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mercredi, 21 février 2007
OGM 100% sans risque: le grand silence
Plant Biotechnology Journal
Vol. 5 Issue 2 Page 263 March 2007
'GM-gene-deletor': fused loxP-FRT recognition sequences dramatically improve the efficiency of FLP or CRE recombinase on transgene excision from pollen and seed of tobacco plants
Keming Luo, Hui Duan, Degang Zhao, Xuelian Zheng, Wei Deng, Yongqin Chen, C. Neal Stewart Jr, Richard McAvoy, Xiangning Jiang, Yanhong Wu, Aigong He, Yan Pei, Yi Li
L’article a maintenant été publié depuis plusieurs jours. Il constitue une véritable révolution dans le monde des OGM. Certainement LA nouvelle de l’année sinon de ces dernières vingt années, depuis que le premier OGM a été produit. Pourtant, aucun journal, aucun media français ne s’en est encore fait l’écho.
La technologie mise au point par l’équipe chino-américaine permet d’éliminer le gène introduit (le transgène) avant la floraison de la plante. Il n’y a donc plus aucune possibilité de transmission de ce gène ajouté, ni dans le pollen, ni dans les semences. Et donc plus aucune possibilité de pollution environnementale ou de risque pour la santé. Des OGM 100% sans risque !
Bien des vérifications restent bien sûr encore à faire, comme dans toute recherche, notamment être sûr que l’expérience réalisée sur le tabac marche aussi chez les autres espèces, avec de plus grandes descendances, etc. mais rien n’étant vraiment spécifique dans le protocole, on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi.
Silence total. Au secours !

15:03 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Economie , Nature/Environnement , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche
mardi, 20 février 2007
Il est où et pour qui, ce micro-crédit dont tout le monde parle ? Pas pour les femmes de mon village
par Patrice Pa’ah (Cameroun)
Au village nous voyons les choses simplement, mais on est toujours incompris de tous les interlocuteurs qui sortent de la ville avec parfois beaucoup de facilités d'actions. En fin de compte nous nous résignons sur le fait que nous sommes dans un marché de dupes.
Les problèmes de l'agriculture dans ma zone sont d’ordre divers:
- d'abord, ouvrir la forêt dense avec la machette et la hache afin de cultiver sur une parcelle d'un hectare avec la seule force humaine est quelque chose d'extra ordinaire ;
- ensuite avoir une semence de bonne qualité et en quantité qui puisse garantir les récoltes appréciables relève d'un parcours de combattant ;
- Enfin avoir un petit financement d'un minimum de 300 dollars au village pour réaliser la moitié de tous ces travaux afin de pouvoir prétendre à une sécurité alimentaire stable relève simplement du rêve.
Tout le système de production agricole rurale en zone forestière au Cameroun est bloqué à ce niveau. On pense que la pauvre femme villageoise n'est pas un acteur économique et que si on lui prête 300 dollars pour faire son champ d'un hectare elle va disparaître dans la nature. Conséquence : les Ndjiem (Bantou) et les Baka (Pygméees) de ma zone vivent tous dans une précarité extrême et indescriptible. Quel respect et quel honneur quand tu ne peux pas assurer la ration alimentaire journalière à ta famille ! Quel paradoxe quand tu es entouré des richesses naturelles abondantes et que tu sois le plus misérable de la planète.
- Ouvrez Internet pour voir l'étude (publiée en anglais) que j'ai réalisée pour la CAFT dans le cadre de l'entreprenariat communautaire en milieu forestier. Dans ce document il y a quelques idées émises pour apporter certaines solutions possibles dans ce système de production bloqué. Je rectifie que la CAFT (Coopérative Agro forestière de la Trinationale) gère environ 18.000 Ha et non 18 ha. Dans le projet de la CAFT il faut valoriser certaines ressources naturelles pour financer le développement local. Cela est possible à une condition, à savoir il faut injecter un peu de fonds pour l'investissement de départ. Qu'est qu'on peut faire de grand et de durable sans un certain capital de départ ? Au Cameroun il n'y a aucune Banque qui finance la création d'entreprise communautaire en milieu rural. L'option c'est de se retourner vers les donateurs ou bailleurs des fonds qui peuvent se pencher sur certains cas. En attendant la valorisation de nos ressources naturelles pour avoir les sources de financement local, on recherche simultanément les partenaires et les potentiels bailleurs de fonds.
16:47 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Economie , Nature/Environnement , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, développement
Recherche : un mariage sans amour ni raison ?
Sous le titre « l’agronomie française tente un croisement décrié », Sylvestre Huet, journaliste de Libération, met (enfin) le doigt sur un des sujets amplement débattu ici : le besoin d’une recherche forte au service des populations pauvres du Sud. Et très justement, comme je l’ai déjà fait sur ce blog, il se fait l’écho des inquiétudes légitimes de ceux qui travaillent et militent pour cette recherche face au mariage forcé entre le géant INRA – qui affiche clairement son total manque d’intérêt pour l’agriculture de l’Afrique sub-saharienne – et le très spécialisé Cirad qui cherche, et depuis longtemps, à la fois à contribuer à l’amélioration des grandes cultures tropicales et à contribuer à répondre au premier des Objectifs du Millénaire pour le Développement : la réduction de la pauvreté.
Les chercheurs du Cirad ont toutes raisons d’être inquiets. Chez tous nos voisins, quand il y a eu fusion entre des instituts tropicaux et des instituts de biologie avancée (life sciences), la spécialisation tropicale est très vite passée dans l’arrière boutique quand ce n’était pas aux oubliettes. Avec une excellente raison pour cela, qui s’appelle l’évaluation des hommes et des équipes. Si l’évaluation est unique, la même pour tous, il vaut mieux travailler sur la génétique des levures que sur la génétique des arbres fruitiers tropicaux. Dans le premier cas on aura plusieurs publications possibles par an, dans le second les premiers résultats publiables attendront quelques années.
La France est le dernier pays qui a un gros « appareil » de recherche pour le Sud. Au Cirad, très porté sur la recherche agricole au sens large, s’ajoute l’IRD dont le champ est plus diversifié, incluant notamment la santé (le SIDA, les maladies émergentes, etc.), les sociétés (les migrations, les politiques de développement, etc.), et dont la nature de la recherche est souvent un peu plus fondamentale. Les deux organismes sont, de toute évidence, infiniment plus complémentaires que ne le sont l’INRA et le Cirad. Pourquoi donc avoir choisi de marier l’INRA et le Cirad plutôt que le Cirad et l’IRD ?
Sylvestre Huet conclut son article sur le besoin d’un débat sur la coopération agronomique internationale. Je ne peux que soutenir cette idée. Le Sud a besoin d’une recherche agronomique spécifique parce que le Sud ne cultive pas la même chose que nous, ne cultive pas comme nous, et ne bénéficie pas comme nous d’un accès au marché biaisé par les subventions agricoles. Pour faire court, la recherche d’un INRA a peu de chance de servir aux agriculteurs du Mali, celle du Cirad et de l’IRD si. Et fusionner de « petits » instituts spécialisés avec un mastodonte dont la mission est toute hexagonale ne peut que conduire à la disparition plus ou moins rapide de celui qui s’est fait manger et/ou de sa spécificité. C’est l’histoire de toute fusion et on ne voit pas pourquoi on devrait croire que celle-ci se conclura de façon différente.
L’INRA d’aujourd’hui a une PDG très « dynamique » qui jouit à l’évidence d’un grand soutien politique. C’est sans doute tant mieux pour le personnel de l’INRA, mais les citoyens sont légitimement en droit de se demander si le maintien d’un institut public de recherche agronomique de 8.000 employés est encore justifié quand cette agriculture ne représente plus qu’une infime partie de notre économie, ne survit que grâce à des subventions européennes en diminution sinon en voie d’extinction… et quand le secteur privé est omniprésent, qui pourvoit apparemment à tous les besoins des agriculteurs. L’ouverture de l’INRA à l’international, à marche forcée, vers des pays comme les Brésil, Inde et autre Chine, qui sont en passe de devenir les premiers concurrents de notre agriculture nationale, mériterait elle aussi débat. Peut-être davantage que la fusion entre deux organismes qui ont des missions bien différentes.
La politique, comme le cœur, a ses raisons que la raison ne connaît pas.
12:01 Publié dans Actualités , Politique , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté, développement
lundi, 19 février 2007
OGM: le grand tournant
J’ai trouvé la nouvelle sur le réseau SciDev.Net, avec une note mise en ligne vendredi dernier et intitulée : l’outil du « gène coupeur » pourrait conduire à des variétés OGM plus sûres.
Un des gros arguments des anti-OGM est lié au fait que les plantes peuvent échanger des gènes via le pollen et la fécondation, et que par exemple un pied de maïs OGM peut envoyer son pollen sur un pied de maïs non-OGM et le « polluer ». De même, les semences ramassées sur les pieds de maïs OGM peuvent, par accident, se mélanger à des semences non-OGM, et des produits labellisés non-OGM peuvent se retrouver « pollués », ou des sacs de semences vendues pour non-OGM contenir quelques semences qui sont OGM. Bref, les gènes peuvent circuler, y compris les « vilains » gènes que Bové et vous ne voulez pas dans votre assiette. Et il va devenir de plus en plus difficile de garantir une filière 100% non-OGM pour des plantes comme le maïs le soja ou autre coton.
Ce sera bientôt sans importance. Le risque de pollution par les OGM va disparaître totalement grâce à un travail réalisé par des chercheurs chinois et américains et publié fin janvier 2007 dans le Plant Biotechnology Journal (voir ci-dessous pour accéder à l’article intégral, en anglais).
L’idée, c’était de trouver le moyen d’éliminer le gène étranger introduit dans la plante une fois qu’il a rendu le service attendu – par exemple protéger la plante des insectes foreurs de tige pendant sa croissance – et donc de faire en sorte que ni le pollen, ni les semences produites par cette plante OGM ne contiennent plus le gène OGM. C’est fait. Et vérifié, pour l’instant sur un nombre encore limité de descendances : 21 plantes OGM et 25.000 descendants de chacune d’elles. Mais à chaque fois avec une excision qui marche à 100%. Alors bien sûr il faut continuer, vérifier que l’expérience réalisée sur le tabac marche aussi chez les autres espèces, avec de plus grandes descendances, etc. mais rien n’étant vraiment spécifique dans le protocole, on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi.
Plus précisément, le gène étranger est introduit, petit morceau d’ADN qu’on ajoute à l’ADN de la plante cultivée, mais avec ce qu’on pourrait appeler un « point de faiblesse » de chaque côté, de petites séquences qu’un autre gène, que j’appelle le « gène coupeur » saura reconnaître et casser au bon moment, et en tous cas avant la reproduction de la plante.
C’est donc une énorme avancée scientifique pour les semenciers et les agriculteurs. Le gène introduit ne peut plus polluer puisqu’il est éliminé avant toute propagation (pollen ou semence) ou toute consommation.
Le seul argument de poids qui restera aux anti-OGM absolus sera celui du monopole des semenciers et de la dépendance des agriculteurs vis-à-vis d’un petit nombre de fournisseurs. Pour combien de temps cet argument tiendra-t-il ? Produire un OGM est tellement simple qu’on trouve des américains pour s’amuser à en produire dans leur garage. Tous les semenciers du monde s’y mettront si les risques pour la santé et/ou l’environnement n’existent plus, le gène étant systématiquement excisé après avoir joué son rôle et ne passant donc plus dans aucun grain de pollen ou semence.
Une révolution. Comme chaque grande avancée scientifique, il faut maintenant attendre que la chose soit vérifiée encore et encore, et qu’elle soit ensuite appliquée dans l’industrie semencière. Sur ce dernier point, je fais le pari que cela va aller très vite.
L'article intégral (en anglais):
Keming Luo, Hui Duan, Degang Zhao, Xuelian Zheng, Wei Deng, Yongqin Chen, C. Neal Stewart Jr, Richard McAvoy, Xiangning Jiang, Yanhong Wu, Aigong He, Yan Pei, Yi Li, 2007.
'GM-gene-deletor': fused loxP-FRT recognition sequences dramatically improve the efficiency of FLP or CRE recombinase on transgene excision from pollen and seed of tobacco plants.
Plant Biotechnology Journal (OnlineEarly Articles).
14:39 Publié dans Actualités , Economie , Nature/Environnement , Politique , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, recherche
Pour lutter contre la pauvreté, il faut investir dans la recherche, déclare le président de la Banque Mondiale
Extrait d'une note du réseau SciDev.Net
Le président de la banque Mondiale encourage vivement les pays en développement à reconnaître l’importance de la science et de la technologie pour réduire la pauvreté.
Lors d’une réunion à Washington jeudi dernier (15 février), Paul Wolfowitz a reconnu que les pays en développement doivent faire face à des contraintes dans leur budget public qui sont telles que, pour certains au moins, la recherche ne semble pas être une priorité aussi importante que l’éducation ou la santé.
Il a ajouté, « les ressources que les pays pauvres consacrent à la recherche ne peuvent être égales à zéro. Ils se condamneraient alors au recul. » Plus de 300 ministres et responsables de la recherche, des représentants du secteur privé et d’organisations non gouvernementales étaient réunis pour discuter du rôle de la recherche, de la technologie et de l’innovation pour une réduction de la pauvreté et un développement durable.
Wolfowitz a relevé qu’il n’y avait aucune mention explicite de la recherche dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement, sans doute parce que certains considèrent la recherche comme un luxe.
Et pourtant, a-t-il dit, « Si vous voulez vous attaquer à la pauvreté, recherche, technologie et innovation doivent faire partie du paysage. »
Sur ce blog on ne dit pas autre chose. Et les gouvernements du Nord, comme le nôtre, qui font de beaux discours sur la réduction de la pauvreté, devraient mettre leurs actes en accord avec leurs paroles, en encourageant plus fortement la recherche pour le développement, chez nous mais surtout chez nos partenaires.
10:04 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté
vendredi, 16 février 2007
Le dernier des faucheurs volontaires
Septembre 2007. C’est la rentrée. Pour les enfants à l’école. Pour José Bové derrière les portes du pénitencier (qui se sont refermééééées). Avec lui les 168 faucheurs volontaires de l’été, tous fichés aux RG – quel scandale ! - ont la gueule de bois. Ils ont bien réussi à faucher quelques 6,24 hectares en une douzaine d’opérations coup de poing, mais il aurait fallu recruter beaucoup, beaucoup de bras en plus. Malheureusement leurs rangs iraient plutôt s’éclaircissant, comme peau de chagrin. Le fait que les agriculteurs du Sud-Ouest aient cultivé 32.000 hectares de maïs Bt pendant l’été (contre environ 5.000 l’année précédente) a rendu leur combat de moins en moins populaire et de plus en plus difficile. Les agriculteurs et les forces de l’ordre ont en effet considérablement amélioré leur service de renseignement et les faucheurs ont essuyé de nombreux échecs sur le terrain. Surtout, les agriculteurs ont mené une importante campagne pour mieux informer le public : semences plus chères de 23 euros à l’hectare, certes, et donc bénéfice pour les « vilains » semenciers, mais beaucoup moins de pesticides dans l’environnement et, à la fin, un gain de 200 euros à l’hectare pour l’agriculteur. Tout le monde sait compter : avec les hectares cultivés en maïs OGM pendant l’été 2007, les agriculteurs du Sud-Ouest ont augmenté leurs revenus de plus de 6 millions d’euros cette année. 6 millions, un chiffre qui fait sans doute rêver Mr. Bové derrière ses barreaux, lui qui n’a pas réussi à réunir 600.000 voix sur son nom au premier tour de l’élection présidentielle du printemps. Il se console sans doute en pensant qu’à sa sortie, qui sera anticipée pour bonne conduite – la prison étant sans doute le seul endroit où sa conduite, depuis longtemps, mérite ce qualificatif – il y aura bien encore une ou deux caméras et trois ou quatre micros devant lesquels il pourra exposer les grandes lignes de son prochain combat : il a décidé de s’associer à Brigitte Bardot pour dénoncer la reprise de la chasse au sanglier une semaine avant l’ouverture générale.
(les chiffres indiqués dans ce billet d’humour sont tirés de l’article de Laetitia Clavreul, paru dans Le Monde du vendredi 16 février)
15:45 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Débat/Forum , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM
un livre intéressant (suite et fin)
L’agriculture de demain
Pierre Rainelli (ed. le félin, 2007)
Notes de lecture (3)
« Depuis Malthus (1766-1834), les économistes ont beaucoup glosé sur les rapports entre croissance démographique et disponibilité en ressources alimentaires » (p.59)
Oui, et cette fois on a toute raison de prévoir le pire. Quelques chiffres encore :
L’augmentation des productions céréalières en Afrique depuis 1990 se doit, pour 90%, à l’augmentation des surfaces cultivées ;
85% des sols ont perdu 30kg/an/an d’éléments fertilisants et 40% ont perdu plus de 60kg sur la période 2002-2004 ; on estime qu’il y a aujourd’hui en Afrique 500 millions ha sévèrement dégradés ;
La population augmente de 50% d’ici 2050 ; la population africaine va plus que doubler, à 1,9 milliard, pour représenter 21,3% de la population mondiale, contre 14% en 2005 ;
Selon les études du démographe Philippe Collomb, il faudra multiplier la production agricole en Afrique par 3,8 pour répondre à ces besoins ;
Et alors, monsieur Rainelli ? Toutes les terres propices à l’agriculture étant exploitées, les terrains perdant leur fertilité, l’irrigation et les engrais étant hors de prix, l’augmentation nécessaire des productions demain en Afrique se fera comment ? L’agriculture de demain en Afrique, ce sera quoi ? Comment ?
Il n’y aura aucune solution sans un investissement massif dans la formation et la recherche agricole tropicale. Et il faudra beaucoup plus que les seuls OGM évoqués par l’auteur pour répondre au défi.
10:03 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, PAC, développement, Afrique
mercredi, 14 février 2007
un livre intéressant (suite)
L’agriculture de demain
Pierre Rainelli (ed. le félin, 2007)
Notes de lecture (2)
Oui il faut se soucier des pauvres de la planète. Désaccord cependant sur les chiffres : un sixième de la population (p.16) ou 2,8 milliards sur 6,5 ? Qui est « pauvre » ? 16 ou 43% des habitants de la planète, ce n’est tout de même pas la même chose. Encore une fois, limiter cette notion à un nombre (et au dollar) est par trop réducteur. Un nombre qui ne croît pas partout en tout cas, contrairement à ce que dit l’auteur (p.19), mais seulement en Afrique sub-saharienne, nos voisins du Sud. A qui on fait de grands sourires aujourd’hui, sans apporter de solution.
L’effet des subventions : « Les prix constatés [des denrées vendues par le Nord sur le marché international (p.30)] sont en général inférieurs au coût réel de production, ce qui conduit à une forme de dumping par rapport aux agriculteurs des nations défavorisées .» Oxfam ne dit pas autre chose.
« [Aux Etats-Unis] la valeur des exportations agricoles est passée de 40 milliards de dollars en 1990 à 65 milliards aujourd’hui. Le secteur dépend deux fois plus des marchés extérieurs que l’ensemble de l’économie. » D’où l’agressivité des américains à convaincre les pays africains que les OGM sont bons pour eux : ils veulent seulement s’assurer un marché pour écouler leurs surplus.
Dans les années d’après-guerre en Europe, l’agriculture représentait 1/3 des emplois et 20% du PIB ;
Aujourd’hui, c’est 5% des emplois (en raison de l’élargissement de l’UE) et 1,6% du PIB. Il n’est pas temps de penser « une autre agriculture » au lieu de vouloir conserver à tout prix le vieux modèle à grands coups de subventions ? Je sais que je me répète, mais la viande de bœuf brésilienne issue du pré est en moyenne d’une qualité largement supérieure à la viande de chez nous issue de batterie. Iconoclaste ? Sans doute. Il faut sortir du déséquilibre actuel ; trouver un équilibre entre traditions et justice/solidarité internationale. Et mieux informer le public. La soi-disant qualité de notre alimentation hexagonale est un mythe soigneusement entretenu entre nos frontières ; le mythe sert d’œillères, il protège nos agriculteurs mais il coûte très très cher à chacun de nous, consommateurs.
16:13 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, PAC, développement, Afrique
Un village qui vit de sa forêt
de Patrice Paah, au Cameroun
C'est un plaisir renouvelé de vous savoir à l'autre bout du net.
Ancien fonctionaire du Ministère de l'Agriculture j'ai démissionné après 9 ans de service à cause du manque de visibilité dans la fonction publique dans les activités supposées être menées. Je suis dans mon village depuis 1997. J'ai d'abord créé une ONG dirigée par mon épouse ensuite j'ai créé une coopérative agro forestière qui gère une superficie de 18 ha de forêt.
Je suis devenu consultant en foresterie car je suis né dans la forêt et je la connait par coeur pour avoir réalisé toute les activites forestières traditionnelles de notre village. J'anime le processus de la mise en place de la Forêt Modele de Dja et Mpomo (FOMOD).
Je suis aussi le point focal de l'Alliance Globale de la Foresterie Communautaire en Afrique.
Mon challenge présentement c'est de développer la foresterie communautaire dans ma zone afin de trouver les sources de financement direct pour améliorer l'agriculture, l'apiculture et la pisciculture et transformer un certain nombre des produits sur place afin d'améliorer leur valeur. C'est mon approche pour contribuer à la réduction de la pauvreté dans mon village. Grâce à vos soutiens multiformes, je serai tres ravi si autour de vous quelqu'un peut s'intéresser à mon combat en s'associant à la mise en oeuvre des forêts communautaires en respectant la règlementation en vigueur au Cameroun.
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La question du bloggeur: Quelles sont tes attentes, Patrice? Comment peut-on t'aider?
11:48 Publié dans Associations , Coup de coeur/Coup de griffe , Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, développement
mardi, 13 février 2007
... et un article qui m'afflige
Kokopelli se trompe de combat. En essayant de rallier les anti-OGM à sa cause, l'association fait un amalgame désastreux. La cause de la diversité est une belle cause, et le procès contre Kokopelli n'honore pas les professionnels qui le mènent. Mais y méler le combat des anti-OGM, c'est faire preuve d'un opportuniste malsain en même temps que d'un manque de clairvoyance.
La seule chose indubitablement condamnable aujourd'hui dans les OGM, c'est le monopole industriel qui y est associé et oblige les agriculteurs à acheter leurs semences trop cher chez une poignée de grosses firmes qui favorisent la monoculture et se fichent de la diversité. Mais s'associer à ceux qui condamnent les OGM en bloc, sans tenir compte des innombrables problèmes insolubles aujourd'hui qui pourraient être résolus demain (résistance à la sécheresse, production de molécules thérapeutiques par exemple), cela fait de l'ombre au combat légitime pour la conservation de la diversité des variétés traditionnelles. OGM et diversité ne sont pas incompatibles, si on ne laisse pas à Monsanto seul le soin de s'en occuper.
Empêcher la recherche publique française de travailler sur les OGM, c'est laisser le champ libre à la recherche privée et à tous ses excès. Si c'est ce que Kokopelli soutient, moi je ne les soutiens plus.
22:21 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : OGM

