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vendredi, 06 octobre 2006

Faim et pauvreté : réponses aux crises alimentaires en Afrique (2)

Un autre aspect des choses, trouvé dans le rapport publié par Oxfam cet été, sur « Les Causes de la faim : examen des crises alimentaires qui secouent l’Afrique » concerne la question de la nature de l’aide apportée. Du riz ou de l’argent ? Qu’est-ce qui est préférable ? Quand on ne donne que des denrées alimentaires, comme j’ai essayé de le montrer dans ma note précédente, on ne fait pas ce qu’on peut faire de mieux, loin s’en faut. On sert surtout les intérêts de nos agricultures du Nord. Les tonnes de riz (ou d’autres aliments) que l’on déverse dans les pays pauvres nuisent au développement des productions locales ou régionales. Sans parler de la mauvaise qualité moyenne de ces surplus. Mais donner de l’argent ? Tout le monde se soucie de la corruption (qui n’est pas une spécificité africaine, loin de là… d’aucuns diraient même que ce que font certains dirigeants africains, ils l’ont appris chez nous…), mais il existe assez d’organisations sérieuses et confiables. Oxfam donne l’exemple d’un de ses projets pour illustrer les avantages du don en argent :

Le programme est appelé « cash-for-work », de l’argent pour du travail. Au lieu d’être passives, de recevoir des denrées sans rien pouvoir faire ou dire, chaque famille reçoit une somme fixe et la dépense comme elle le souhaite, en échange d’un travail d’intérêt public. Et de ce fait, ces familles achètent (1) de la nourriture localement à moindre coût, contribuant au développement économique en région, et (2) des outils qui leur permettent d’améliorer leur agriculture et/ou ils utilisent cet argent pour faire face à d’autres besoins, comme Pamela Ataa.

Pamela Ataa a dépensé la moitié des 10.000 shillings reçus d’Oxfam (environ 109 euros) pour des dépenses qui n’étaient pas de nourriture : 3.000 pour payer l’école de son petit frère (l’école secondaire est payante au Kenya), 1.000 pour des médicaments pour un de ses fils, et 1.000 pour acheter deux chèvres. Comme elle, 22.000 personnes de Turkana, au nord Kenya, ont bénéficié de ce programme d’Oxfam. En échange de ces « dons », ils s’engagent à un travail collectif pour leur communauté: Pamela a contribué à l’aménagement des abords d’une pompe à eau et à la construction de petits canaux pour rediriger une partie de l’eau de la rivière locale vers les champs du village et permettre ainsi leur irrigation.

L'aide peut être intelligente.

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