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samedi, 14 avril 2007
Inde : les oubliés de la croissance
La croissance de l'Inde fait rêver: 9,2% en 2006. Mais elle est vraiment loin de concerner toute la population. Au cours de mon voyage en Inde, les contrastes m'ont frappé. L'Uttar Pradesh est le premier producteur de céréales et de lait parmi les états de l'Inde. Mais partout on y voit le blé récolté à la faucille, par des femmes accroupies dans les champs, qui travaillent du matin au soir sous des températures ne frisant les 40° que si l'on est à l'ombre. Des femmes que j'ai vues aussi balayer les chemins ici ou ailleurs, avec un balai de paille de moins d'un mètre, pourquoi Diable si ce n'est que cela les oblige à se pencher en deux, comme une humiliation. L'Inde est coupée en deux, de plus en plus, entre l'Inde de la technologie et de l'industrie, qui n'est plus sous-développée, et l'Inde rurale, que les états délaissent. Les notes qui suivent sont une petite illustration, mélange des images de mon voyage et de notes de lecture des journaux locaux.
1. Pauvreté et santé ne font pas bon ménage
Uttar Pradesh (UP). Bien qu’une étude récente de la Banque Mondiale affirme que la pauvreté a reculé de manière significative dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, le fait que 59 millions de personnes vivent avec des revenus inférieurs à 366 roupies par mois (en zone rurale) ou 483 roupies en zone urbaine – la limite officielle de la pauvreté – a pourtant tout du cauchemar, selon le Sunday Times of India (New Delhi, édition du 8 avril 2007)
Tout ne va pas pour le mieux du côté des enfants…

D’autres indicateurs démontrent une qualité de vie misérable en UP, malgré des ressources naturelles abondantes. De tous les états de l’Inde, l’UP est l’un des pires pour les indicateurs de santé. Pour chaque millier de bébés qui naissent dans cet état, 73 meurent dans les jours qui suivent la naissance. 85% des enfants entre 6 et 35 mois souffrent d’anémie. Si tous ces paramètres traduisent une pauvreté endémique, ils vont de parallèle avec l’absence d’attention accordée à la santé par les autorités. Seulement 23% des enfants de moins de deux ans ont reçu tous les vaccins que les enfants du même âge nés ailleurs reçoivent normalement. Et contrairement à ce qu’annonce la Banque Mondiale, la situation ne va pas en s’améliorant pour tous les indicateurs puisque si la mortalité a baissé de 89 à 73/1000 au cours des 8 dernières années, le pourcentage d’enfants anémiés en UP était de 74% en 1999.
…ni du côté des femmes

L’UP a l’un des taux de fécondité les plus élevés de l’Inde puisqu’en moyenne chaque femme donne naissance à 5 enfants au cours de sa vie (contre 3 pour la moyenne nationale). Les femmes enceintes ne reçoivent pas les soins nécessaires, seulement ¼ d’entre elles ayant une visite prénatale avec un personnel formé pour cela. Le pourcentage de femmes enceintes recevant une supplémentation en fer et acide folique (IFA) pendant 3 mois durant leur grossesse est de 10% contre 22% au niveau national. La mortalité à l’accouchement atteint 707 (pour 100.000) contre 407 en moyenne en Inde.
Le budget santé de l’Etat n’a jamais dépassé 5,7% au cours de la décennie passée. Par habitant, cela représente 150 Rs par habitant (pour 304 au niveau national). Cela laisse la santé aux mains d’un secteur privé peu compétent et surtout beaucoup trop cher. Ceci explique qu’une étude de la Banque Mondiale révèle que 45% des habitants de l’UP ont recours aux médecines traditionnelles et aux charlatans. Seulement 10% ont accès aux soins publics, 40% consultent des docteurs privés.

L’accès à la santé qui se détériore est l’un des symptômes d’une exclusion économique et d’un secteur social attardé. De mauvaises conditions de vie ont un impact direct sur la santé. Par exemple 56,5% des maisons n’ont accès qu’à des égouts ouverts, 30% n’ont rien du tout. 65% des maisons n’ont pas l’électricité et beaucoup de ceux qui l’ont ne l’ont que quelques heures par jour.
Les habitants continuent de travailler pour donner un meilleur futur à leur enfants. L’alphabétisme est passé de 50 à 61% en six ans, et les inscriptions à l’école primaire ne cessent d’augmenter. Ce qui est nécessaire maintenant c’est une nouvelle direction de l’économie dans le gouvernement de l’Etat et un gouvernement qui se préoccupe vraiment de cette situation, mais pas qui fasse semblant comme cela a été le cas au cours des décennies passées. Les élections arrivent et donc on promet beaucoup...
12:05 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Ce sont des choses ou il faut réflèchir effectivement moi en tout cas je trouve cela bien pensé...
Ecrit par : Camelot | samedi, 14 avril 2007
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