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dimanche, 15 avril 2007
Inde : les oubliés de la croissance
3. Le district de Bolangir, Etat de l’Orissa
Cette note, et les suivantes, s’inspirent du dossier d’un hebdomadaire indien, Outlook, dans son édition du 9 avril. Son titre, en première page : « oubliez les 9,2% de croissance, regardez seulement comment l’autre Inde survit »
Tout le monde en est convaincu – en tout cas tout le monde en Asie : le 21ème siècle appartiendra à l’Asie et tout particulièrement à l’Inde et à la Chine. La face la plus visible de l’iceberg indien chez nous : Mittal qui ose venir manger Arcelor. Mais ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.
Et puis à côté du brillant, du spectaculaire, des immenses chantiers de construction qu’on voit partout, il y a l’autre Inde, essentiellement rurale, 300 millions de personnes (un quart de la population indienne) qui vit avec moins de 10000 Rs par mois (10000 roupies = 178 euros). La plupart des experts estiment que le futur de l’Inde dépend de sa capacité à améliorer la vie de ces gens-là. Le gouvernement sortant, pour justifier son inaction, affirme que c’est la pauvreté des villes qui est la plus préoccupante et que c’est le développement urbain qui doit être prioritaire. Mais la pauvreté des villes est essentiellement faite de l’accumulation, dans ses bidonvilles, des pauvres ayant quitté leurs terres…
« La croissance sans équité est stérile, tout autant que l’équité sans croissance est stérile » (Jaipal Reddy, ministre indien de l’information)
Outlook prend parti et affirme que le futur de l’Inde dépend de la solution au problème de la pauvreté rurale, et le journal a donc décidé d’aller voir « cette autre Inde », pour voir comment elle survit, en choisissant le district de Bolangir, dans l’Etat de l’Orissa, sur la côte est de l’Inde.
Les résultats d’une enquête dans 20 villages du district de Bolangir (en oriya, langue locale) :
Pensez-vous que les programmes sociaux du gouvernement donnent de bons résultats ?
NON 63%, ils sont dominés par la corruption ; OUI 35%
Quand il y a une crise, comme la sécheresse, êtes-vous aidés par le gouvernement ?
NON 82% ; OUI 18%
Et qu’est-ce que le gouvernement devrait faire, pour améliorer vos conditions de vie ?
1. Développer un système de crédits moins chers: 47%
2. Apporter des aides à l’agriculture: 32%
3. Assurer l’emploi: 15%
4. Améliorer les infrastructures et les services de santé: 3%
Orissa, champion de la pauvreté, toutes catégories ?
17,8% des maisons ont l’électricité (67% dans le Madhya Pradesh) ; 21% des villages ont un accès aux soins et 26% à des médicaments ; 38% des habitants ont l’eau courante.
Tous les observateurs relèvent la mauvaise gouvernance, l’absence de volonté politique, la corruption comme causes de la dégradation des services gouvernementaux au cours de la décennie passée. La situation des pauvres de l’Orissa ne s’est pas améliorée, elle s’est dégradée. Les politiques se cachent derrière une loi sur le droit à l’information. Ils prétendent que les agriculteurs sont aujourd’hui citoyens, avec pouvoir de pression sur les gouvernements pour qu’ils travaillent dans leur sens. C’est sans doute la grande différence avec la Chine : ici, il y a plus de démocratie. Qui ose poser la question : et si ce n’était pas la toute première priorité pour les pauvres ?
17:44 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement, agriculture, Inde

