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jeudi, 24 juillet 2008
Crise alimentaire : les coupables, tous les coupables !
L’OMC a du travail sur la planche, mais quand on pointe seulement le doigt sur les marchés inéquitables où sur les biocarburants on détourne le regard de l’essentiel : le désinvestissement général dans l’agriculture depuis des décennies. La diminution des subventions ou des barrières douanières au Nord ne va pas réparer les canaux d’irrigation qui fuient partout au Sud ni compenser l’absence de routes ou de silos à grain.
Retour donc sur le dernier commentaire de Patrick Yeu : "La crise est liée à un mode de pensée industriel centré sur le retour sur investissement. Il détermine une approche de l'économie entre les hommes fondée sur une logique de l'offre et non de la demande. Ce que vous proposez va donc dans le sens de plus de la même chose. Ce qu'il faut c'est d'investir non pas dans plus d'offre, mais dans l'émergence de la demande et donc des marchés sains et non spéculatifs."

Oui et non. Le commentaire montre combien il est difficile d’attaquer un problème comme celui là avec une approche intégrée. Ce que dit Patrick Yeu est vrai, mais toutes les statistiques sur l’évolution des populations, des rendements, des productions, des stocks, convergent pour démontrer à l’envie que l’on va droit dans le mur si l’offre n’augmente pas de façon drastique dans les 10-20 ans qui viennent. Autrement dit il faut militer pour que les marchés soient davantage équitables et interdire les spéculations sur la nourriture, mais il faut aussi investir massivement dans la transformation des agricultures familiales au Sud. Nous français qui continuons de subventionner notre agriculture sous prétexte d’indépendance ou de suffisance alimentaire refuserions au Sud ce même droit ?
La demande c’est quoi ? Qui la formule ? Les pays du Sud ont BESOIN d’être auto-suffisants en alimentation. Le Nord doit cesser « d’aider » en y déversant ses surplus agricoles subventionnés pour aider au développement d’agricultures en équilibre avec les environnements locaux et les améliorations durables qu’on peut y apporter localement. Et, c’est vrai, tout cela ne marchera alors que si des marchés « sains » sont en place. Ce qui ne veut pas dire des échanges Nord-Sud exclusivement, mais aussi et surtout des marchés sains Sud-Sud, au niveau régional ou inter-régional, ce qui est trop loin d’être le cas aujourd’hui.
10:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale


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