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mercredi, 21 mars 2007
Je vous abandonne?
Chers amis lecteurs,
Heureux le bloggeur retraité, qui peut prendre chaque jour le temps de vous pondre deux ou trois billets d'humeur ou d'humour. Rattrappé par deux métiers que je mène en parallèle, je suis obligé de vous abandonner quelque peu. Je m'absente ce dimanche, pour 3 semaines en Inde, et vous promets quelques photos... et quelques notes à mon retour.
Promis, promis!
11:53 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 07 mars 2007
OGM sans danger: LA FRANCE DESINFORMEE
Le réseau SciDev.Net a publié la nouvelle le 16 février dernier. Cela fera trois semaines ce vendredi. Et AUCUN JOURNAL FRANCAIS, AUCUNE TELEVISION ne s'en est encore aperçu. Personne n'a encore vu, voulu voir et/ou compris que l'article publié par les chercheurs chinois et américains dans le numéro de mars du Plant Biotechnology Journal révolutionnait totalement le débat sur les OGM. On peut discuter des qualités et des défauts des OGM existant aujourd'hui. Les OGM de demain, par contre, seront totalement garantis sans danger, que ce soit pour l'environnement ou pour la santé, puisque ni leur pollen ni leurs grains ne contiendront plus le transgène. Cette nouvelle devrait avoir fait la une des journaux. Personne n'est au courant. Pas même les scientifiques que j'ai cotoyé hier au salon de l'agriculture. On continue de parler des OGM comme s'il ne s'était rien passé. Je vous parie que si l'article avait conclu que les OGM sont nocifs pour la santé il aurait été déjà abondamment relayé dans tous nos medias!
VOILA COMMENT LES FRANCAIS SONT INFORMES SUR LES AVANCEES DE LA RECHERCHE !
14:00 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Nature/Environnement , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : OGM, Inde, coton, agriculture
vendredi, 02 mars 2007
L'Inde soutient sa recherche agricole
L'Inde annonce une augmentation de 21% de son budget pour la recherche en 2007–08.
Présentant son budget au parlement le 28 février, le ministre des finances indien, Palaniappan Chidambaram, a fléché 5 milliards de dollars pour des projets dans trois secteurs clés: l'agriculture, la santé et l'éducation primaire.
Il a annoncé qu'une partie des taxes sur les produits vendus dans le pays serait réutilisée pour les bioénergies et le traitement de l'eau. Il y aura aussi des incitations pour des projets en biotechnologie, dans les technologies de l'information, les nanotechnologies, la recherche et la diffusion des semences de variétés améliorées, etc.
Chidambaram destine environ 22 millions pour la création de deux centres d'excellence dans deux des principales universités de recherches agronomiques indiennes — l'Université d'Agriculture et de Technologie de Govind Ballab Pant à Pantnagar dans le nord de l'Inde et l'Université d'Agriculture de Tamil Nadu à Coimbatore dans le sud du pays. De futurs partenaires pour le centre d'excellence sur l'agronomie de Montpellier?
15:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté, développement
La recherche française pour le développement
Le mensuel La Recherche de mars 2007 comporte un encart intitulé Recherche pour le développement, UN ENJEU MONDIAL. La Recherche n’est pas un journal que tout le monde arrive à lire dans le métro, et l’encart n’échappe pas à cette règle. Dommage, parce que, comme le rappelait Sylvestre Huet dans son article «L’agronomie française tente un croisement décrié» (Libération du 20 février), le sujet mériterait un débat national. A condition que tout le monde puisse comprendre les enjeux, parce qu’ils sont exprimés simplement et clairement. On n'y est pas encore.
Surtout, et comme toujours dans une synthèse de ce genre, on a du inviter des gens d’un peu partout pour rester dans le politiquement (traduisez: institutionnellement) correct, même parmi ceux qui n’ont rien à voir avec le sujet et ne s’y intéressent que comme moyen de faire parler d’eux (je ne cite personne, mais si vous êtes convaincus que la physique des particules est une priorité pour les pauvres au sud du Sahara c’est que vous devriez passer plus de temps à fréquenter ce blog… entre autres)
Etant moi-même président d’un centre de recherche international, je regrette aussi que l’on ne parle des centres internationaux de recherche que pour citer l’ICIPE à Nairobi ou l’ICTP en Italie (encore la physique théorique !), qui ne font, ni l’un ni l’autre, partie du système des centres internationaux de recherche pour le développement connu sous l’acronyme GCRAI (voir mes notes sur ce sujet).
Jean-Pascal Pichot, Catherine Aubertin, Bernard Hubert signent des articles soulignant le besoin d’une « autre » recherche, pluridisciplinaire, pluri-partenariats, à l’écoute des réalités locales, etc. Suivent des exemples, intéressants, de grands thèmes étudiés, liés au climat, à la gestion de l’eau, à la biodiversité, aux maladies tropicales, à l’agroalimentaire, aux bioénergies notamment.
Rien de bien nouveau. Rien de bien excitant pour nos lecteurs et partenaires du Sud. Rien de bien excitant non plus pour les lecteurs français, je le crains.
Nous sommes face à deux défis énormes : la pauvreté et la faim. Nous sommes face au constat d’un échec : les recherches menées jusqu’ici n’ont pas servi aux pauvres. Nous avons signé, comme tous les autres pays, en bas des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Des objectifs qui seront plus ou moins atteints partout, sauf en Afrique. Rien de tout cela n’est mentionné, où alors il faut le chercher entre les lignes. Mais c’est cela qui est important. Quelle nouvelle recherche construit-on pour y répondre? Avec qui?
Oui, il faut faire de la recherche autrement. Mais surtout, il faut passer du discours aux actes. Et ce n’est certainement pas du mariage entre un énorme institut de recherche agronomique hexagonal, sans intérêt ni compétence pour s’attaquer à la pauvreté en Afrique, et un institut spécialisé en pleine réforme et en plein doute, que naîtra le nouvel élan, le nouveau recentrage sur les priorités, les besoins, les attentes des pays et des gens du Sud. Il y avait mieux à faire. Le gouvernement a fait le mauvais choix.
Et au-delà de nos éternels problèmes structurels, qui passent hélas toujours avant le fond, notre recherche française pour le développement va-t-elle enfin s’attaquer à la pauvreté ? Comment ? Je n’ai pas trouvé la réponse à mes questions.
(comme toujours, les opinions exprimés dans ce blog n’engagent que leur auteur, et ne sont, en aucune manière le reflet d’une opinion institutionnelle quelconque)
14:53 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté, développement

