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mercredi, 20 juin 2007
coucou le revoilou, et il parle encore de biotechnologie
Un mois et demi sans note nouvelle sur ce blog, et il y a toujours autant de visiteurs chaque jour. C’est fou. Merci. Il faudrait que je m’y remette, mais pour qui a deux jobs (un seul salaire) le temps est vraiment court, et comme je ne suis pas encore décidé à prendre ma retraite cela ne va pas s’arranger.
L’une de mes principales sources d’information, comme ceux qui regardent ce blog depuis un moment le savent, c’est le réseau anglophone Science et développement (Science and Development Network). Montpellier accueille aujourd’hui et jusqu’à vendredi un atelier sur les biotechnologies végétales et animales en Afrique de l’ouest, co-organisé par les membres du CORAF(*) et les instituts de recherche pour le développement (Cirad et IRD). Profitant d’une pause, je viens d’aller faire un tour sur le Sci.Dev.Net et je vois que l’éditorial est précisément sur les biotechnologies en Afrique : « l’Afrique doit se doter de son propre programme sur les biotechnologies ». Et paf (pour ne pas dire m…), le sous-titre parle d’OGM et regardant plus bas, je vois qu’il n’est question que d’OGM dans l’article en question.
LES BIOTECHNOLOGIES NE SONT PAS LES OGM
LES OGM NE SONT PAS LES BIOTECHNOLOGIES
Les chercheurs sont muets ou personne ne les écoute jamais quoi qu’ils disent ?
Mes collègues africains, dans la séance d’ouverture de l’atelier ce matin, ont pris soin de rappeler que pour eux comme pour nous, parler de biotechnologies c’était parler de toutes autres choses que d’OGM. On en parlera, parce qu’ils ont besoin d’aide dans ce domaine AUSSI, mais on parlera beaucoup plus des outils de la biologie moléculaire qui permettent aujourd’hui d’espérer produire, par exemple, de nouvelles variétés mieux adaptées aux contraintes de l’environnement SANS QU’ELLES SOIENT OGM.
Au fait, dans les demandes formulées ce matin, nos collègues du Sud nous ont demandé de les aider à former leurs décideurs, leurs politiques, leurs journalistes. Je n’ai rien dit, mais j’ai pensé : « vous devriez vous adresser ailleurs, parce que nous, nous n’avons réussi à former personne. Ils continuent tous de dire n’importe quoi, quoi qu’on fasse ! »
Je ne suis pas favorable au OGM qui existent aujourd’hui dans le commerce (le seul maïs Bt autorisé chez nous, comme tous la plupart des autres existants ailleurs) parce qu’il apportent peu d’avantages réels aux utilisateurs, et beaucoup aux entreprises qui les vendent. Mais je suis favorable à la poursuite des recherches sur cette technologie, sachant combien il y a de problèmes graves dans les agricultures du monde qu’on ne sait toujours pas résoudre aujourd’hui avec nos techniques « conventionnelles ». Si un OGM apporte une solution durable à l’un de ces problèmes sera-t-il éthique de cracher dessus ? Si la technologie peut aboutir à un tel résultat, est-il éthique de cracher sur la technologie ? A chacun de répondre.
Mais comme les OGM sont aux biotechnologies ce que sa partie visible est à l’iceberg, il faudrait peut-être que les médias se décident un jour à parler d’autre chose…
(*) CORAF: Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole
19:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté, développement

