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mercredi, 02 août 2006
La viande brésilienne montrée du doigt
Le Brésil est un grand pays disais-je. Et voilà que je tombe sur une note critiquant l’absence de contrôle dans l’usage des médicaments vétérinaires et des hormones, ce qui fait que certains appellent maintenant à interdire l’importation de viande en provenance de ce pays. Ce sont qui les « certains » ? Il est sûr que chez nous beaucoup de producteurs préfèreraient voir cette viande rester au Brésil où partir ailleurs. Un rapport du bureau spécialisé de l’Union Européenne a trouvé que beaucoup de médicaments vétérinaires interdits en Europe sont en vente libre au Brésil. On n’exige pas non plus des producteurs qu’ils tiennent des registres précis de ce qu’ils utilisent. Le rapport conclut que beaucoup des problèmes constatés en 2003 sont toujours présents. Sous entendu : si vous boycottez, on ne dira rien.
Oui, c’est sûr qu’il vaut mieux manger de la bonne vache de chez nous, ce n’est pas monsieur Bové qui me contredira là-dessus. Tout le monde sait que l’alimentation animale chez nous fait l’objet de toutes les attentions depuis bien des années. Les farines animales et la vache folle, c’était pas chez nous. Le soja transgénique qui débarque par paquebot aujourd’hui quand nos guignols font la une pour avoir coupé trois pieds de maïs transgéniques expérimentaux (c’est moins risqué que d’aller empêcher un débarquement au Havre), c'est pas chez nous non plus… nous avons bien raison de vouloir donner des leçons aux brésiliens… qui sont presque les seuls à faire paître encore toutes leurs vaches au pré, avec de la bonne herbe bien verte et bien grasse. Rien que dans les cerrados dont je parlais plus tôt, il y a 61 millions d’hectares de pâturages cultivés. Il y en a à peine 3 millions en France. 3 millions d’hectares pour 19 millions de têtes de bovin, 6,7 millions d’ovins et 1,2 million de caprins, cela fait pas beaucoup d’herbe par tête de pipe (pardon, c'est Bové qui me poursuit!). Si je rajoute à cela qu’un hectare de Brachiaria brésilien, cela doit produire 2 à trois fois plus de fourrage que ce que fait le meilleur pâturage de chez nous, tropiques obligent, vous comprendrez pourquoi je dis qu’il n’y a pas match, côté qualité de l’alimentation animale entre ce qu’on peut faire des deux côtés de l’atlantique. Donc il fallait inventer un coup tordu.
Eh bien non, on nous baratine. La viande de chez nous, il y a longtemps qu'elle n'est plus la meilleure. Allez un peu demander aux brésiliens de Montpellier – il y en a beaucoup – s’ils préfèrent le boeuf français à la viande de chez eux. On peut battre le Brésil au foot, mais sur la qualité de la viande on n’a vraiment aucune chance.
Alors, malins, nos politiques, qui ont trop peur que le tracteur de Bové coupe la route de leur vacances, multiplient les barrières déguisées aux importations en provenance des autres pays agricoles, et notamment des pays agricoles du Sud... qu’ils disent par ailleurs prêt à aider dans tous leurs discours. Pas faux-jetons. Oui, dans cette demande d’embargo, il y a peut-être un tout petit peu de vrai. "Le Brésil, ce n'est pas un pays sérieux" aurait dit le grand Charles. Il y a surtout un énorme protectionnisme déguisé. Et tant pis pour le consommateur. Après tout il ne s’apercevra qu’on se fiche de lui seulement s’il est assez riche pour aller passer des vacances au Brésil. Ce n’est pas encore donné à tout le monde.
Moi je n’y vais que pour mon travail. Vous êtes jaloux ? Vous trouvez que c’est pas juste ?
16:30 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


Commentaires
Très heureux de constater que votre blog s'est enrichi de nouveaux billets.
Merci pour cette mise au point, ô combien nécessaire, sur le protectionnisme français. Un protectionnisme contre-productif.
Ecrit par : Francis | mercredi, 02 août 2006
Protectionnisme européen. Il semble que les plus actifs pour crier danger soient actuellement les irlandais. Un collègue brésilien vient de me passer l'adresse d'un site (www.farmersjournal.ie) sur lequel un article fait état d'une enquête menée sur place et d'un rapport sensé apporter "les faits réels"... qui ne fait que rapporter tout ce que raconte un unique professeur brésilien dont on nous ne dit pas de quelles frustrations il souffre lui-même.
Encore une fois, tout n'est pas noir ou blanc, et beaucoup de progrès restent à faire en matière de contrôle de qualité au Brésil, ce à quoi s'emploie très activement le ministère de l'agriculture et l'Embrapa.
Ecrit par : Yves (alias Piruli) | jeudi, 03 août 2006
Cela fait du bien de lire cela en français sur la viande brésilienne. On lit tellement de stupidités en français sur le sujet par ailleurs. Merci.
Un franco-brésilien travaillant dans la viande.
Ecrit par : JY Carfantan | lundi, 07 août 2006
veuller m envoyer documentaire sur l agriculture breizil
par rapport ogm veterinaire soja
Ecrit par : cormary | jeudi, 06 mars 2008
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Ecrit par : rinkostfx | vendredi, 10 octobre 2008
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