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lundi, 05 mai 2008
Crise alimentaire mondiale : les politiques sortent le sparadrap !
Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies dans Le Monde aujourd’hui :
« Lors d'une visite d'une école primaire en construction à Ouagadougou, j'ai raconté aux enfants les conditions dans lesquelles j'avais moi-même étudié : une école sans murs, où nous étions assis à même la terre. Je leur ai expliqué que j'avais moi aussi connu la faim dans mon enfance - nous avions tout juste de quoi nous nourrir, mes propres grands-parents et d'autres personnes âgées contraintes de fouiller dans les ordures pour trouver de la nourriture, les enfants en bas âge ayant à peine de quoi assurer leur croissance.
Je me suis souvenu de ces images lors de mon voyage en Afrique, et j'ai pensé à l'abondance des ressources que recèle ce continent, à la force et au courage de ses habitants. Si mon propre pays (la Corée du Sud) est parvenu à surmonter ses traumatismes pour devenir une puissance économique, l'Afrique en est tout aussi capable. La seule condition, c'est que nous l'y aidions. Nous pouvons commencer à le faire en prenant les mesures indispensables pour maîtriser la crise alimentaire. »
Le programme alimentaire mondial (PAM) aide ceux qui ont faim. Quelques uns en tout cas. Officiellement 73 millions de personne, alors qu’il y a un milliard de personnes, sur terre, qui sont considérées comme très pauvres et « à risque ». Quel risque ? De mourir de faim, dans leur coin, dans l’indifférence ? De devenir des terroristes ? Il faut avoir le ventre plein pour ça. La crise alimentaire, a dit le ministre burkinabé des affaires étrangères, constitue une menace bien plus dangereuse que celle du terrorisme, "elle conduit les gens à douter de leur propre dignité d'être humain". Le PAM reçoit des tas de promesses depuis quelques jours. Comme celle de Bush, pour « un milliard de dollars ». Mais dans les caisses aujourd’hui, il n’y a toujours que 11,5 millions d’euros.
Et après ? A Mexico City, pour que la pollution s'en aille, on espérait un grand coup de vent. Aujourd’hui, on prie seulement pour des moissons exceptionnelles en Ukraine ou ailleurs. Toujours le sparadrap façon Dionisio (voir ma note du 25 avril dernier). Quand va-t-on parler d’un investissement massif dans les infrastructures et les filières agricoles au Sud ? Dans la recherche pour le développement ? Dans l’aide aux ONG et autres associations qui travaillent au quotidien pour développer l’agriculture, la santé, l’éducation dans les zones rurales d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie ?
Et après ? Le développement, c’est ce à quoi tout le monde à droit. Et cela marche pour beaucoup. Dans la Corée du Sud de Monsieur Ban Ki-moon, en Chine, en Inde, au Brésil, ailleurs. Tout ce « petit » monde se met à consommer plus. Il faut plus de technologies, plus de voitures, de téléphones portables, plus de tout. Et tout cela se produit comment ? A coup de plus de pollution, plus de biodiversité et de ressources non renouvelables qui disparaissent, plus d’énergie. C’est d’abord l’alimentation. Puis ce sera l’eau qui deviendra un luxe. Puis l’air que nous respirons. La gouvernance mondiale de « la petite histoire du futur » de Jacques Attali, vous vous rappelez ? Est-il déjà trop tard ?
La barbe hirsute, vêtu d’un vieux boubou déchiré, une cloche à la main, il parcourt les rue en annonçant la fin du monde.
On avait cru que cela pourrait être plutôt comme ça :

Mais c’est bien plus cruel :

Moi, je ne fais que crier au feu. Criez avec moi, nombreux, et peut-être les décideurs se décideront-ils à bouger.
15:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, agriculture, faim, développement, aide internationale

