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vendredi, 16 mai 2008

Revue de presse hebdomadaire sur la crise alimentaire :

La bataille contre la faim des camerounais (Le Monde du 15.05)
Face à la valse des prix des denrées alimentaires, les camerounais n’ont d’autre choix que de travailler plus s’ils le peuvent, mais surtout de se serrer la ceinture et manger moins. La note positive est que le gouvernement annonce des mesures pour aider l’agriculture. En espérant que l’aide internationale ne vienne pas… les aider à reconsidérer ces promesses.

Jeffrey Sachs prône une aide massive pour relancer l’agriculture africaine (Le Monde du 15.05) Economiste du développement et directeur de L’Institut de la terre, J. Sachs lance l’idée d’un fonds mondial pour l’agriculture africaine. Pas de solution miracle innovante : il faut de l’argent, simplement, pour que les africains remettent un peu de fertilité dans leurs terres dégradées et accèdent à l’irrigation là où c’est possible, comme les asiatiques il y a 30 ou 40 ans. Il souligne, comme je l’ai fait ici plus tôt, que l’aide alimentaire constitue sans aucun doute « le système le plus nuisible pour le développement. », accusant au passage le président américain de se soucier davantage de satisfaire les exportations de ses céréaliers subventionnés plutôt que d’aider au développement de l’Afrique. Preuve que son « utopie » n’en est pas une, après la sécheresse de 2005, et rompant avec les préceptes des bailleurs de fonds, Banque mondiale en tête, poussant l'Etat à supprimer les subventions, notamment pour les engrais, le président du Malawi Bingu Wa Mutharika lançait un programme de 60 millions de dollars mettant à disposition des agriculteurs des sacs d'engrais à bas prix. Trois ans plus tard, les rendements ont triplé et le Malawi exporte des céréales dans la région.

L’ONU ne sait plus où donner de l’aide (Le Figaro du 15.05) L’article rapporte le pillage des rares livraisons du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU en Birmanie et revient sur la critique faite à l’aide, qui déstabilise les marchés locaux et rend les Etats dépendant, ce que conteste le directeur du programme à Genève, Daly Belgasmi. Question de fond : les pays riches se fatiguent de compenser les déficiences de gouvernements du Sud sans contrepartie, mais peut-on prendre la décision de laisser mourir des millions de personnes si ces gouvernements ne prennent aucune des mesures attendues ?