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jeudi, 31 juillet 2008

La tragédie OMC

Le Monde aujourd’hui, sous le titre « OMC : les gagnants et les perdants » résume très bien le scandale : « les agriculteurs les plus subventionnés sont les grands gagnants de l'échec des négociations. ». Autrement dit tous les chefs d’état peuvent se précipiter à Rome pour jouer la scène de la grande solidarité face à la crise alimentaire. Le lendemain, quand on parle sérieusement d’ouvrir les vannes des subventions et d’autres avantages douaniers, il n’y a plus personne pour se mettre d’accord. Les américains, comme les européens, français en tête, se réjouissent donc ouvertement de l’échec des négociations (voir l’interview du président de la FNSEA dans le Midi Libre aujourd’hui). Nous n’aurons pas de barrages de tracteurs sur les autoroutes pour la rentrée des vacances ! Mes voisins de Camargue peuvent continuer à produire le riz le plus cher du monde et tous nos éleveurs peuvent continuer à dormir tranquilles sans être menacés d’être mis en concurrence avec la viande brésilienne. Le sacro-saint principe de l’indépendance alimentaire est maintenu à 200%. C’est une calamité pour le Sud et pour les pauvres, à 180° des discours humanitaires de notre président et de ses ministres. Mais nous ne sommes plus à une monstrueuse contradiction près.

dimanche, 27 juillet 2008

crise alimentaire: les chercheurs qui "récupèrent"

Quand un problème n’a pas de solution simple parce qu’il résulte de multiples facteurs, comme c’est le cas pour la crise alimentaire, vouloir mettre à tout prix l’accent sur l’un au détriment des autres est une garantie d’échec. Et une prise de responsabilité grave. Un comité interministériel a été créé chez nous, je ne sais comment ni avec qui, pour apporter un éclairage au gouvernement sur la conduite à tenir dans les circonstances présentes. Une conférence annoncé pour le 4 septembre prochain au Cirad suggère que ce comité ayant fait « la démonstration » que la crise est la résultante de marchés tordus, de contraintes aux échanges et autres subventions, barrières douanières et j’en passe, ceux qui mettent aujourd’hui l’accent sur les problèmes de production agricole – comme moi - sont totalement à côté de la plaque. Il n’y a pas de problème de production, mais seulement un problème d’accès ! Les présidents brésiliens et argentins ne disaient pas autre chose au récent sommet de la FAO à Rome. Ils étaient sans l’avouer, comme tous ceux qui ont beaucoup à vendre, américains … et français dans le même club, plutôt soucieux d’écouler leurs productions nationales plutôt que de voir l’Afrique devenir autosuffisante. Que nos chercheurs en sciences économiques et sociales jouent ce jeu-là, où qu’ils défendent leur chapelle ce qui revient au même, a de quoi perturber l’honnête homme. Je pensais naïvement que nous avions au contraire devant nous un problème qui demandait une grande coopération entre toutes les disciplines, sciences économiques et sociales et sciences agronomiques au sens le plus large, entre recherche et développement, entre organismes du Nord et du Sud, etc. L’impression est plutôt d’une volonté de mainmise sur un sujet par un club monodisciplinaire, faisant fi de toutes les données qui contredisent leur thèse.

Il est « démontré » disent-ils, que l’on n’est pas devant un problème de production. Pourtant, là où l’agriculture a été intensifiée, les rendements stagnent, voire diminuent. Là où on aimerait voir un certain degré d’intensification – chez les agricultures traditionnelles du Sud – les progrès sont trop lents. Résultat : les stocks mondiaux de riz ne cessent de diminuer depuis 2000. Les échanges, les marchés, les spéculations aggravent le problème, c’est évident. Mais il est au moins tout aussi évident que la sélection variétale, l’amélioration des plantes, ne poussent plus les rendements de 3 à 4% par an comme dans les années 1970-80. Pour le riz on en est maintenant à moins de 1% de progrès annuel. Loin derrière l’accroissement des populations qui s’alimentent en riz. La génétique coince un peu (encourageant certains à penser que les OGM sont la seule solution) et les ressources naturelles étant mal gérées - eaux et sols s’épuisent - on ne peut même pas envisager « de continuer comme avant ». Que l’on ait un GROS problème de production devant nous est une évidence. Nous savons tous que les populations du Sud vont encore croitre de 2 à 3 milliards dans les 30 ans qui viennent, et si les échanges peuvent être considérablement améliorés il faudra quand même arriver à doubler les productions agricoles. Et pour le généticien que je suis… je ne sais vraiment pas comment on va pouvoir y arriver !

Et donc quand j’entends mes collègues clamer qu’il ne faut pas se tromper de priorité et que les productions agricoles n’en sont pas une, je m’attriste. Dieu merci, tous les autres centres mondiaux de recherche agricole internationale ne font pas la même erreur. Mais cette attitude, si elle se confirme, risque de nous marginaliser encore un peu plus sur la scène internationale.

vendredi, 25 juillet 2008

Crise alimentaire : alerte au Libéria

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- Une augmentation de 40% des nouvelles admissions dans les centres de renutrition de Monrovia, la capitale du Liberia entre janvier et juin 2008 ;
- 26000 enfants de moins de 3 ans directement menacés de malnutrition dans les bidonvilles de la périphérie ;
- 92% du riz consommé doit être importé, l’agriculture locale payant le prix de 14 ans de guerre civile et de politiques inadéquates ;
- La hausse des prix fait qu’une grande partie de la population ne mange plus ni viande ni poisson (disparition des protéines)…

Ce sont quelques données, parmi d’autres, trouvées sur le site d’ Action contre la Faim . Je vous encourage à aller faire un tour sur ce site. Et pourquoi pas à y faire un don. Rappelez-vous que chaque don donne droit à une déduction fiscale égale à 75% du montant du don (dans la limite de 488 €). Exemple : si vous donnez 50 €, vous de dépensez vraiment que 12,50 €… une petite somme pour une grande différence : avec 50€ on peut acheter 100kgs de riz à Monrovia !

(photo: ACF)

jeudi, 24 juillet 2008

Crise alimentaire : les coupables, tous les coupables !

L’OMC a du travail sur la planche, mais quand on pointe seulement le doigt sur les marchés inéquitables où sur les biocarburants on détourne le regard de l’essentiel : le désinvestissement général dans l’agriculture depuis des décennies. La diminution des subventions ou des barrières douanières au Nord ne va pas réparer les canaux d’irrigation qui fuient partout au Sud ni compenser l’absence de routes ou de silos à grain.

Retour donc sur le dernier commentaire de Patrick Yeu : "La crise est liée à un mode de pensée industriel centré sur le retour sur investissement. Il détermine une approche de l'économie entre les hommes fondée sur une logique de l'offre et non de la demande. Ce que vous proposez va donc dans le sens de plus de la même chose. Ce qu'il faut c'est d'investir non pas dans plus d'offre, mais dans l'émergence de la demande et donc des marchés sains et non spéculatifs."

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Oui et non. Le commentaire montre combien il est difficile d’attaquer un problème comme celui là avec une approche intégrée. Ce que dit Patrick Yeu est vrai, mais toutes les statistiques sur l’évolution des populations, des rendements, des productions, des stocks, convergent pour démontrer à l’envie que l’on va droit dans le mur si l’offre n’augmente pas de façon drastique dans les 10-20 ans qui viennent. Autrement dit il faut militer pour que les marchés soient davantage équitables et interdire les spéculations sur la nourriture, mais il faut aussi investir massivement dans la transformation des agricultures familiales au Sud. Nous français qui continuons de subventionner notre agriculture sous prétexte d’indépendance ou de suffisance alimentaire refuserions au Sud ce même droit ?

La demande c’est quoi ? Qui la formule ? Les pays du Sud ont BESOIN d’être auto-suffisants en alimentation. Le Nord doit cesser « d’aider » en y déversant ses surplus agricoles subventionnés pour aider au développement d’agricultures en équilibre avec les environnements locaux et les améliorations durables qu’on peut y apporter localement. Et, c’est vrai, tout cela ne marchera alors que si des marchés « sains » sont en place. Ce qui ne veut pas dire des échanges Nord-Sud exclusivement, mais aussi et surtout des marchés sains Sud-Sud, au niveau régional ou inter-régional, ce qui est trop loin d’être le cas aujourd’hui.

mercredi, 23 juillet 2008

une nouvelle agriculture exige un renouveau de la sélection variétale

Dans un article paru le 11 juillet, écrit par Yves Miserey, Le Figaro mettait l’accent sur la publication d’une expertise collective de l’INRA qui recommande des changements importants et rapides dans notre agriculture. Comme le remarquait un lecteur, cette expertise, qui pour l’essentiel enfonce nombre de portes ouvertes, n’était peut-être pas une dépense très utile.

«L'agriculture intensive s'est construite après la Seconde Guerre mondiale en s'affranchissant de la biodiversité. La vision s'est focalisée sur les flux de matières (engrais, traitements phytosanitaires) et on a oublié la composante biologique», expliquait dans cet article Xavier Le Roux, le chercheur de l'Inra qui a piloté l'expertise.

Oui et non. On a oublié l’environnement, mais on s’est surtout focalisé sur la variété productive répondant bien aux intrants chimiques (« les flux de matières »). Les années 1960, c’est l’essor de l’amélioration des plantes, l’arrivée des variétés hybrides, les plantes-miracles et autres plantes idéales (ou « idéotypes ») capables, en parcelle, de produire beaucoup plus que tout ce qu’on avait avant-guerre.

L’amélioration des plantes, c’est ce que j’ai appris à l’université quand j’étais petit. Il s’agissait de produire de nouvelles plantes performantes pour ensuite adapter l’environnement à ces plantes, « pour qu’elles expriment tout leur potentiel », à coups de produits chimiques – engrais, pesticides, herbicides - et d'irrigation. L’environnement, modifié, au service de la plante. La durabilité n’était pas prise en compte, les ressources sont inépuisables, dans les esprits au moins, à l’époque.

Rivières polluées, sols dégradés, environnement et biodiversité affectés, la pression de l’opinion a fait surgir le concept de développement durable et fait évoluer la recherche. Action, réaction. Comme toujours, beaucoup sont passés d’un extrême à l’autre. D’une agriculture productiviste à d’autres agricultures aux noms divers (biologique, raisonnée, etc.) qui ont toutes leurs qualités et leurs défauts.

Dans les discours – malheureusement seulement dans les discours – on nous dit aujourd’hui, à l’INRA comme ailleurs, qu’il faut « intégrer ». Mot magique, l’intégration, c’est à la fois le dialogue entre l’agriculture et l’environnement, entre le chercheur généticien et celui qui s’occupe de sol et/ou de diversité, et/ou d’économie, entre la recherche et le développement, entre le chercheur et l’agriculteur, etc. L’intégration, c’est du bon sens, mais c’est aussi et surtout quelque chose qu’on ne sait pas pratiquer parce qu’on n’y a pas été préparé.

Parlons donc de formation. L’amélioration des plantes, c’est ce que j’ai appris à l’université quand j’étais petit, disais-je. A l’université – en France – cela veut dire : sans aucun cours d’agronomie. Sans cours sur l’interaction agriculture-environnement. Quand je parlais écologie, mon professeur de génétique me répondait : « soyez sérieux ! ». Sans cours d’économie. Les marchés, ce n’est pas important sur les décisions qui se prennent en matière de variétés à créer ? L’agriculteur, son savoir, son social, sa technologie, ça ne compte pas non plus ? L’amélioration des plantes, c’était et c’est encore aujourd’hui, une affaire de généticiens. Certes il faut connaître la génétique pour savoir quelle plante croiser avec quelle plante et quels résultats espérer pour l'amélioration, le transfert ou la conservation, chez les nouvelles plantes ou variétés produites, des caractéristiques agronomiques d’intérêt. Le petit pois dur comme un caillou ou la pêche qui n’a plus aucun goût se vendront mal. Mais le maïs hybride qui produit 5 tonnes sur la station expérimentale, c’est quel agriculteur qui va l’utiliser ? Où ? Comment ? Pour le vendre sur quel marché ?

On peut modifier l’environnement pour optimiser la production, et ce n’est pas durable. On peut modifier l’environnement autrement, pour la durabilité, et ensuite –seulement ensuite quand on sait ce qu’est, en un endroit donné, « l’optimum durable », demander au généticien de produire les variétés les plus adaptées à cet optimum, dans les espèces les plus aptes à optimiser cet optimum environnemental.

Mais qui produit des nouvelles variétés aujourd’hui « pour un environnement » ?
Et qui produit ces nouvelles variétés « pour un environnement durable » ?
Et qui forme les nouveaux « améliorateurs » aux concepts de développement durable et leur apprend à travailler avec des socio-économistes ou des spécialistes de l’environnement ?

Une nouvelle amélioration des plantes pour une nouvelle agriculture qui se développe en harmonie et équilibre avec l’environnement, c’est possible. Partout.

Je l’ai déjà dit ici plusieurs fois : même les plus pauvres parmi les agriculteurs, les plus pauvres des pays du Sud n’ont pas besoin de faire pousser des maïs hybrides produisant 5 tonnes sur la station expérimentale. Contrairement à ce que dit mon collègue de l’INRA, on est toujours parti et on continue de partir de la composante biologique, la variété-miracle, quand on propose des solutions. Il faut d’abord savoir, en chaque endroit, quel est l’optimum agro-environnemental réalisable et durable : ce sol pauvre, peut-on l’améliorer et comment ? L’approvisionnement en eau, peut-on l’améliorer et comment ? Qu’adviendra-t-il de la récolte après la récolte ? Faudra-t-il stocker ? Faire voyager le produit ? Le transformer sur place ? Etc. Toutes les réponses à ces questions, et d’autres, doivent être obtenues AVANT que le généticien se précipite sur ce qu’il sait faire. Si ici la seule chose nécessaire et possible est d’apporter de l’engrais, de quel engrais disposera-t-on ? A quel prix ? Sera-t-il encore rentable, ici, dans ces conditions, de faire pousser une plante alimentaire qui se vend trop bon marché ? Ou devra-ton favoriser des plantes « de rente », comme des fruits, des légumes, des fleurs si on est près de la ville, du marché ou de l’aéroport, ou bien des plantes qui peuvent se transformer loin de la ville en produits qui pourront être transportés sans risque vers l’usine ou le marché.

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(La variété Tanzania-1 lancée au Brésil et aujourd'hui cultivée un peu partout en Amérique latine et en Asie.)

Ce que j’ai appris à l’université quand j’étais petit, je l’ai mis en pratique en arrivant dans mon premier laboratoire, en Côte d’Ivoire. Nous étions en 1972. Avec mes collègues, nous avons produit des plantes extraordinaires. On en a parlé dans la presse locale : « des fourrages produisant quatre fois que les meilleurs fourrages européens ! ». Personne ou presque ne les a jamais utilisés, et surtout pas en Côte d’Ivoire. J’ai appris – sur le tas – que ce dont ces plantes avaient besoin (forte fertilité des sols et irrigation, gestion des animaux en rotation sur les parcelles), personne parmi les exploitants locaux ne pouvait l’assurer. Je suis parti au Brésil où c’était à peine mieux. Mais je suis parti avec 400 types de fourrage, et dans cette diversité j’en ai trouvé quelques uns parfaitement adaptés aux conditions locales d’utilisation, qui produisaient beaucoup plus que les variétés connues jusque là. Et le comble pour un généticien, c’est que j’ai fini par dire à mes collègues brésiliens qu’ils n’avaient pas besoin de la génétique pour produire une vraie révolution dans leur élevage. Il leur suffisait de faire quelques essais agronomiques, dans des environnements diversifiés, et puiser, dans la biodiversité disponible, les plantes répondant le mieux et le plus durablement possible à leurs besoins. On a fini ainsi par identifier quelques plantes qui restaient vertes, années après années, sur des parcelles non fertilisées et arrosées seulement par l’eau du ciel.

Pourquoi ai-je appris tout ce que je sais après l'université?
Aujourd'hui on peut inventer une autre formation en amélioration des plantes, pluridisciplinaire. Et infiniment plus pertinente.

lundi, 21 juillet 2008

Crise alimentaire : les pays riches et les pays africains pourraient travailler mieux ensemble

En période de crise on voit surgir toute sorte d’innovateurs et d’innovations. La crise, c’est une opportunité pour remettre en question les acquis, l’existant, les dogmes. Une opportunité pour démarrer de nouvelles choses, basées sur de nouveaux principes, une nouvelle vision d’avenir. La crise alimentaire est une crise avant tout, même si elle n’est pas une crise comme toutes les autres. Et l’agro, l’agriculture et l’agroalimentaire, sont des secteurs où l’on doit, comme pour les autres, se poser des questions, inventer, innover, renouveler les idées.

Il y a quelques mois j’ai lu, un peu surpris et un brin scandalisé, que des investisseurs américains achetaient des fermes au sud, en Amérique latine, pour produire moins cher que chez eux des produits agricoles en demande croissante. Aujourd’hui je lis dans le New York Times que les riches de tous les pays sont sur les rangs. C’est un peu le business à la mode, le secteur où investir, à condition d’être malin (comme pour tous les investissements, non ?). Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord on trouve quelques belles fortunes, en phase de croissance rapide grâce au prix du pétrole, qui constatent que vouloir faire de l’agriculture chez eux à tout prix, sur le sable, c’est à la fois très difficile et très peu rentable alors qu’acheter de la terre sur le continent africain, plus au Sud, c’est un investissement beaucoup plus raisonnable qui peut permettre de produire beaucoup et d’exporter vers son pays, donc de rapporter gros. Parce que les contraintes à la production en Afrique sub-saharienne proviennent D’ABORD d’une monstrueuse absence d’investissements depuis des décennies, un intérêt bien compris et bien partagé pourrait permettre à cette Afrique-là de se moderniser durablement tout en répondant aux besoins à la fois des populations locales et des importateurs du Moyen-Orient.

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Poussons l’idée plus loin, et demandons-nous pourquoi quelques fortunes françaises ne s’intéresseraient-elles pas à développer le même genre d’entreprise, en Afrique sub-saharienne ou ailleurs, comme en Amérique latine. Certains diront que cela s’est toujours fait. Il a toujours eu des émigrés de la terre, en effet. Certains sont revenus fortune faite, d’autres – sans doute la majorité – ne sont jamais revenus. L’idée aujourd’hui serait de passer à une autre échelle, plus entrepreneuriale qu’aventure individuelle. Il faut investir massivement dans l’agriculture africaine et les gouvernements locaux n’ont que des moyens limités pour le faire. Ce que les américains ou les saoudiens sont en train de tenter au Sud, aucun businessman français n’est capable de le faire ?

(photo de la Fondation "a Glimmer of Hope")

mardi, 15 juillet 2008

Crise alimentaire : d’abord construire de bons partenariats

La semaine passée, Colin Chartres, Directeur Général de l’institut international sur la gestion de l’eau (IWMI) publiait une note sur SciDevNet pour dire, grosso modo, « attention ! Fabriquer des super-plantes ou super-cultures pour répondre aux besoins alimentaires croissants ne résoudra pas le problème essentiel : on n’aura plus d’eau ! ». Bon, chacun travaille pour sa chapelle et le budget de son institut, mais sur le fond il n’a pas tort. Sauf que d’autres pourraient dire la même chose que lui…
- sans plantes plus productives, on n’arrivera pas aux productions nécessaires,
- sans eau, ces plantes ne produiront pas ce que l’on attend d’elles,
- sans sols fertiles, même chose,
- sans résistances ou produits phytosanitaires, même chose,
- sans technologies et infrastructures de stockage, les pertes après récolte seront trop importantes,
- sans marché bien organisé et accessible, les productions seront perdues,
- etc.
Tout ceci suggère que donner à l’un, pour améliorer une composante du système – comme par exemple donner seulement à la recherche – c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Il faut d’abord réunir tous les acteurs et les obliger à travailler ensemble. Problème : où sont ceux qui savent faire dialoguer ensemble les politiques, les chercheurs, les agriculteurs, etc. ? Où forme-t-on ces "intégrateurs"?

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