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lundi, 29 septembre 2008
Crise alimentaire : pourquoi le pire est sans doute à venir
Le prix de l’azote, sous forme d’ammonium ou d’urée, et du phosphore (P205) ont respectivement augmenté de +213%, +99% et +303% depuis un an (données ci-dessous, du site www.yara.com ). Même si le prix du riz est aujourd’hui le double de ce qu’il était il y a un an, on voit mal comment les agriculteurs pourraient maintenir un même niveau d’investissements en engrais lors de la prochaine culture. Sans aide des gouvernements, les rendements vont donc chuter et en conséquence le déficit entre la production et la consommation devrait s’accroître. A noter que si le prix du pétrole a baissé depuis l’été, le prix des engrais a continué de monter, à l’exception de l’urée.
[date][prix de l’ammonium $US/t][de l’urée][de l’acide phosphorique]
27 sep 2007 275 324 563
25 sep 2008 860 645 2268
17:31 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Faisons vite, ça chauffe !
Nouveau rapport publié aujourd’hui, dixit une dépêche de l’agence Reuters, par l’agence européenne pour l’environnement, l’organisation mondiale de la santé (OMS) et la commission européenne. Rien de bien nouveau ni de sensationnel d’après la dépêche, juste la confirmation que notre planète se réchauffe bien et que nous allons en payer le prix en catastrophes en tous genres. Les canicules vont devenir plus fréquentes, en particulier en Europe, continent qui se réchauffe le plus vite. Comme je suis curieux, j’ai voulu en savoir plus…
Ne cherchez pas le rapport en question sur le site de l’Agence européenne pour l’environnement , il n’y est pas. Sur le site de l’OMS pas davantage, et je ne suis pas allé à la Commission européenne parce qu’il est impossible d’y trouver quoi que ce soit en partant de la page d’accueil…
Les rapports qui se multiplient et qui tous disent la même chose, de toute façon ça ne suffit pas. Il faut que des mesures soient prises, et vite. Tiens, et si on commençait par boycotter TF1 quand la première chaine retransmet un scandaleux Grand Prix de Formule 1 comme celui de Singapour dont la facture énergétique est astronomique ?
15:31 Publié dans Actualités, Nature/Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 27 septembre 2008
Un agriculteur africain qui ne produit qu’une tonne à l’hectare n’a pas besoin des OGM
Quand Clive James, invité cette semaine au premier congrès « de toute l’Afrique » sur les biotechnologies à Nairobi, dit que les biotechnologies ne sont pas la panacée pour résoudre le problème de la sécurité alimentaire, c’est un euphémisme. Cet ancien collègue*, aujourd’hui président de l’ISAAA (service international pour le transfert des applications des agro-biotechnologies, sponsorisé par Monsanto), ne manque pas d’ajouter aussitôt qu’il faut utiliser des « technologies conventionnelles » comme l’absence de labour ou un labour superficiel, mais bien sûr en association… avec les biotechnologies. Trop, c’est trop. Quand la très grande majorité des agriculteurs n’a aucun accès aux engrais, à l’irrigation, et produit péniblement une tonne à l’hectare, les biotechnologies à la mode de Clive James, entendez: exclusivement les OGM, sont un luxe inutile dans 99,9% des cas. Et ce d’autant plus que personne ne les utilise pour améliorer les variétés paysannes ou locales. Autrement dit la variété OGM, c’est seulement dans des plantes « améliorées », totalement inadaptées dans les conditions d’utilisation des petits agriculteurs.
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* il était économiste au CIMMYT dans les années 80 ; le CIMMYT est le centre international d'amélioration du maïs et du blé, basé au Mexique, et où j’ai travaillé de 1989 à 2000.
18:42 Publié dans Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté, développement
Nuit des chercheurs: une curieuse rencontre!

08:54 Publié dans Actualités, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté
vendredi, 26 septembre 2008
Vous faites quoi ce soir (rappel)?
A Montpellier, c'est à partir de 19heures à Agropolis-Muséum...

17:39 Publié dans Actualités, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Prix du riz et recherches à risque
Décembre 2007, le riz Thai se vend à 362 dollars la tonne sur le marché international. Fin avril 2008, il est à 1000 dollars. La récolte de juin fait tomber les prix, mais en juillet ils sont encore à deux fois le prix de décembre dernier. Deux-tiers des pauvres de la planète dépendent du riz pour leur alimentation. Et plus ils sont pauvres, plus le poids de cette alimentation dans leur budget devient lourd. Certains consacrent jusqu’à 40% de leurs revenus à l’achat du riz. Quand le prix de celui-ci augmente, ils sont obligés d’en acheter moins. Et donc de manger moins.
Mes petits camarades économistes pourront dire ce qu’ils veulent sur le rôle des marchés et de la spéculation, le fait est que le monde consomme plus de riz qu’il n’en produit, et cela ne date pas d’hier. Les stocks qui existaient en 2000 ont rétréci comme peau de chagrin. La cause profonde est que si les rendements augmentaient de près de 3% par an pendant l’époque dite de la révolution verte (les décennies 70-80), ils augmentent aujourd’hui de moins de 1% par an, ce qui ne suffit plus à compenser l’augmentation de la demande.
Même si je ne suis pas économiste je peux comprendre que la seule façon de faire baisser les prix, c’est d’augmenter l’offre. Cela ne peut pas se faire en augmentant les surfaces cultivées. Il faut donc créer les conditions nécessaires pour une augmentation des productions sur les surfaces déjà en culture. Le prix de l’engrais azoté est passé d’un indice 100 en 2000 à un indice 800 aujourd’hui, poussé par l’augmentation (bien plus faible) du prix du pétrole. On ne peut pas espérer que les agriculteurs continueront d’appliquer les mêmes doses d’engrais qu’autrefois sans répercussion négative sur les prix. Alors il faut créer de nouvelles variétés plus productives, mais peut-on encore le faire ? La sélection variétale traditionnelle montre aussi ses limites. La question aujourd’hui est de savoir si la recherche peut répéter ce que les agriculteurs du monde ont réussi à faire, sans la science, il y a quelque 10.000 ans : créer des plantes totalement nouvelles, produisant considérablement plus que leurs parents, un peu comme le mélange compliqué de trois espèces de blés sauvages avait conduit au blé aujourd’hui cultivé, ou comme l’épi du maïs sauvage – qui existe toujours et qui ne contient que 5 à 6 grains – avait donné naissance, par la sélection empirique d’un tout petit nombre de variations par les agriculteurs indiens, à un épi à 200 ou 300 grains. Bien sûr on pense que la recherche dispose aujourd’hui d’infiniment plus de technologies, dans sa boite à outils, que n’en possédaient les paysans de Mésopotamie ou les indiens d’Amérique. Et bien sûr certains ne manqueront pas de parler d’abord d’OGM. Je crois que la dite boite à outils contient infiniment plus qu’un seul marteau. Par contre, il est plus que temps de se demander si la recherche aujourd’hui investit assez dans des voies nouvelles à risque : les chercheurs préfèrent « assurer » (ils ont besoin de publier pour avancer) en continuant de faire ce qu’ils savent faire depuis longtemps plutôt que de se lancer dans des projets complètement innovants. Il est pourtant temps de leur permettre et même de les encourager à prendre des risques.
09:24 Publié dans Actualités, Economie, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, recherche
jeudi, 25 septembre 2008
Bill Gates : aider l’Afrique à produire pour les africains
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU, les Fondations Gates et Buffett ont lancé hier une nouvelle initiative pour que l’aide alimentaire soit achetée davantage au Sud, et en particulier chez les petits agriculteurs qui ont du mal à développer leur production et trouver un marché où l’écouler, plutôt que de continuer à l’acheter aux Etats-Unis ou chez nous. « Acheter les aliments dont nous avons besoin chez les petits agriculteurs du Sud, c’est la bonne solution au bon moment » a dit la présidente du PAM, Josette Sheeran. Alors finalement le sommet de Rome sur la crise alimentaire en juin aura peut être servi à quelque chose d’important. Jusqu’ici les dollars donnés au PAM servaient surtout à acheter du riz ou du maïs américain.
Je dis bravo !
18:07 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale
croa-croa

J’ai failli rater ça, ne pas le voir : 2008, c’est l’année de la grenouille. D’accord, c’est l’année de plein de trucs, comme chaque année, et de plus en plus. J’ai déjà parlé ici de l’année de la patate, mais j’avais complètement zappé que c’était aussi l’année de la grenouille ! Si j’en crois votre soupir (si, si, je l’ai entendu) vous faites plus que vous demander pourquoi je perds mon temps avec ça. La grenouille nous offre une étonne diversité, haute en couleurs, et que j’ai eu l’occasion d’apprécier en voyageant au Costa Rica. Vous en avez quelques spécimens (dendrobates) dans la serre amazonienne de Montpellier. Il y a aussi toute une symbolique derrière la grenouille, qui varie selon les pays et les cultures. Mais, globalement, la grenouille est associée à l’eau, au retour de l’eau (la mousson en Inde) et à la renaissance de la nature, de l’agriculture, à la fertilité. Est-ce pour cela que je les collectionne ? Je ne sais pas.
13:58 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
« Le jour du dépassement global »
C’est nouveau, ça vient de sortir… mais est-ce que cela servir à quelque chose ? Le Monde rapporte qu’une ONG canadienne a inventé un nouveau concept pour essayer de réveiller le monde : celui du jour où nous autres, stupides humains, avons épuisé les ressources produites par notre planète pour l’année en cours. Nous venons de le passer, c’était mardi dernier. Ce que cela veut dire, c’est que du 24 septembre à la fin de l’année nous dépensons des ressources que nous n’avons pas, que nous dépensons l’avenir. En somme, on vit à crédit, un crédit sur le futur, personne ne sachant si et comment on pourra le rembourser.
Est-ce qu’une seule autruche sortira sa tête du trou pour autant ? C’est douteux, même si l’essai (et le concept) ne manque pas d’intérêt. Nous vivons dans des sociétés où l’individualisme, l’égoïsme, l’indifférence sont en croissance exponentielle. Tel des assidus de Goscinny, une poignée d’irréductibles résistent encore à l’envahissement. Gagneront-ils contre la majorité qui veut continuer de rouler en 4x4 climatisé, de bétonner le littoral ou de manger un steak de charolais chaque midi ? Je l’espère. Je crois davantage à la bonne gouvernance, qui impose les mesures nécessaires, qu’au « bottom-up » où chacun « prendrait conscience » et commencerait à se comporter en citoyen du monde. Faut pas rêver.
J’entends d’ici ceux qui vont dire « et vous beau parleur, que faites-vous pour changer votre style de vie dans le bon sens ? ». Moi j’ai la plus petite et une des plus économes voitures du marché, sans climatisation. Je surveille étroitement ma consommation d’eau. J’investis cette année dans le remplacement de ma chaudière au fioul dans une pompe à chaleur et des panneaux solaires. Et pour mes loisirs je n’utilise que le vent… Oui je fais attention, même sachant que le comportement d’une seule famille ne change pas grand-chose. Mais sachant aussi que la plage est faite de grains de sable.
Ceux qui ne veulent rien changer à leur style de vie disent que « science et technologies y pourvoiront », demain, dans dix ans, dans cent ans, comme cela s’est toujours fait dans le passé. Je suis convaincu qu’on a passé un cap et que ce n’est plus vrai, même si les technologies continuent de progresser à un rythme toujours plus élevé. Je me soucie aussi de l’équité dans cette dépense inconsidérée de ressources : pouvons-nous durablement nous arroger unilatéralement le droit de dépenser dix fois plus, de ces ressources que la planète produit par année, que les habitants du Bangladesh, de la Somalie ou de l’Afghanistan?
09:15 Publié dans Actualités, Economie, Nature/Environnement, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement, planète, ressources, équité
mercredi, 24 septembre 2008
Ils sont devenus chercheurs comment? Ils ont des blouses blanches? Ce sont des apprentis sorciers? Venez les découvrir vendredi soir à Agropolis Muséum

10:47 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

