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jeudi, 19 juin 2008

G8 au Japon en juillet : assez de promesses non tenues. De l’action !

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Texte de Mgr. Desmond Tutu, prix Nobel de la paix

« En collaborant, nous pourrions toujours être la génération qui fera de l’extrême pauvreté en Afrique une histoire ancienne

Le sommet de Gleneagles en 2005 avait marqué un tournant décisif pour tous ceux qui sont concernés par l’avenir de l’Afrique. C’est le moment où les leaders du G8 ont fini par reconnaître que les problèmes de l’Afrique nous concernaient tous; que l’avenir de ce continent nous intéressait tous ; et qu’il fallait un vrai partenariat afin que tout soit mis en œuvre pour façonner l’avenir. Le type de partenariat requis ne relève pas de ceux que nous avons l’habitude de voir. Il s’agit d’un partenariat bâti sur l’honnêteté face aux défis, sur une position réaliste concernant les solutions nécessaires et sur une responsabilité mutuelle en termes de suivi. Depuis la signature des Objectifs de Développement du Millénaire, il y a eu de nombreux rapports sur les défis. Des solutions ont fait leurs preuves - à une micro échelle, nous voyons se développer un faisceau de preuves sur ce qui marche ou ne marche pas et sur ce qui est possible – mais ceci doit encore être amplifié et c’est là où la question de la responsabilisation intervient. Sans elle, tout ce que nous avons fait jusqu’ici se résume à une histoire de rhétorique ambitieuse et d’intéressantes études de cas réussis, mais l’histoire générale reste la même.

Nous devons tous rendre des comptes et faire preuve d’honnêteté sur les engagements que nous avons pris et sur ce qu’il faut faire pour atteindre ces objectifs. Ce qui est de plus en plus évident quand on voit les partenaires dans le développement travailler de concert, c’est qu’ils peuvent donner les moyens aux citoyens africains d’assumer la tâche de responsabiliser leur gouvernement. Ils peuvent aider les ministres de l’Éducation africains et les ONG à nourrir et scolariser les enfants. Ils peuvent faire prodiguer des soins médicaux aux enfants qui en ont besoin et les sauver en leur administrant les médicaments nécessaires contre le sida ou en remettant des filets antimalaria aux mères et aux enfants auxquels ils seront le plus utiles. Pour chaque tragédie que représentent le Zimbabwe, le Soudan ou la République du Congo, il y a plus de deux fois plus d’histoires positives à raconter : le Mozambique, la Tanzanie, le Ghana, le Bénin ou le Mali.

Nous souhaitons assurer ce succès non pas par des subventions, mais par le travail, la persistance, la créativité et un vrai partenariat avec le monde développé. Nous ne sommes pas encore arrivés au but, mais nous pouvons y parvenir si l’Occident respecte les engagements qu’il a pris en grande pompe à Gleneagles, et si les chefs d’État africains tiennent aussi leurs promesses à l’égard de leurs citoyens.

Les intentions sont une chose, le suivi en est une autre, et je crains que la France, l’Allemagne et l’Italie ne respectent pas les engagements qu’ils ont assumés envers l’Afrique en 2005, parce que toute l’Europe sera alors en traîne. Le Président Sarkozy, la Chancelière Angela Merkel et le Premier Ministre Silvio Berlusconi doivent écouter davantage leurs citoyens à ce sujet, s’ils veulent prendre les bonnes décisions à la fois pour l’Europe et l’Afrique. Les associations privées dans ces nations et le monde entier doivent davantage se faire entendre.
En collaborant, nous pourrions toujours être la génération qui abolira l’extrême pauvreté en Afrique, à condition d’élaborer nos politiques à partir de données chiffrées sur ce qui marche et ne marche pas et de travailler à l’unisson. »

ARCHEVÊQUE DESMOND TUTU

Sur le site de l’ONG ONE de Bono

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