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mardi, 21 mars 2006

L’initiative horticole mondiale

L’initiative horticole mondiale, ou Global Horticulture Initiative (GHI) en anglais, est un grand programme de recherche international, qui sera officiellement lancé depuis Montpellier cette semaine, avec pour objectif principal de favoriser la production et la consommation de fruits et légumes dans les pays du Sud. Bien sûr, augmenter la consommation de fruits et légumes dans des zones où la malnutrition est importante, ce serait formidable. Mais comment faire pour que les plus pauvres, qui ont à peine de quoi acheter les céréales ou tubercules dont ils ont besoin, comme denrée de base, se mettent à diversifier leur alimentation, et mangent aussi des fruits et légumes ? En faisant qu’ils les produisent eux-mêmes. Les fruits et légumes peuvent être à la fois une source de revenus et d’une meilleure nutrition. Je l’ai déjà dit et répété, on n’aidera pas les pauvres, en milieu rural, à sortir de leur pauvreté en les faisant produire plus de riz ou de maïs. Il faut qu’ils produisent aussi – à côté du riz ou du maïs dont ils ont besoin pour se nourrir – des plantes qui se vendent mieux et/ou peuvent se transformer en un produit qui se vend mieux. Les légumes, pour ceux qui vivent à une distance raisonnable (en temps) des centres urbains et de leurs marchés – et ceci peut inclure des jardins en zone périurbaine – représentent une option intéressante.

Mais les recherches sur la production de variétés de fruits et légumes adaptés aux zones tropicales, où sont-elles ? Elles n’étaient pas sur l’agenda des recherches de l’époque coloniale, à quelques exceptions près chez les fruits, comme la banane ou l’ananas. Et elles n’étaient pas non plus dans l’agenda de la recherche internationale (voir mes notes sur le GCRAI) qui a émergé après la seconde guerre mondiale e s’est concentré trop longtemps exclusivement sur les grandes plantes alimentaires, blé, maïs, riz, tubercules. Les quelques grands acteurs de la recherche sur les fruits et légumes, pour les zones tropicales spécifiquement, qui existent aujourd’hui, ont nom AVDRC – un institut international qui ne fait pas partie des centres du GCRAI parce que basé à Taiwan – et Cirad à Montpellier. Ils vont sans doute décider de mettre leurs forces ensemble cette semaine pour aller plus vite plus loin et mieux répondre à des attentes innombrables et diverses. Je vous ferai part des conclusions de leur réunion en fin de semaine.

Commentaires

Outre les grands acteurs que vous mentionnez, il ne faut toutefois pas négliger ceux, plus petits mais peut-être plus efficaces, qui associent universités et producteurs, comme ici au Brésil.
Un exemple qui concerne l'Espírito Santo, mon État, où la production de papaye a bénéficié de l'effort de rercherche conjoint de l'université et d'un grand producteur, et qui débouche aujourd'hui sur des contrats d'association avec d'anciens paysans sans terre d'un autre État, qui ont vu leurs revenus croître au point de leur assurer désormais une vie décente.

Ecrit par : Francis | mercredi, 22 mars 2006

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