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samedi, 29 avril 2006
Rappel (nécessaire) du POURQUOI
Noël 2004 : le monde a oublié ses petits problèmes personnels pour un grand élan de solidarité en faveur des victimes du tsunami. Vous avez contribué, j’ai contribué. Très bien.
Chaque année, dans ce qu’il ne faut plus appeler l’Afrique noire mais l’Afrique sub-saharienne, il y a cinq tsunamis. Ou leur équivalent. Et les victimes ne sont ni des adultes, ni des touristes. Il s’agit d’enfants de moins de cinq ans. Chaque année le nombre de petits enfants noirs qui meurent, en Afrique, de malnutrition (ou de la malnutrition de leur mère), est équivalent à cinq tsunamis. Vous n’avez pas contribué, moi non plus. Pourquoi ?
La pauvreté, on dit que c’est très compliqué. Ou bien on dit que c’est la faute à la corruption. Ou bien on dit que c’est la faute à la sécheresse. Ou bien on dit que c’est la faute à pas de chance. On dit n’importe quoi.
Le tsunami de 2004 était une catastrophe inévitable.
Les tsunamis annuels en Afrique constituent une catastrophe cinq fois plus grande, mais parfaitement évitable.
La pauvreté, en Afrique, peut être éliminée.
Chacun peut y contribuer, de différentes manières.
Sur ce blog, je ne m’occupe que de la contribution de la recherche. On la minimise ou – le plus souvent – on l’ignore. Ce que la recherche a fait et continue de faire… cela pourrait constituer un livre de belles histoires en dix volumes ou une série d’émissions télévisées comme celles de Nicolas Hulot sur l’environnement. Si vous saviez ce que la recherche fait et peut faire, autrement dit s’il y avait plus de communication sur ce sujet, peut-être quelques uns parmi nos politiques commenceraient-ils à regarder plus loin que le bout de leur nez et plus loin que les mesures purement hexagonales au « traitement » de l’immigration.
La pauvreté ne disparaît pas parce qu’on la cache derrière des murs aux frontières.
La France s’est engagée, avec d’autres, à adopter une politique responsable et solidaire pour aider les pauvres à sortir de la pauvreté.
La France ne respecte pas ses engagements.
19:00 Publié dans POURQUOI ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 21 avril 2006
Rideau
Je participais, hier et avant-hier, à une réunion de concertation sur les collaborations entre un centre international de recherche agricole, l’ICRISAT, spécialisé dans l'agriculture des zones semi-arides, et les organismes français dédiés à la recherche pour le développement. L’ICRISAT a son siège en Inde, mais travaille de plus en plus en Afrique.
Dans ce genre de réunion, des chercheurs français qui travaillent dans des domaines d’intérêt pour les visiteurs viennent exposer leurs travaux, les visiteurs font de même, puis on discute de ce qu’on fait ensemble et/ou de ce qu’on pourrait faire ensemble demain.
Le Comité national d’évaluation de la recherche (CNER) a publié un rapport, l’an passé, qui recommandait fortement d’augmenter nos collaborations avec les centres internationaux de recherche agricole. Pour avoir travaillé dans l’un d’entre eux pendant dix ans, et être aujourd’hui à la veille de prendre la présidence d’un autre (ce sera fait le mois prochain), je suis totalement convaincu du bien fondé de la recommandation. Et j’essaie, dans la mesure de mes moyens, de convaincre les jeunes chercheurs que je rencontre de l’intérêt pour eux qu’il y a à collaborer avec ces centres internationaux. Grosso modo, et pour faire court, travailler avec eux cela veut dire produire des résultats qui servent à quelque chose d’utile en matière de réduction de la pauvreté et de développement au Sud. Cela veut dire aussi gagner en reconnaissance internationale et en visibilité.
La réunion des deux derniers jours était donc intéressante et importante à mes yeux. Ses résultats, toutefois, n’ont pas été tout à fait à la hauteur de mes espérances. La nuit portant conseil, je me réveille ce matin en me disant qu’il était sans doute impossible d’espérer mieux.
Le chef de la délégation de l’ICRISAT, invité à donner son avis après les présentations françaises, a plusieurs fois donné des réponses diplomatiques qui pourraient se résumer en questions du style : « et alors ? » ou, autrement dit : « très bien, mais ce que vous faites, ça sert à quoi ? » ou, autrement dit : « en quoi cela peut-il être utile pour les agriculteurs pauvres qu’on veut aider ? » ou « qu’est-ce qu’on en fait, de vos résultats ? ». Comme je l’ai dit, très diplomatique, notre visiteur n’a pas été si loin, mais je me suis senti fortement mal à l’aise.
Nos deux organismes dédiés ont une lettre en commun, à la fin de leurs acronymes. Un « D » qui veut dire « développement ». Ce sont deux organismes de recherche qui travaillent pour le développement dans les pays du Sud. Ils sont donc sensés produire des connaissances utiles et utilisables pour les pays du Sud. Qui en ont un grand besoin et sont demandeurs. Le problème, c’est que la France d’aujourd’hui nie l’existence de ce besoin spécifique : il n’y a qu’une recherche, qui s’évalue par les publications dans des revues scientifiques de qualité internationale. Pas par la pertinence, le caractère utile et utilisable de la recherche. Les jeunes chercheurs de nos organismes, même avec un « D », sont donc poussés à publier avant toute chose. Et ce qui se publie, dans ces journaux prestigieux, c’est de la science pure – les gènes, c’est bien, la terre c’est sale – donc pas de la recherche pour les pauvres.
Et donc, peu à peu, nous avons de moins en moins de chercheurs qui font du terrain, qui passent des années au Sud à comprendre les problèmes, les besoins, et à les traduire en questions pour la recherche… peu à peu nous avons de moins en moins de recherche qui produise des résultats utiles et utilisables au Sud.
C’est une volonté politique. Les ministères de notre gouvernement ont mis en place toutes les conditions favorables à la disparition de cette recherche, qu’on nous envie pourtant ailleurs. On continue d’entendre de beaux discours, de temps à autre, mais la vérité est que nous n’avons sans doute plus les moyens de maintenir cette recherche française solidaire. Il faut se rendre à l’évidence. Ce n’est pas seulement l’Algérie de Bouteflica qui a aujourd’hui plus de relations avec les Etats-Unis qu’avec la France. Ce sont tous les pays africains ou presque. Tout ce qui se fait aujourd’hui d’important en Afrique, en matière de recherche et de développement, se fait avec des billets verts. Et de fortes contraintes, comme celle d’être obligé d’acheter les surplus agricoles américains en échange de l’aide sonnante et trébuchante. Mais qui s’en soucie encore ? La France de la solidarité disparaît en même temps que notre économie devient l’économie d’une équipe de deuxième division. Nous sommes très près de la relégation en L2 et nous ne pourrons donc plus maintenir notre train de vie pour très longtemps encore. La recherche pour le développement, la recherche contre la pauvreté au Sud, c’est devenu un luxe inutile. Rideau.
08:51 Publié dans POURQUOI ? | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 18 avril 2006
Message au Président Chirac
Merci à tous ceux, nombreux d'après les retours que je reçois, qui ont copié le message à Jacques Chirac pour que les leaders du G8 tiennent les promesses faites l'an passé, en faveur des pays les plus pauvres.
IL N'EST PAS TROP TARD POUR ENVOYER VOTRE MESSAGE.
Je vous redonne la recette:
1. Vous ouvrez le site www.elysee.fr
2. Vous cliquez sur « ECRIRE AU PRESIDENT » en bas, colonne de gauche
3. Dans la case « sujet principal de votre message » vous cliquez sur "autre"
4. Vous copiez le message ci-dessous dans la case « écrivez votre message » :
Monsieur le Président,
En 2005, vous avez activement participé à un sommet du G8 qui s’est engagé à éliminer la pauvreté. Une des conséquences des mesures prises alors est que des millions de zambiens pauvres ont aujourd’hui un accès gratuit aux soins médicaux. Merci. C’est une très bonne nouvelle.
Mais nous savons que ce sont les réunions des prochains mois, auxquelles vous et vos ministres participeront, qui vont déterminer si toutes les promesses faites l’an dernier seront tenues.
Monsieur le Président, nous avons besoin que vous agissiez dans trois domaines:
· Les conversations en cours sur les échanges commerciaux n’aboutiront pas à des solutions équitables pour les pays pauvres si les pays riches se contentent de défendre leurs seuls intérêts. Vous pouvez user de votre influence pour faire évoluer la position européenne et faire en sorte que l’accord final permette à tous les pays pauvres de se sortir de leur situation de pauvreté.
· Les pays pauvres sont aussi ceux qui souffrent le plus des conflits. La prolifération des armes attise ces conflits. Lorsque les Nations Unies se réuniront en juin, vous pouvez faire que la France s’exprime fortement pour réclamer un contrôle international sur les armes et insiste pour qu’un traité soit signé en ce sens avant la fin 2006.
· Vous pouvez enfin faire que les prochaines réunions de la Banque Mondiale et du FMI et celle du G8 en juillet transforment les promesses d’aide en argent bien réel pour tous les éducateurs, les infirmières et les médecins qui travaillent pour l’éducation et la santé de tous dans les pays pauvres.
Les trois prochains mois seront critiques. Des millions de gens veulent voir la fin de la pauvreté.
Je suis l’un d’entre eux. Et vous?
[formule de politesse][votre nom]
cette note est un soutien à l'action d'Oxfam contre la pauvreté
Et Oxfam nous soutient dans cette action:
message reçu ce jour:
Dear Yves (alias-Piruli)
Thank you for your support - it is fantastic to hear that you have been so proactive in sending the message to President Jacques Chirac and getting your friends and colleagues involved!
Please keep up-to-date with all our campaigning work on the website, and take action whenever you can to support our work: http://www.oxfam.org.uk/what_you_can_do/campaign/index.htm
With best wishes,
Natalie Griffin
Supporter Relations
Oxfam
VOUS POUVEZ AGIR AVEC OXFAM (EN FRANCAIS)
18:42 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 17 avril 2006
Le fonio
Les agriculteurs africains pauvres ne sortiront pas de la pauvreté par une recette miracle. Ni par une plante miracle. Mais faire mieux connaître les plantes comestibles africaines peut contribuer à développer des petits marchés ou marchés de niches, chez nous. Dieu merci, il y a des gens curieux, qui ne satisfont pas de ne manger que des streak-frites, et apprécient les cuisines lointaines, au restaurant ou chez eux.
Connaissez-vous le fonio ?
« Le fonio (Digitaria exilis) est cultivé en Afrique de l’Ouest depuis des siècles. Longtemps réduit à l’état de céréale marginale à cause de la petitesse de ses grains, le fonio connaît aujourd’hui un regain d’intérêt en raison des qualités gustatives et nutritionnelles que lui reconnaissent les consommateurs. Des recherches visent actuellement à mécaniser plusieurs étapes de sa transformation pour mieux le valoriser sur les marchés urbains, où il est particulièrement apprécié. » (voir l'excellent site de jean-François Cruz sur le fonio : http://fonio.cirad.fr)

carte: JF Cruz, Cirad
autres liens :
Nourritures inconnues d’Afrique : http://www.jade.sn/fonio/
Pour des recettes à base de fonio : http://www.racines-sa.com/
14:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 16 avril 2006
Une voix du Sud
Pour garder leur autonomie et s'adapter aux besoins locaux, les recherches agricoles nationales du Sud doivent pouvoir compter sur la volonté politique et le dynamisme des chercheurs. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le Malgache François Rasolo appelle à un sursaut (Spore, numéro d’avril 2006)
Extraits :
Malgré les grandes déclarations, la recherche [agricole] n'est que rarement une priorité pour les gouvernements [du Sud].
Les initiatives en faveur de la recherche viennent donc essentiellement du Nord et non des pays [du Sud] eux-mêmes.
Les chercheurs ont eux aussi leur responsabilité : la plupart manquent de dynamisme. Souvent très conventionnels … Ils ne prennent pas en compte la mondialisation, donnée désormais incontournable, qui demande des changements fondamentaux dans les options de recherche.
À Madagascar, faut-il s'acharner à faire produire partout par les paysans du riz pour nourrir les gens uniquement au nom de la fameuse autosuffisance alimentaire bien que ce ne soit pas toujours rentable pour eux ? Réfléchissons ! Ne vaudrait-il pas mieux produire des riz de niche à exporter à bon prix en Europe et dans le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) et importer du riz bon marché du Vietnam ou de Thaïlande pour la consommation ? Les biocarburants sont en train de devenir un marché, il faudrait anticiper.
Les chercheurs hésitent à sortir des sentiers battus. C'est plus sécurisant de travailler sur ce qu'ils connaissent. D'autant que la population des chercheurs vieillit. À Madagascar, un tiers d'entre eux ont plus de 50 ans, 10 % ont dépassé l'âge de la retraite.
L'absence de soutien des gouvernements et le manque d'audace des chercheurs ont de graves conséquences pour l'indépendance des systèmes de recherche nationaux. Quand, à Madagascar, les Américains – le Millenium Challenge Account – mettent 100 millions de dollars sur la table pour financer des projets de développement agricole, incluant des recherches appliquées très ciblées sur certaines filières, c'est qu'ils y ont des intérêts. Et là, les chercheurs sont bien obligés de réorienter leurs programmes en fonction de leurs souhaits.
Si on ne veut pas en arriver à ce que nos recherches nationales n'aient plus aucune autonomie, il faut une véritable volonté politique. À commencer par une déclaration de principe de nos gouvernements affirmant que ces recherches sont indispensables. Nous avons besoin qu'ils disent où ils veulent aller, ce qu'ils veulent faire et peuvent faire pour la recherche en cohérence avec les plans de développement agricole.
Il va sans dire que j'approuve totalement le constat et le combat de François Rasolo. Quoi qu'on dise sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, tout commence ou tout s'arrête chez les responsables politiques. Il faut inlassablement leur répéter - et c'est vrai qu'ils soient du Nord ou du Sud - qu'il n'y a pas de développement économique sans une bonne recherche nationale. Au Sud, la priorité économique, c'est un développement agricole intelligent, comme évoqué par monsieur Rasolo. Ce développement ne se fera pas s'il ne peut s'appuyer que sur des recherches pilotées par les intérêts économique du Nord. Aider des responsables scientifiques comme monsieur Rasolo dans leur combat fait partie du devoir des chercheurs solidaires du Nord.
09:57 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 14 avril 2006
L'éthanol, désormais compétitif avec le pétrole
Selon un article publié sur le site du Figaro, et qui concerne le salon bio qui s’est tenu cette semaine à Chicago, l'an passé 14% de la production américaine de maïs ont servi à fabriquer de l'éthanol, soit 3% de la consommation nationale d'essence automobile à un prix désormais compétitif avec le pétrole. L'Energy Policy Act de 2005 appelle à doubler ce pourcentage d'ici à 2012. Mais les producteurs de maïs et les industriels de la biotechnologie sont décidés à faire mieux en atteignant 10% des besoins dès 2015. Voire. Ou « voir » avec la petit lunette très déformée des intérêts agricoles nord-américains …
Selon les canadiens (Quebec), il est largement préférable de favoriser des plantes qui ont un haut rendement comme le maïs, mais qui sont moins capricieuses. Le maïs requiert des apports en engrais chimiques et en pesticides proportionnels pour garantir ce rendement. Ceci entraîne une dégradation des terres agricoles et du milieu environnant dans le contexte d’une production intensive. Il existe plusieurs espèces de graminées qui disposent du même système de photosynthèse en C4 que le maïs, mais qui requièrent très peu de ses petits soins. Une graminée pérenne qui a un haut potentiel pour la production de biomasse densifié aux fins de combustion est le Panic érigé (Panicum virgatum). Cette plante représente une production nette d’énergie par hectare 50% plus importante que le maïs-grain puisqu’elle capte plus d’énergie solaire que le grain de mais et ne nécessite que peu d’applications d’engrais chimiques et de pesticides. Lors de la compaction de la matière végétale pour des fins de combustion, seulement 5% de l’énergie de la plante se perd et la consommation d’énergie fossile du processus est réduite par trois quarts. Ce qui a comme résultat de produire 14 unités d’énergie par 1 unité d’énergie fossile investie. Donc, il est pour le moins dire limitant d’orienter une grande quantité de fonds pour le développement des bioénergies dans le seul secteur de l’éthanol à partir du maïs-grain.
En comparaison, et d’après une analyse récente par le Dr Pimentel de l’Université Cornell la production d’éthanol à partir de maïs-grain présente en effet un bilan énergétique négatif et consomme 29% plus d’énergie sous forme de carburants fossiles qu’il en produit. Même les analystes plus optimistes estiment un rendement d’à peine 1.2 unité d’énergie d’éthanol par 1 unité d’énergie fossile investie.
Le Panicum virgatum donc? Voire. Il s’agit là encore d’une plante nord-américaine. De la même famille, et même du même genre, une autre espèce a fait l’objet de mes soins attentifs pendant 15 ans. C’est le Panicum maximum qui, comme son nom l’indique, n’est pas plus petit ni moins productif que le précédant. Bien sûr pour les américains, il a le grand tort d’être une plante africaine, tropicale, qui ne résiste pas aux hivers des zones tempérées. C’est encore une plante qui dispose du même système de photosynthèse en C4 que le maïs, ce qui lui donne cette capacité à produire une grande biomasse, pourvu que les conditions environnementales ne soient pas trop défavorables.
L’institut de recherche agronomique brésilien où j’ai travaillé a déjà lancé trois variétés à partir des ressources génétiques de l’IRD (ORSTOM à l’époque) que j’avais introduites là-bas en 1982. Si le Panicum virgatum américain peut produire jusqu’à 9t de matière sèche à l’hectare par an aux Etats-Unis, en conditions très favorables, les trois variétés de Panicum maximum lancées par L’Embrapa produisent respectivement 25, 26 et 33 tonnes/ha/an sous les tropiques. Le potentiel énergétique de ces productions est donc considérable. Et ces plantes sont originaires d’Afrique de l’est… voilà qui devrait inspirer quelques idées à ceux qui sont des importateurs nets de pétrole, quand les cours viennent de dépasser les 70 dollars le baril !
15:57 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ECRIVEZ A JACQUES CHIRAC !
Plusieurs collègues ont déjà copié mon message d'hier et l'ont envoyé au président Chirac, comme indiqué dans la note "agir ensemble contre la pauvreté". Faites comme eux ! Plus nous serons nombreux à rappeler les engagements pris par les leaders du G8, et plus nous aurons des chances d'être écoutés. Et n'oubliez pas d'envoyer le même message par courriel à vos collègues et amis. Merci pour tous ceux qui attendent désespérément qu'on les aide.
13:50 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 13 avril 2006
L'Afrique malade... de son manque de médecins
Le site du Figaro reprend les conclusions d'un rapport alarmant de l'OMS. Alors que le continent connaît une situation sanitaire catastrophique, il ne se forme pas assez de médecins et de personnels de santé. Pire, un médecin sur quatre environ s'expatrie vers les pays développés.
Que font les gouvernements africains pour retenir leurs médecins?
Que font les pays développés pour encourager les médecins africains à rester chez eux?
La France a apparemment trouvé la solution à ma deuxième question puisque seulement 6% des médecins qui quittent l'Afrique viennent chez nous. La solution française? C'est sans doute de payer ses personnels de santé surchargés de travail avec un lance-pierre! Voilà qui dissuade. Et après, on nous bassine dans nos journaux parce que la France manque de médecins et d'infirmières et n'en continue pas moins à imposer un numerus clausus étriqué... Descartes doit se retourner dans sa tombe!
17:40 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
AGIR ensemble contre la pauvreté
Il y a quelques jours, le gouvernement de Zambie a décrété la gratuité des soins médicaux en zone rurale. Cette mesure est le résultat direct de l’annulation de la dette décidée lors du sommet du G8 en Ecosse l’an passé. Les leaders du G8 ont pris cette décision sous la pression de leurs opinions. Donc parce que vous, comme des millions d’autres personnes, leur avez demandé d’agir ainsi. C’est donc grâce à vous que les zambiens ordinaires n’ont plus à payer les sommes absurdes qu’ils devaient payer pour voir un médecin. Ils ne paient plus rien. Ce n’est pas de la charité. C’est seulement juste.
Vous pouvez agir contre la pauvreté
Pour aller plus loin, et faire que chacun, dans les pays pauvres du Sud, ait accès à la gratuité des soins et de l’éducation, que chacun puisse vivre une vie sans violence avec un revenu décent, vous pouvez encore faire un tout petit peu plus. Dans les mois qui suivent auront lieu plusieurs réunions internationales importantes, au cours desquelles notre président et les autres leaders du G8 devront décider s’ils tiennent les promesses faites l’an passé. Ou s’ils ne tiennent pas leurs promesses. On a toute raison aujourd’hui de craindre le pire.
Il est très important que vous envoyiez un courriel au président Chirac dès aujourd’hui. C'est très simple à faire. Quand des millions de personnes donnent de la voix, les hommes politiques bougent. Mais le message ne passera pas si chacun de nous ne fait pas le tout petit effort d’envoyer ce courriel.
Dites au président Chirac de tenir ses promesses et d’exiger de ses collègues du G8 qu’ils fassent de même. Faites-le aujourd’hui. Copiez et envoyez le message ci-dessous. On aura un résultat si on est beaucoup à le faire.
COPIEZ CE MESSAGE ET ENVOYEZ-LE A AU MOINS TROIS DE VOS COLLEGUES ET AMIS. MERCI.
Vous êtes prêt?
1. Vous ouvrez le site www.elysee.fr
2. Vous cliquez sur « ECRIRE AU PRESIDENT » en bas, colonne de gauche
3. Dans la case « sujet principal de votre message » vous cliquez sur "autre"
4. Vous copiez le message ci-dessous dans la case « écrivez votre message » :
Monsieur le Président,
En 2005, vous avez activement participé à un sommet du G8 qui s’est engagé à éliminer la pauvreté. Une des conséquences des mesures prises alors est que des millions de zambiens pauvres ont aujourd’hui un accès gratuit aux soins médicaux. Merci. C’est une très bonne nouvelle.
Mais nous savons que ce sont les réunions des prochains mois, auxquelles vous et vos ministres participeront, qui vont déterminer si toutes les promesses faites l’an dernier seront tenues.
Monsieur le Président, nous avons besoin que vous agissiez dans trois domaines:
· Les conversations en cours sur les échanges commerciaux n’aboutiront pas à des solutions équitables pour les pays pauvres si les pays riches se contentent de défendre leurs seuls intérêts. Vous pouvez user de votre influence pour faire évoluer la position européenne et faire en sorte que l’accord final permette à tous les pays pauvres de se sortir de leur situation de pauvreté.
· Les pays pauvres sont aussi ceux qui souffrent le plus des conflits. La prolifération des armes attise ces conflits. Lorsque les Nations Unies se réuniront en juin, vous pouvez faire que la France s’exprime fortement pour réclamer un contrôle international sur les armes et insiste pour qu’un traité soit signé en ce sens avant la fin 2006.
· Vous pouvez enfin faire que les prochaines réunions de la Banque Mondiale et du FMI et celle du G8 en juillet transforment les promesses d’aide en argent bien réel pour tous les éducateurs, les infirmières et les médecins qui travaillent pour l’éducation et la santé de tous dans les pays pauvres.
Les trois prochains mois seront critiques. Des millions de gens veulent voir la fin de la pauvreté.
Je suis l’un d’entre eux. Et vous?
[formule de politesse][votre nom]
cette note est un soutien à l'action d'Oxfam contre la pauvreté
13:15 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 12 avril 2006
La recherche pour le développement et son contenu
Je viens de lire, sans surprise, dans la lettre interne mensuelle de mon institut, l’IRD, que le nouveau contrat d’objectifs 2006-2009 de l’institut décline des priorités liées aux « enjeux majeurs de développement et répondant aux grandes orientations de la politique française d’aide au développement, [à savoir] : Politiques publiques de lutte contre la pauvreté et pour le développement – Migrations internationales – Maladies infectieuses et émergentes – Changement climatique et aléas naturels – Ressources en eau et accès à l’eau – Ecosystèmes et ressources naturelles », avec un investissement amplifié en Afrique.
Sans surprise… parce que le texte, bien sûr, évite soigneusement d’utiliser les mots agriculture ou agricole – pour des raisons transparentes et strictement franco-françaises* – ceci quand bien même le développement agricole reste la toute première priorité des pays les plus pauvres qui sont à l’évidence, d’abord, et comme nos pays l’ont été dans le passé, dépendant de leur secteur agricole pour leur développement économique futur (voir annexe ci-dessous).
Pour mémoire, les secteurs d’activités classés comme prioritaires par les pays africains eux-mêmes, réunis au sein du NEPAD, le nouveau partenariat pour le développement en Afrique, sont les suivant :
• L'entrée en vigueur du Mécanisme Africain d'Evaluation des Pairs (MAEP) ;
• Faciliter et soutenir l'exécution des programmes régionaux d'infrastructure de court terme, comprenant les Transports, l'Energie, les TCI, l'Eau et l'Assainissement ;
• Faciliter l'exécution du programme de développement agricole et de la sécurité alimentaire dans toutes les sous régions ;
• Faciliter l'adoption d'une position africaine coordonnée sur l'accès aux marchés, la réduction de la dette et les réformes de l'APD ;
• Surveiller et intervenir, en cas de nécessité, afin que les Objectifs de Développements du Millénaire dans les domaines de la santé et de l'éducation soient respectés.
J’entends souvent que la part « agricole » des recherches de l’IRD est minime, ce qui justifie de ne point mettre ce secteur en avant. La communauté internationale définit aujourd’hui la recherche agricole d’une façon beaucoup plus large que nous ne le faisons chez nous, embrassant la biodiversité, l’environnement et leurs interface avec la santé, la forêt ou la pêche, et bien sûr les sociétés qui cherchent à en vivre. Pour la recherche agricole internationale, c’est environ 80% des unités de l’IRD qui présentent un intérêt collaboratif.
Je me préoccupe aujourd’hui de notre faible présence dans les grands programmes internationaux liés, peu ou prou, à cette recherche agricole. Notre politique nationale d’aide, comme notre recherche pour le développement, restent presque exclusivement concentrées sur des actions bilatérales, quand l’Afrique prend conscience du besoin de mettre ses forces en commun, aux niveaux régional et sous régional, pour tenter de répondre aux défis de son développement. La recherche n’échappe pas à cette régionalisation, et les organisations sous régionales de la recherche africaine reçoivent déjà le soutien de la Commission européenne.
Notre recherche pour le développement ne peut se faire autrement qu’en partenariat. Si nous sommes écartelés, entre une recherche européenne qui ne peut être qu’excellente et un développement qui oublie ce que peut apporter la recherche, il nous faut faire la preuve qu’une recherche excellente peut aussi être pertinente et très visible parce qu’elle participe aux grandes actions collectives internationales dont l’impact sur la pauvreté et le développement est reconnu. Il faut redonner une ambition internationale, avec des incitations appropriées, aux chercheurs de l’IRD qui disparaissent de plus en plus dans un paysage strictement hexagonal en perdant leurs spécificités. Et il faut donner à l’IRD une ambition de grand partenaire de la recherche multilatérale internationale. Ses chercheurs en ont très largement les moyens. Et les partenaires internationaux n’attendent pas autre chose de la France.
*(a) l’INRA est en train de devenir, lentement mais sûrement, le seul propriétaire de la recherche agricole française, hexagonale ou internationale et (b) pour le ministère de la recherche, la recherche pour le développement n’existe pas.
Annexe : Le développement des pays les plus pauvres est d’abord agricole (Source : FAO)
La part agricole, en % du PIB par habitant, est inversement corrélée au niveau du PIB lui-même et donc à l’état de développement des pays du Sud (tableau ci-dessous). L’importance de l’agriculture et de la priorité au développement agricole a été soulignée par le NEPAD.

08:22 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

