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vendredi, 07 décembre 2007
Le développement en Afrique ça craint (9/366)
Que mes lecteurs assidus – que je remercie – se rassurent, je ne vais pas continuer à annoncer des catastrophes sans solutions pendant 366 jours. Je me fatiguerai bien avant. Et il y a des raisons d’espérer… aussi. Mais pour qu’elles se concrétisent il faudra des leaders et des soutiens bien au-delà de ce qu’on voit aujourd’hui. Car si le présent est gris, les projections sur l’avenir annoncent encore pire. Si le changement climatique est le facteur aggravant dont on parle le plus aujourd’hui, les changements des prix agricoles suite aux spéculations sur les bioénergies auront un impact plus précoce et plus grave.
Tous les deux ans, le directeur de l’institut international de recherche sur les politiques agricoles (connu sous son acronyme anglais IFPRI) présente une synthèse sur « la situation alimentaire mondiale » (The world food situation). Selon le rapport présenté cette semaine à Pékin, quel que soit le scénario qui se concrétise l’expansion des bioénergies s’accompagnera d’une diminution des aliments disponibles pour les sociétés et des consommations en calories par jour qui seront en dessous des normes, la région la plus atteinte étant, encore une fois, l’Afrique sub-saharienne, où les disponibilités en calories pourraient chuter de 8% d’ici 2020, contre environ 5% en Amérique (ce qui y fera sans doute le plus grand bien) ou en Europe.
On n’en parle pas assez :
Depuis 2000, le prix du pétrole a triplé, celui du blé aussi.
Depuis 2000, le prix du riz et celui du maïs ont presque doublé.Que font les pauvres quand les prix des denrées essentielles augmentent ?
Ils changent leur alimentation et le plus souvent ils passent à consommer des denrées qui ont une valeur nutritionnelle inférieure et qui sont carencées en micronutriments essentiels.
Le développement en Afrique ça craint
13:44 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, recherche, développement
Commentaires
Les ressources dont nous disposons ne sont pas infinies. Le potentiel maximum de production d'aliments n'augmentera pas sans cesse, malgré les possibles améliorations des rendements, dans certains cas.
Cela étant, la situation de chacun des pays varie considérablement. La gouvernance mondiale de la gestion des ressources, qui finira par s'imposer, non par une administration planifiée de type soviétique, mais par la négociation de régles et par les arbitrages nécessaires, devra prendre en compte les particularités locales.
Ainsi, pour les agro-carburants. Je n'y suis pas opposé de manière universelle. Le Brésil, qui est un cas bien particulier, concilie l'augmentation de la production d'éthanol et la baisse des prix alimentaires. Au point, ironique retournement de l'histoire, qu'aujourd'hui 66% des jeunes de 18 à 24 ans présentent un surpoids qui, dans bien des cas, va se transformer en obésité.
Y a-t-il en Afrique des pays qui, comme le Brésil, sont capables de concilier développement de la production alimentaire et création d'une production d'agro-carburants ?
Ecrit par : Francis | vendredi, 07 décembre 2007
L'avenir est toujours un pari. Je crois qu'il faut parier sur les hommes. Du moins sur leurs potentialités. C'est une question de vision et de formation sinon d'éducation. Autrement, pas plus que vous, je ne vois de solutions.
Ecrit par : Patrick Yeu | samedi, 08 décembre 2007

