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jeudi, 31 août 2006

Tous à vélo !

Le baril de pétrole valait une trentaine de dollars il y a 3 ans, on est aujourd’hui au-dessus des 70. Si on a tous les jours un nouveau sondage pour nous informer des cotes de popularité respectives de Ségolène et Nicolas, on se garde bien de nous informer des prévisions quant au prix baril de pétrole dans un, cinq ou dix ans. Cela ferait chuter les ventes de 4x4, alors vous pensez…

Il ne faut pas être un spécialiste pour deviner que le prix ne va pas diminuer au fur et à mesure qu’on approche de l’épuisement des réserves, promis pour dans seulement 40 ans. Je viens donc de m’acheter une voiture qui consomme 4 litres au 100 km. Cela existe. Je crois que nous allons très vite dépasser les 100, voire les 150 dollars le baril - 2 ou 3 euros le litre à la pompe ? - sans attendre ces fameux 40 ans. La demande ne cesse de croître parce que personne ne fait rien ou presque pour qu’elle diminue. Les réserves s’épuisent…Vous faites partie des autruches ?

Cela m’amène à deux questions.

Un. Chez nous, l’énergie que nous consommons tous les jours un peu plus, on va la sortir d’où ? Puisqu’une association d’intégristes du statu quo se crée chaque fois qu’une municipalité veut installer deux éoliennes et que les recherches sur les autres énergies sont financées au compte-goutte parce qu’il vaut mieux vendre des avions aujourd’hui que de se préoccuper de la vie de nos enfants demain… nous n’aurons qu’une seule et unique solution : construire plus de centrales nucléaires. Quelle belle perspective ! Nos belles associations protectrices des petits lapins dérangés par le bruit (mais pourquoi pullulent-ils si facilement sur les aéroports, alors ?) auront le choix de préférer l’installation d’une centrale nucléaire dans leur jardin. Ou d’aller à pied le matin au boulot après une nuit dans une maison non chauffée (plus question de pouvoir acheter du fioul domestique, le pétrole étant réservé exclusivement aux gros avions à partir de 2025 – c’est demain).

Deux. Chez nos voisins, comme dans les pays africains qui n’ont pas de pétrole aujourd’hui et en auront encore moins demain, qui ont plein de soleil mais pas les technologies nécessaires pour l’utiliser, on va aussi créer des centrales nucléaires ? Je ne parle pas de ces pays du Sud qui sont volcaniques et/ou soumis à des tremblements de terre à répétition… mais la multiplication des centrales nucléaires partout et n’importe où, cela a de quoi interpeller même le scientifique le plus confiant dans le progrès scientifique, non ? C’est quoi l’autre solution, non nucléaire, économiquement viable aujourd’hui ?

Je comprends tous ceux qui font aujourd’hui les autruches – 99,99% d’entre nous – ouvrir les yeux est bien trop angoissant.

Commentaires

40 ans c'est pour la dernière goutte. D'ici là, les luttes pour les dernieres réserves risquent d'amplifier les priorités déjà perçues ci et là.

99,99% est certainement surévalué. La prise de conscience fait son chemin mais « Je m’adresse à qui ? »

Le Sud aura peut-être sa revanche ?

Ecrit par : Sans pétrole | jeudi, 31 août 2006

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