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jeudi, 27 juillet 2006
Energie : l’exemple du Brésil, un exemple pour les autres ?
Quand je circulais au Brésil, dans les années 80, il m’arrivait souvent de me trouver bloqué à un feu, derrière une voiture sentant bon les vapeurs d’alcool. Entre les voitures marchant à l’alcool et celles marchant à l’essence mélangée d’alcool, le Brésil a depuis longtemps expérimenté dans le domaine des bioénergies. Invité la semaine passée à une conférence sur la transformation de l’agriculture tropicale , j’ai entendu un ancien ministre rappeler que la première voiture à alcool brésilienne a été expérimentée… en 1925.
Le Brésil peut se permettre toute sorte d’expériences en matière d’énergies nouvelles. Le pays a l’espace disponible, le savoir-faire – ils sont très en avance sur nous dans ce secteur - et même le temps. Depuis cette année, le Brésil est en effet autosuffisant en pétrole. Le Brésil est un exemple, mais aussi une exception. Toutes les conditions favorables qui sont réunies dans ce pays se rencontrent rarement ailleurs; les solutions brésiliennes ne sont donc pas nécessairement des solutions exportables dans d’autres pays du Sud.
La question de l’énergie pour demain se pose partout. Nous savons déjà que les réserves de pétrole ne dureront plus longtemps (40 ans peut-être) et que cela se traduira, bien avant d’arriver à l’épuisement de ces réserves, par des augmentations de tarifs de plus en plus inacceptables, à commencer pour les pays pauvres. De quelles alternatives disposeront-ils ? Combien, parmi les pays du Sud, conduisent des recherches sur les énergies nouvelles ? Même au Nord, les moyens semblent bien insuffisants, quand bien même le prix du pétrole pousse les politiques à investir chaque jour davantage.
Le réseau SciDev.Net vient de publier un article sur le nucléaire au Sud. Doit-on, peut-on notamment, envisager de construire des centrales nucléaires dans tous les pays africains ? Si tout le monde se préoccupe de l’énergie pour demain, le monde se préoccupe tout autant d’un accès universel à des technologies à risques. Mais de quelles alternatives disposent les pays les plus pauvres, comme en Afrique sub-saharienne ?
Le Brésil dispose de 204 millions d’hectares de savanes – les cerrados – avec un potentiel agricole dans ces zones qui lui permettrait, s’il en était besoin, de doubler les principales productions agricoles nationales. Mais que dire de ces pays où l’alimentation et la nutrition restent les premières priorités ? On ne peut y suggérer que la canne à sucre soit exploitée en lieu et place des cultures alimentaires. Le solaire ? L’éolien ? C’est une vraie question de développement, une question urgente, qu’on élude.
17:15 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
le problème de l'energie et des solutions alternatives au pétrole/gaz et charbon devrait effectivement faire l'objet d'un grand débat au plan national et européen à défaut de pouvoir le traiter au niveau du G8 où les intérêts des blocs sont divergents selon qu'ils sont producteurs ou non
Ecrit par : ulysse | mardi, 01 août 2006
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