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lundi, 29 janvier 2007
interlude
Désolé, mais je vais être obligé de vous délaisser pendant une dizaine de jours. Je viens d'arriver en Colombie, pour m'occuper avec quelques collègues de mon conseil d'administration de la situation financière très délicate que traverse le Centre International d'Agriculture Tropicale (CIAT) dont le siège est à Cali. La recherche dans un centre comme celui-la n'est pas financée à 95 ou 100% par un "généreux" gouvernement français, mais par une horde de bailleurs différents dont certains changent de politique comme on change de chemise, sans aucune concertation entre eux. On nous reproche, à nous qui sommes dans l'administration, de ne pas prévoir, et de ne pas avoir mis en place les outils de gestion appropriés. Quelle prévision? Quand on perd 6 millions de revenus entre le 22 décembre et le 22 janvier, sur un budget total de 45 millions, alors que toutes les évaluations externes soulignent la qualité des recherches et leur impact, ce n'est plus de la prévision mais de la voyance dont on aurait besoin. Et quel outil de management permet de gérer une telle volatilité des dons? Nous allons être obligés d'arrêter des projets qui marchent bien. Et comme c'est une décision difficile à prendre, qui se traduira par la mise au chômage de plusieurs dizaines de personnes, nous allons passer la semaine à éplucher les comptes dans le menu détail pour être sûrs de finir par prendre la moins mauvaise des mauvaises décisions.
Je partirai ensuite pour Washington, pour tenter d'expliquer à la vice-présidente de la Banque Mondiale qui préside le système des centres internationaux (le GCRAI) comment nous en sommes arrivés là, et les décisions que nous avons prises pour tenter d'en sortir. Et lui demander de nous aider. Un agenda qui ne me permettra guère d'alimenter ce blog en nouvelles et autres états d'âme jusqu'à mon retour jeudi 8 février.
A bientôt.
21:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 26 janvier 2007
Actualités du jour : l’Afrique ou les RG?
Le 8ème Sommet de l’Union Africaine a commencé depuis deux jours et continuera jusqu’au 30. Vous avez lu/vu une ligne là-dessus dans votre quotidien ou ailleurs ? Moi pas. Il se trouve que le thème principal de ce sommet c’est « science, technologie, et recherche pour le développement ». Le deuxième thème, c’est le changement climatique en Afrique. Les deux sont liés et les deux sont fondamentaux pour le futur du continent africain. On devrait être à l’écoute…
Il est vrai que chez nous aujourd’hui, il y a beaucoup plus important. Comme de se préoccuper du fait que nous avons des renseignements généraux qui font leur travail en surveillant les personnes qui font de l’agitation ou appartiennent à des groupements connus pour faire de l’agitation. Tous les pays font ça, c’est parfaitement de la routine, et cela n’étonne personne nulle part. Est-ce que quelqu’un s’est seulement interrogé dans la presse, pour savoir si les dirigeants de GreenPeace, en Grande-Bretagne, sont ou pas « fichés » par l’équivalent britannique de nos RG ? C’est tellement évident.
Bref, il y a une nouvelle sur mon écran radar, dont personne ne parle, et une fausse nouvelle qui fait la une de tous les médias. Où va-t-on?
13:11 Publié dans Actualités , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, recherche, développement
jeudi, 25 janvier 2007
Subventions solution ?
La part de l’alimentation dans le budget des ménages français est tombée de 45% à 14% en l’espace de quarante ans, et cela se doit en grande partie au fait que les prix agricoles, sur la même période, ont été divisés par 4 ou 5 (voire plus pour certains produits) sous l’effet conjugué d’une plus grande performance du secteur et des subventions agricoles. Comme l’ONG Oxfam le soulignait déjà dans un rapport publié en 2002, si les subventions contribuent à maintenir les prix des produits agricoles américains et européens extrêmement bas – et donc les prix du marché international et les prix à la consommation – les petits agriculteurs du Sud qui ne bénéficient d’aucune subvention se voient empêchés de vendre leurs productions à prix de revient. Le dumping exercé par les agricultures subventionnées du Nord a donc un effet extrêmement pervers, aggravant la pauvreté au Sud.
Le sondage publié aujourd’hui par le Midi Libre, qui suggère que 3 lecteurs sur 4 sont favorables au maintien des subventions agricoles, a donc de quoi préoccuper tous ceux qui se soucient d’autre chose que de leur assiette. Un nouvel équilibre est à trouver, qui passe obligatoirement par des prix plus justes payés aux agriculteurs, et donc une augmentation des coûts de l’alimentation dans nos budgets. La situation actuelle est artificielle et porteuse de grands dangers. Bien sûr les réajustements nécessaires doivent être acceptés par tous en même temps pour ne pas créer de nouveaux déséquilibres. Bruxelles ne peut continuer à baisser les subventions si les Etats-Unis ne font pas de même. Mais baisser les subventions, contrairement à ce que pensent les lecteurs de notre quotidien préféré n’est pas un choix, c’est une obligation.
19:05 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture
N'oubliez pas: coupez le jus le 1er février !
1er février 2007
Participez à la plus grande mobilisation citoyenne de lutte contre le changement climatique !
L’Alliance pour la Planète (groupement national d’associations environnementales) lance, avec 5 minutes de répit pour la planète, un appel simple à l’attention de tous les citoyens : le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00, éteignez veilleuses et lumières.
plus d'infos: amisdelaterre.org
13:42 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Economie , Nature/Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : changement climatique
Economies et compétitivité
Davos, sommet économique mondial, et comme chaque année, publication du rapport sur la compétitivité des économies. La France tombe de la 12ème à la 18ème place, nos candidats à la présidentielle nous expliquerons pourquoi demain dans notre journal préféré, ou écarterons la donnée d’un revers de manche – « cet indice est mal calculé » ou « c’est encore un truc anglo-saxon sans grande signification », etc. La France ne décline pas, tous le disent donc on doit le croire. Si elle s’enfonce dans les profondeurs de tous les classements économiques, c’est seulement parce qu’ils sont publiés par nos ennemis. Non?
J’ai relevé les classements des pays d’Afrique :
1. La Tunisie, classée 30ème (classement en 2005 : 37)
2. L’Afrique du Sud, 45ème (40)
3. L’Egypte, 63ème (52)
4. Le Maroc, 70ème (76)
5. L’Algérie, 76ème (82)
6. Le Botswana, 81ème (72)
7. La Namibie, 84ème (79)
8. le Kenya, 94ème (93)
9. Le Nigeria, 101ème (83)
10. La Gambie, 102ème (109)
11. La Tanzanie, 104ème (105)
12. Le Bénin, 105ème (106)
13. Le Cameroun, 108ème (99)
14. Madagascar, 109ème (107)
15. Le Lesotho, 112ème (NC)
16. L’Ouganda, 113ème (103)
17. La Mauritanie, 114ème (NC)
18. La Zambie, 115ème (NC)
19. Le Burkina-Faso, 116ème (NC)
20. Le Malawi, 117ème (114)
21. Le Mali, 118ème (115)
22. Le Zimbabwe, 119ème (110)
23. L’Ethiopie, 120ème (116)
24. Le Mozambique, 121ème (112)
25. Le Tchad, 123ème (117)
26. Le Burundi, 124ème (NC)
27. L’Angola, 125ème et dernier pays classé dans le rapport.
Tout ceci pour observer, qu’à la remarquable exception de la Tunisie et du Maroc, les économies africaines non seulement ne sont pas compétitives mais perdent de leur compétitivité, relativement aux autres pays et en particulier aux pays asiatiques. Qui s'en inquiète?
Pour les curieux, les économies du monde classées comme les plus compétitives sont :
1. La Suisse (4)
2. La Finlande (2)
3. La Suède (7)
4. Le Danemark (3)
5. Singapour (5)
6. Les Etats-Unis (1)
7. Le Japon (10)
8. L’Allemagne (6)
9. Les Pays-Bas (11)
10. Le Royaume-Uni (9)
11:42 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, développement
mercredi, 24 janvier 2007
Le défi du XXIème siècle : l’eau seulement ?
Notre quotidien préféré consacre une page au problème de la gestion de l’eau au 21ème siècle, sous le titre « Le défi ». Puisque la mode et l’époque est aux sondages, je me demande si l’eau qui vient à manquer sur les rives est et sud de la Méditerranée, comme dans bien d’autres régions arides du globe, c’est un sujet susceptible d’intéresser beaucoup, sinon de mobiliser les lecteurs du Midi Libre. Dans notre région, nous consommons jusqu’à 200 litres par habitant par jour (plus que partout ailleurs en France à l’exception de la région PACA). L’usage de l’eau domestique n’est visiblement un souci pour personne. Bien sûr, pour nos agriculteurs, nous savons depuis quelques années que les choses ne sont pas aussi roses. Mais globalement, qui se soucie de l’eau en France ou ailleurs (loin du coeur...) ? Très peu, trop peu de gens. Il y a donc un énorme travail de communication et d’éducation à faire.
Mais mon propos est autour « du » ou « des défis de notre siècle. Entre parenthèses, je n’entends pas beaucoup les candidats à la présidentielle parler de ces défis, et l’absence de Nicolas Hulot du paysage ne va pas arranger ça. L’eau, c’est une ressource essentielle, qui diminue dramatiquement, mais ce n’est pas la seule. On nous parle un peu des énergies fossiles. 30 ans ou 50 ans de réserves, c’est rien, c’est demain, et cela devrait nous angoisser au moins autant que de manquer d’eau. L’attitude dominante, c’est de faire l’autruche, style « c’est pas encore pour demain » ou « en France on a des idées ».
Mais il y a plus grave encore, et là, franchement, tout le monde s’en fiche comme de sa première sucette, c’est le problème de l’alimentation mondiale. Dans 40 ans - c’est encore et toujours demain - il faudra avoir doublé les productions agricoles mondiales pour répondre aux besoins de la population d’alors. Pas chez nous. Produire plus chez nous, Francis, ne sert à rien puisque ceux qui vont crever de faim demain n’auront pas les moyens de nous acheter ce que nous produirons à prix d’or, puisque sans subventions européennes ou françaises. Il faut que l’Afrique, pour prendre l’exemple qui va le plus nous affecter demain, produise chez elle ce dont elle aura besoin. Au train où vont les choses, avec moins d’eau, moins d’énergie, une surface cultivable par habitant qui diminue comme peau de chagrin, des sols de moins en moins fertiles, le changement climatique, les maladies qui émergent, qui resurgissent, qui s’amplifient, et tous les cons qui se battent pour empêcher les recherches d’avancer, on ne voit vraiment pas comment on pourra éviter une catastrophe d’une ampleur sans précédent. C’est ça le GRAND DEFI du XXIème siècle.
Lisez ou relisez (ce que je vais faire) la petite histoire de l’avenir de Jacques Attali, et posez-vous la question du « comment ? ». Comment va-t-on pouvoir faire, avec quel type de gouvernements et d’hommes politiques, avec quel type de citoyens et d’organisations citoyennes va-t-on pouvoir faire bouger notre monde vers un monde plus conscient et donc plus solidaire ?
Notre mode de vie n’est pas durable. Ceux qui en profitent aujourd’hui - vous, moi, tout le monde autour de nous - ruinent et condamnent la terre de leur enfants.
11:28 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Nature/Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, futur, développement, alimentation, écologie
mardi, 23 janvier 2007
Les hommes politiques « ne tiennent pas compte des résultats scientifiques »
Publié: jeudi 18 janvier 2007 sur www.euractiv.com
Une nouvelle étude révèle que les hommes politiques croient en la recherche et font confiance aux chercheurs mais ne mettent pas à profit les grandes découvertes scientifiques.
Selon une étude menée par une association suédoise , dont l'objectif est de promouvoir le dialogue et la confiance entre le grand public et les chercheurs, les politiques ne tirent pas profit des résultats de recherche dans le domaine de la recherche médicale, de la technologie ou des sciences naturelles.
Paradoxalement, selon des entretiens menés dans le cadre de cette étude, les mêmes politiques indiquent que ces trois domaines scientifiques sont ceux qui influent le plus sur l'évolution de la société.
De façon également contradictoire, ils reconnaissent que "l'influence des sciences sociales et des humanités serait bien moins importante sur l'évolution de la société" mais ajoutent que c'est sur ces deux domaines que reposent leurs propositions politiques.
Selon les auteurs de l'étude, ce dilemme pourrait être dû au fait que les politiques ont souvent fait des études en sciences sociales et ont peut-être plus de mal à assimiler les informations sur les sciences naturelles.
"Les chercheurs et les hommes politiques vivent dans deux mondes différents, ne parlent pas la même langue et n'ont pas les mêmes perspectives," soulignent les auteurs, ajoutant que des études menées dans d'autres pays tirent les mêmes conclusions.
Enfin, l'étude suggère que les chercheurs et les politiques pourraient mieux se comprendre s'ils avaient davantage l'occasion d'être en contact, de dialoguer et d'échanger des informations. Proposer aux hommes politiques des résumés compréhensibles sur la recherche pourrait aussi améliorer leur accès à ce domaine.
Intéressante proposition, non ? On fait comment ?
13:39 Publié dans Actualités , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche
lundi, 22 janvier 2007
La France et les OGM : la grosse prune, les politiques au piquet
La Commission européenne reproche à la France de n'avoir toujours pas transposé - plus de quatre ans après la date butoir - la directive 2001-18 sur la dissémination des OGM en plein champ. Depuis mercredi dernier on sait officiellement que le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne sera pas adopté avant la fin de l'actuelle législature, le 23 février. « C'est matériellement impossible, » a reconnu François Goulard, selon une nouvelle trouvée sur le site du Figaro . Le ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, qui pilote ce dossier sensible, a ainsi mis fin à un suspense de plusieurs semaines, contredisant au passage le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, qui assurait le contraire, le mois dernier.
La France risque d'être condamnée à payer une amende astronomique : 38 millions d'euros plus 360 000 euros d'astreinte journalière. Calculez, pour un retard de six mois, cela fait 65,5 millions d’euros en plus, un total qui dépasse les 100 millions d’euros. Les chômeurs et les RMIstes apprécieront. Pour rappel, la directive n’incite pas à la propagation des OGM mais plutôt à en encadrer l’usage pour limiter les risques. Alors pourquoi ce retard ? Parce que les politiques ont peur de murmurer le mot OGM ? Encore une fois, en période d’élection, ils veulent bien parler de tous les sujets, mais seulement de tous les sujets consensuels.
Ou bien, c’est seulement qu’ils sont nuls sur les questions scientifiques, ne font pas leur travail d’apprendre pour comprendre et savoir expliquer, et ont donc trop peur de se prendre les pieds dans le tapis en disant n’importe quoi sur ce sujet sensible? Ce ne sont pas 500 signatures que l’on devrait exiger des candidats à la présidence de la république. Il faudrait plutôt leur faire passer un examen sur leurs compétences, et sur leurs connaissances des questions qui intéressent. A propos, vous avez vu comment Ségolène a bien répondu, sur la question des maris violents ? Zéro pointé. Mais pour qui vais-je donc pouvoir voter cette année ?
16:20 Publié dans Actualités , Nature/Environnement , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections, agriculture, OGM
Dommage !

J’ai bien noté qu’une majorité de français, d’après les sondages, souhaitaient qu’il ne se lance pas dans la campagne. Lui déclare qu’il doit faire confiance à tous ceux qui se sont engagés en signant son pacte écologique. Et que ce serait dommage que la cause qu’il défend ne fasse qu’un maigre score au premier tour. Pourtant maintenant, c’est sûr, le score de l’écologie sera mauvais.
Je crois que ce qui est surtout dommage, connaissant les hommes politiques, c’est que la cause en question ne sera plus, malgré les promesses, que secondaire dans la campagne. La présence de Nicolas Hulot lui aurait donné une place qu’elle n’aura pas. Une occasion unique d’expliquer pourquoi c’est important et pourquoi c’est l’affaire de tous.
Quelle terre laisserons-nous à nos enfants ?
Au lieu de ce beau et nécessaire débat, nous allons continuer d’entendre parler de toutes ces petites mesures pour relancer l’emploi aujourd’hui et demain (quel candidat se préoccupe de ce qui se passera après son mandat, à 10 ans et plus ?), augmenter la sécurité, etc., toutes mesures que gauche et droite et gauche et droite n’ont jamais été f… d’appliquer pendant leurs décennies de pouvoir, mais qu’ils vont sûrement appliquer dès le lendemain de leur élection. 55 à 60% des électeurs, selon les sondages, se disent prêts à gober cela. Bien sûr on gommera le plus possible ce qui pourrait les fâcher, comme les retraites impayables, la France qui ne travaille pas assez et autre agriculture artificielle subventionnée et polluante qui contribue si bien à perpétuer la misère des petits agriculteurs du Sud.
Je suis déçu. Je m’en remettrai.
16:17 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hulot, élections
Maladies émergentes : du très sérieux chez les plantes aussi
La nouvelle souche de rouille Ug99 avait été découverte en Ouganda en 1999, puis s’était dispersée, aidée par le vent, dans les pays voisins, Kenya et Ethiopie. Sa virulence, et la susceptibilité des variétés de blé cultivées alors dans la région et ailleurs dans le monde, avaient justifié la mise en place d’un grand projet international (GRI, acronyme anglais) pour lutter contre ce fléau. Les modélisateurs, utilisant les outils de la télédétection, ont prédit l’avancée de cette nouvelle et dangereuse maladie en étudiant les vents dominants et annoncé qu’elle risquait de franchir la prochainement la mer rouge et se diriger vers les greniers à blé en Asie, puis d’atteindre ensuite l’Afrique du Nord, puis l’Europe, voire sans doute plus tard l’Amérique du Nord. Une note datée du 16 janvier 2007 et signée des deux centres internationaux collaborant sur ce programme(1) annonce que - malheureusement comme prévu par les chercheurs - la mer rouge vient d’être franchie et que la rouille se trouve maintenant au Yémen, où elle ravage toutes les variétés cultivées localement. La solution existe : le CIMMYT, qui conserve plus de 100.000 variétés de blé, a déjà identifié des gènes de résistances, qui peuvent être transférés, par voie conventionnelle (c'est-à-dire sans faire des variétés OGM) aux variétés adaptées aux régions touchées et aux régions menacées. Mais cela demande un énorme effort de sélection et donc des moyens redoublés. Encore un exemple criant qui montre que la recherche a besoin de plus de ressources, pas seulement de publier plus ou de breveter plus. Si elle ne les obtient pas, dans ce cas précis, ce sont des millions de tonnes de blé qui ne seront pas produites, dans des zones surpeuplées. Les prix du blé sur les marchés vont monter, et encore une fois les seuls bénéficiaires seront les agriculteurs subventionnés des pays industrialisés.
(1) Le centre international d’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) et le centre international de recherche agricole pour les zones sèches (ICARDA)

Blés résistants ou sensibles (au centre) à la rouille (photo ICARDA).
14:17 Publié dans Actualités , Nature/Environnement , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, pays du Sud, pauvreté

