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mardi, 16 septembre 2008

Ecouter pour innover : l’exemple du chuño bolivien

L’article est paru dans le New Agriculturist, et constitue un bon exemple de projet co-construit avec tous les acteurs d’une filière. Un des responsables du projet rappelle les difficultés au départ : « le principal défi était de réunir autour d’une même table des gens ayant des perspectives différentes, issus de milieux très différents, et de créer un climat de confiance ».

2008 est l’année de la pomme de terre, et l’exemple en question concerne un ensemble de variétés blanches d’altitude, cultivées depuis des millénaires par les communautés Amyara et Quechua. Traditionnellement, les pommes de terre sont séchées sur le sol, par l’alternance de grandes variations de températures jour-nuit. Elles subissent en fait plusieurs gels nocturnes, puis finissent sous les pieds des femmes pour éliminer le peu d’eau restante, et les pommes de terre séchées ainsi obtenues peuvent se garder des mois voire des années, quand que les pommes de terre non séchées subissent les attaques de divers parasites et pourrissent en quelques jours. Considérées comme une nourriture de pauvre, ces pommes de terre séchées étaient rarement vendues sur les marchés de la capitale ou dans les supermarchés. Le projet, qui réunissait des agriculteurs, des commerçants, des transformateurs, des exportateurs, des spécialistes de la cuisine et des organisations de recherche nationales et internationale (le Centre International de la Pomme de terre, CIP) a permis d’améliorer la qualité du produit et de le faire passer au rang de « produit andin naturel et sain ». Les chuños se vendent désormais sur des marchés de spécialités au Brésil, en Argentine, en Espagne et aux Etats-Unis. Des sous-produits, farines et soupes se développent et se créent un marché.

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(photo: CIP)

Aujourd’hui les agriculteurs qui participent au projet connaissent mieux la filière. Ils savent l’importance des critères de qualité. Ils ont accès aux informations sur le marché et sont devenus plus compétitifs. Les chuños font partie de la culture alimentaire de la Bolivie. Ils ne sont plus aujourd’hui seulement une agriculture de subsistence, le monde les découvre et les apprécie. Combien de cultures inconnues ou oubliées pourraient ainsi arriver sur nos marchés, être appréciées des consommateurs que nous sommes, et en même temps contribuer à améliorer le niveau de vie de ceux qui sont aujourd’hui les plus démunis ?

Commentaires

Très bon exemple, en effet. Question de confiance aussi. Il faut que cela débouche sur des flux "vertueux" et non sur des "détournements"...

Ecrit par : Patrick Yeu | mardi, 16 septembre 2008

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