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jeudi, 03 mai 2007

actualité

J'étais, comme quelques autres, collé devant mon petit écran hier soir. La dame a parlé de la misère à Dakar, le monsieur a vite dévié vers le contrôle des sans papiers chez nous. Sur ce chapitre, j'ai préféré ce que disait la dame: pour que la solution soit durable, on doit soigner le mal à la racine, pas ses symptômes.

Mais droite au gauche, Ségolène ou Nicolas, je crois que personne ne s'intéresse vraiment à ce qui ne rapporte pas des voix à court terme. Il faut donner aux français ce qu'ils veulent entendre, maintien des avantages acquis ou ambitions pour l'avenir. Le développement au Sud importe peu. Aveuglement ou manque de vision.

J'ai quand même eu une bonne nouvelle aujourd'hui. Pour la Fondation Rockefeller, la priorité désormais est de comprendre comment agir pour que la recherche agricole ait un impact sur les plus pauvres. Enfin!

Rappels: près d'un habitant sur deux, soit près de 3 milliards de personnes, vit avec moins de 2 dollars (1,5 euros) par jour; les 3/4 des pauvres sont des ruraux qui dépendent de l'agriculture pour leur survie; toutes les solutions passent par le développement agricole; il faut produire plus mais il faut aussi produire des choses qui se vendent à un meilleur prix que les denrées de base, comme des fruits, des légumes, des fleurs, et ajouter de la valeur en transformant les produits bruts avant de les vendre. Tout cela est bien loin de l'élection de dimanche et des préoccupations des français. Mais si les pauvres du Sud ne gagnent pas un peu plus demain, notre monde va exploser et toutes les questions débattues ici seront bien dérisoires.

Combien de temps encore pourrons nous vivre dans ce monde inégalitaire où les inégalités augmentent chaque jour? On ne cesse de nous dire que nous vivons dans un monde de plus en plus globalisé, et c'est vrai.

Le pire a lieu chaque jour en Afrique. A notre porte.
Les solutions existent. Elles sont d'abord politiques.
A condition que les politiques s'y intéressent. Ils s'intéressent seulement aux urnes.
Au delà le vide, l'oubli, l'ennui.
Comme je ne crois pas qu'ils se réveilleront demain, la pauvreté continuera de s'étendre.
Les pauvres seront encore plus pauvres et plus nombreux.
Les gentils parmi eux seront gentils jusqu'à quand?
Les méchants auront de moins en moins de peine à recruter.
Et l'impuissance comme aujourd'hui en Irak ou au Darfour menera où?
Les murs aux frontières serviront à quoi?

On prépare un drôle d'avenir à nos enfants. Plus de loisirs sans doute, mais pour rester à la maison parce que voyager va devenir de plus en plus dangereux. Notre monde va devenir de plus en plus dangereux. Qui voit cela venir?

Je suis trop pessimiste?
Vous pensez que la pauvreté va disparaître toute seule?

Dépéchons-nous de faire la fête!

Commentaires

Les Français ont les politiques qu'ils méritent. Comme dans toutes les démocraties. Des voix s'élèvent pour leur parler de la réalité du monde, ils refusent d'écouter. Grand bien leur fasse...

Je quitterai ce monde sans regret.

Ecrit par : Francis | vendredi, 04 mai 2007

Bjr

je découvre tout juste votre blog et vos prises de position variées, parfois judicieuses, sur les PGM de maïs en France ou de coton en Inde, sur l'absence d'entreprises semencières en Afrique, sur les faucheurs volontaires, etc.
merci de vos prises de position !

je suis par contre un peu étonné de votre approche "convenue" de la pauvreté (2 US$ ..). Les remedes que vous proposez aux agriculteurs des pays du sud pour "gagner plus"(produire des fruits, des fleurs ...) me paraissent aussi étranges que "les heures sup".
Bien des pays asiatiques, sud américains voire sud africains saturent déjà ces créneaux au niveau des échanges internationaux qui éxigent une qualité sanitaire et commerciale sans failles...
Si, autre hypothèse, vous considérez les marchés urbains des pays du sud, leur approvisionnement en produits périssables ne pourrait provenir que de zones périurbaines, ce qui ne resoudrait sans doute pas les problèmes des zones rurales enclavées, sauf à mettre en oeuvre des infrastructures nouvelles si possible économes en énergie.

Je ne vois donc pas bien comment les organismes de recherche agricoles français et internationaux (et les chercheurs qui y travaillent) peuvent se mobiliser efficacement sans un cadre conceptuel plus large et plus élaboré.
Quelles sont vos propositions en la matière ?

merci d'avance de nous éclairer

Ecrit par : Jean Pascal | lundi, 07 mai 2007

Bonjour,

je suis trés intéressé par votre parcours, etant moi-même dans le domaine de la recherche, j'aimerais rentrer en contact avec vous. je ne trouve pas votre mail sur votre blog.
n'hésitez pas à me contacter a ce mail: a.elhamidi@gmail.com

Ecrit par : asmaa | mardi, 08 mai 2007