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dimanche, 02 décembre 2007
Le développement en Afrique ça craint (4/366)
Pressionnés par des disettes à répétition, les gouvernements parent au plus pressé.
Ils achètent des céréales subventionnées sur les marchés internationaux au lieu d’investir chez leurs agriculteurs.
Ceux-ci ne sont pas organisés, ils n’ont pas de voix politique.
Les prix des céréales, à la baisse depuis des décennies, augmentent brusquement suite aux spéculations autour des bioénergies et du prix du pétrole. Les agriculteurs pauvres pourraient en profiter si les politiques de leurs pays investissaient hors de la ville, dans l’irrigation, l’éducation, la santé, les infrastructures routières.
Mon collègue et ami Ablassé Ouedraogo écrivait récemment dans le journal Jeune Afrique que le continent manque de leaders. Il a sans doute raison. Si les bonnes décisions ne sont pas prises, ou ne s’appliquent pas, ce n’est ni la faute des agriculteurs, ni celle des marchés, ni celle des agronomes, mais bien celle de ceux qui sont aux commandes. Les présidents africains disent que l’agriculture est leur priorité et en-dessous d'eux ça ne suit pas ? Ou bien comme chez nous ils disent quelque chose et font tout le contraire ? 4% des investissements (voir la note d'hier) quand il faudrait être à plus de 10%... Comment l'Afrique pourra-t-elle s'en sortir?
Le développement en Afrique ça craint.
14:59 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, recherche, développement


Commentaires
Je ne suis pas certain que l'Afrique manque de leaders. Je crois surtout que ses leaders ne disposent pas des moyens de connaître la réalité des besoins des populations dont ils ont la charge. Cela vaut non seulement pour les pays en voie de développement mais aussi pour les pays développés. La question es t de savoir pourquoi.
Concernant les pays en voie de développement, une explication qui saute aux yeux c'est que les élites ayant été formées le plus souvent chez nous, ne comprennent et ne connaissent pas plus que nous les conditions locales de production qui permettraient au moins de formaliser les problèmes de façon à permettre l'émergence de solutions.
Faute de pertinence, les mesures sont condamnées à amplifier les problèmes. On vit une crise universelle de la pensée. Ce qui ne relève pas de la fatalité, bien au contraire.
Ecrit par : Patrick Yeu | jeudi, 06 décembre 2007
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