pays émergents. La Chine est déjà au 2ème rang mondial, derrière les Etats-Unis, en nombre de publications scientifiques. Et si 20% de toutes les publications sont produites par des chercheurs des pays en développement, plus de la moitié de celle-ci viennent des pays émergents. Pour le Dr. Hassan, le défi de tous aujourd’hui, c’est d'empêcher que le fossé avec les pays qui sont en retard dans leur développement scientifique se creuse encore davantage.

Les pays émergents investissent massivement dans la science parce qu’ils ont compris que leur développement économique futur en dépendait pour une large part. Le Dr. Hassan donne les exemples des bioénergies au Brésil, des technologies de l’information et de la communication en Inde, des nanosciences et nanotechnologies en Chine.

Comme je l’ai souvent répété ici même, notre monde est de plus en plus dépendant et de plus en plus petit, quand bien même l’homme de la rue ne prend guère le temps de s’occuper de plus que de ses soucis personnels. Ce qui se passe au Sud, tout près de chez nous, impacte déjà et impactera de plus en plus nos vies de nordistes bien nourris. Il vaut infiniment mieux aider l’Afrique à soigner ses maux aujourd’hui que d’empêcher qu’ils nous affectent demain. Egoïstement. Et pour ceux qui ont le temps et les moyens de s’offrir une conscience internationale, il n’est pas acceptable que l’Afrique sub-saharienne ne se développe pas comme le Brésil a réussi à la faire au cours des 30 dernières années. Aujourd’hui le Brésil seul produit deux fois plus de publications scientifiques que les 48 pays de l’Afrique sub-saharienne réunis.

La France aurait un rôle majeur à jouer, mais nous ne sommes plus qu’un petit pays pris dans la tempête économique. Il est donc nécessaire d’oublier la gloire passée et de s’allier avec les autres partenaires européens pour construire une offre de formation à la recherche à tous les niveaux, accompagnée d’un suivi et d’une aide aux jeunes chercheurs pour qu’ils travaillent chez eux, dans de bonnes conditions, plutôt que de fuir vers des pays scientifiquement et économiquement plus attractifs.

dimanche, 05 octobre 2008

Ceux qui ré-écrivent Montpellier en plus grosses lettres sur la carte

Dans le monde de la recherche agronomique internationale, il y a un pôle européen qui domine la scène. C’est le pôle néerlandais de Wageningen. Dans toutes les réunions auxquelles je participe hors de notre métropole, je ne peux que constater que c’est l’opinion très largement dominante. Si on y regarde de plus près, le pôle agro-environnement de Montpellier n’a pourtant strictement rien à envier à Wageningen, ni au plan quantitatif (taille, nombre de chercheurs, budget), ni au plan qualitatif (la recherche elle-même). Alors quoi ? Wageningen a une image que Montpellier n’a pas. On connaît et on reconnaît le pôle néerlandais, pas celui de Montpellier, ou beaucoup beaucoup moins. Notre fatras institutionnel crée un épais brouillard au-dessus du monde d’expertise et de compétences qu’est vraiment Montpellier. Nous n’avons pas une image, mais deux douzaines. Nous ne sommes pas un pôle, mais un caravansérail à mille portes.

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Il y a un espoir, une petite lueur au fond du tunnel. Quelques décideurs nationaux ont compris qu’on ne pouvait pas continuer éternellement, dans un monde où les grands défis demandent des réponses collectives, à avoir un système totalement différent des autres, avec de monstrueux appareils nationaux d’une autre époque mais sans pôles d’excellences capables d’intégrer les réseaux européens et mondiaux d’universités qui se mettent en place.

Quand Wageningen occupe déjà le devant de la scène, sous les projecteurs, on commence à parler de fusion d’universités chez nous. En trainant les pieds pour certains, et seulement parce que Paris l’impose. Mais ce n’est pourtant qu’une toute petite première étape dans la grande réforme nécessaire pour que notre recherche continue d’exister dans 10 ou 20 ans, quand les ressources viendront essentiellement de l’extérieur, c'est-à-dire de l’Europe, du secteur privé, des grandes fondations. Quelques uns l'ont compris et se sont déjà retroussés les manches. Il faut espérer que beaucoup les réjoignent, rapidement. Ceux qui veulent faire perdurer un système obsolète ne doivent pas gagner.

jeudi, 02 octobre 2008

dur dur de blogger sur la science

J’ai un peu traîné sur la toile, à la recherche de blogs qui parleraient de science. Si vous avez des recommandations à me faire, je suis preneur, parce que jusqu’ici je n’ai rien trouvé d’excitant. Il y a des sites qui « traduisent » des nouvelles scientifiques en langage non scientifique – ça s’appelle de la vulgarisation et il y a toute une série de journaux qui font ça très bien. Il y a vraiment très peu de blogs qui discutent de science, et de la relation entre science et société, en tout cas en français. Et d’un petit tour dans une demi-douzaine de blogs américains je n’ai vraiment rien rapporté que je puisse utiliser dans le mien.

La question du jour : que faut-il mettre dans un blog comme celui-ci qui n’y soit pas encore et/ou comment faire pour le rendre plus attractif et surtout plus interactif, le nombre de commentaires étant toujours extrêmement bas ?

Pour les (très) curieux : scienceblogs, un blog américain qui recense les blogs sur la science

Tout ceci étant inspiré par un article qui vient de paraître sur SciDev.Net : la science sur la blogosphère

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mercredi, 01 octobre 2008

Midi Libre: pour qui le bonnet d'âne?

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Notre quotidien régional préféré a publié ce jour un encart de 8 pages riche de belles photos sur La Grande-Motte 1968-2008, contenant un article qui m'a fait sauter au plafond: les immeubles de cette ville balnéaire auraient été inspirés "des pyramides incas de Téotihuacan" !

Merci de bien vouloir mettre l'auteur de ce texte au coin, avec un bonnet d'âne.

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