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vendredi, 24 mars 2006

La grandeur de TAIWAN et les discours de la France

L’Initiative Mondiale sur l’Horticulture (GHI, acronyme anglais) a été lancée hier à Montpellier, sans qu’on en parle dans notre quotidien préféré – aucun journaliste n’était présent – alors qu’il s’agit sans doute là d’un des principaux événements de l’année en matière de lutte concrête contre la pauvreté.

Rappelez-vous cette conférence des Nations-Unis de 2000 qui a abouti à l’approbation unanime des Objectifs du Millénaire pour le Développement. On sait aujourd’hui qu’ils ne seront pas atteints. Ou le sommet de la terre à Johannesburg en 2002, et les beaux discours – dont celui de notre brillant chef d’Etat – suivis d’aucun effet.

Les 74 participants à la rencontre de cette semaine à Montpellier – des chercheurs du Nord et du Sud, des bailleurs de fonds, des représentants du secteur privé, etc. – se sont engagés à AGIR pour améliorer et les revenus et la nutrition des populations pauvres, notamment dans les zones péri-urbaines… au moment précis où sur la planète, la proportion de la population urbanisée dépasse les 50%, et où, dans les grandes mégapoles du Sud, une proportion croissante de ruraux déplacés vit dans la misère absolue.

L’horticulture est un outil parmi d’autres, mais dans le domaine agricole c’est sans doute celui qui est le plus susceptible, pour ces populations déplacées qui vivent dans les bidonvilles des périphéries urbaines, d’apporter une amélioration sensible de leurs conditions de vie.

De nombreuses questions posées sont des questions pour la recherche. A titre d’illustration ou d’exemple, je mentionnerai seulement la partie que je connais le moins mal : les variétés disponibles aujourd’hui pour ces maraîchers du Sud… ce sont presque systématiquement des stocks de semences de variétés développées au Nord pour nos climats et nos conditions de culture. Il arrive ainsi – on a cité cet exemple en Inde – qu’une variété d’aubergine ait besoin de plus de CENT traitements pesticides pendant sa croissance pour produire un légume qui ressemble à une aubergine « saine » (= libre de parasite)… que personne parmi nous n’oserait manger s’il était informé, ce que les consommateurs indiens ne sont pas.

Je ne parle pas de l’effort colossal d’organisation des filières, inexistantes, où des problèmes de gestion de l’eau dans des zones où les populations n’ont pas même accès à une eau potable. La recherche, encore une fois, n’est qu’une petite composante dans un ensemble de besoins à satisfaire. A chacun de faire ce qu’il doit. Hier, j’ai côtoyé des chercheurs décidés. Mon seul regret : celui d’entendre en clôture que le gouvernement de Taiwan mettait 2 millions d’euros sur la table, quand le gouvernement français s’était contenté d’un beau discours de bienvenue le premier jour…

Commentaires

"ces populations déplacées qui vivent dans les bidonvilles des périphéries urbaines" : dans quelle proportion vivent-elles dans les périphéries urbaines ? Ici, au Brésil, les favelas (je simplifie en posant "favela" = "bidonville", mais cela ne change pas le raisonnement) se situent en très grande partie à l'intérieur des villes et presque toujours sur les flancs des mornes. En outre, la densité est largement supérieure aux zones d'habitation des classes moyennes. Dans ces conditions, comment les habitants des favelas pourraient-ils cultiver des légumes ?
D'autre part, si je ne nie pas l'apport nutritionnel des légumes, ces populations ne manquent-elles pas en premier lieu de viandes et de céréales ? Soit dit en passant, il ne serait pas nécessaire d'augmenter la production de viande pour satisfaire les besoins de l'ensemble de la population brésilienne. En moyenne, chaque brésilien consomme 84 kg de boeuf par an. En moyenne. La solution passe donc par une meilleure répartition. Tout "simplement", mais l'on ne sait pas faire...

Ecrit par : Francis | vendredi, 24 mars 2006

Tous les bidonvilles du monde ne se ressemblent pas, et les Corcovados ne se rencontrent pas aux quatre coins du monde. Cela dit vous avez au moins raison sur un point: ce n'est pas dans les zones de plus forte densité qu'on va trouver de l'espace pour faire pousser des légumes, mais bien "en périphérie". Quant à vos commentaires sur les "besoins"... vous êtes indiscutablement brésilien malgré votre parfaite francophonie: la viande, la viande, la viande et accessoirement arroz-feijao (riz-haricot) matin-midi-et-soir. Les pays sous-développés ne ressemblent pas au Brésil malheureusement (qui n'est plus un pays sous-développés malgré les inégalités que vous soulignez). Ailleurs dans le monde des pauvres il n'y a rien à "répartir". Où bien on produit sur place, ou bien on prie. Et les vitamines essentielles pour que les enfants grandissent aussi bien que chez nous en France se trouvent surtout dans les fruits et légumes quel que soit l'endroit du monde où on habite. Mes années dans votre pays m'ont plus que convaincu qu'il y avait de l'avenir au Brésil pour les diététiciens... même si je n'ai rien d'un végétarien et si j'adore la feijoada!

Ecrit par : piruli | vendredi, 24 mars 2006

Nous sommes d'accord, il y a de l'avenir pour les diététiciens au Brésil ! Et pour les Academias (salles de sport) où les Brésiliens viennent dépenser l'excès de colories consommées lors des churrascos !

Ecrit par : Francis | vendredi, 24 mars 2006

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