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mercredi, 15 février 2006
Je m'absente...
D'abord un grand merci à tous ceux qui lisent les notes de ce blog, et qui restent nombreux même les jours où l'encre sèche.
En dehors de mon activité de bloggeur, il se trouve que j'ai malheureusement deux métiers - l'un à Agropolis et l'autre au CIAT - qui me mangent beaucoup trop de temps ces jours-ci pour que je puisse encore réagir aux nouvelles scientifiques (ou liées à la science au Sud) du moment. Et puis je pars le weekend prochain pour deux semaines, une de vacances puis une de cours aux Etats-Unis.
Je suis donc obligé de vous dire au revoir... jusqu'au mois de mars!
A bientôt.
Piruli.
15:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 11 février 2006
Colonisation : les politiques de la honte
Vous l’aurez compris au titre, je suis profondément choqué par tous ces politiques qui osent affirmer aujourd’hui que nous n’avons rien à renier et que notre période coloniale a été bénéfique pour les colonisés. Non, Monsieur Debré, il n’y a pas que dans les pays totalitaires qu’on réécrit l’histoire : c’est ce que nous avons fait chez nous depuis toujours, pour cacher les périodes honteuses de celle-ci. Et la colonisation en est une. Le nier est un mensonge éhonté. Que des hommes politiques osent aujourd’hui ce nouveau négationnisme pour se garder les voix de nos derniers colons en région et de leurs descendants est d’une bassesse inqualifiable.
L’Afrique sub-saharienne francophone est aujourd’hui un sous continent ou une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté, et c’est la seule partie du monde où la pauvreté et la malnutrition ne reculent pas mais au contraire avancent. Le retard de l’Afrique, l’écart qui se creuse entre notre Nord et leur Sud, tout cela a ses racines dans la « glorieuse » période coloniale dont nos politiques régionaux sont si « fiers ». Les africains n’ont aucun handicap génétique. Eux, ces politiques de la honte, les voient sans doute encore comme Hergé, retardés et paresseux. Il y a un an ou deux, je ne me rappelle plus, nous l’avons tous vu dans notre journal, le plus jeune bachelier de France était un élève africain de 14 ans. Le centre international de recherche pour lequel je travaille compte plus d’une trentaine de chercheurs africains remarquables qui n’ont rien à envier à leurs collègues des pays développés. Les handicaps d’aujourd’hui sont l’héritage direct de la loi coloniale imposée par le Nord : les travaux forcés à la place de l’éducation, les cultures d’exportations à la place des cultures vivrières et du développement d’une agriculture durable. Et, malheureusement, la recherche qui va avec.
Le retard abyssal de l’éducation en Afrique, et le fait, en conséquence, que les élites soient insuffisantes pour faire face à tous les défis du continent, c’est cela, notre héritage. Nos esclaves n’avaient pas besoin de savoir lire, n’est-ce pas ? Le café, l’hévéa, le cacao, le coton ou l’ananas, etc., toutes plantes introduites d’Amérique latine pour notre seul profit, ne nourrissent aucun africain. Elles n’ont enrichi qu’une poignée d’amis de la France et laissé l’essentiel des populations locales sans aucun moyen d’améliorer leur sort. A l’aube du 21ème siècle, tout reste à faire en Afrique, tout est à construire, et cela, les africains le doivent à cette colonisation dont les élus de droite du Languedoc-Roussillon sont si fiers. C’est à pleurer.
17:32 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : colonisation, Afrique
vendredi, 10 février 2006
OGM : on peut fortement diminuer les risques environnementaux
Un des risques possibles avec les OGM concerne la diffusion, via leur pollen, des gènes qu’on leur a transférés vers les plantes sauvages apparentées environnantes. On a ainsi évoqué la possibilité de créer des super-plantes sauvages envahissantes et dont on ne pourrait plus se débarrasser parce qu’elles auraient acquis une résistance aux herbicides. Bon, il faut d’abord admettre que le pollen de l’OGM puisse féconder la plante sauvage (c’est possible*), que le gène en question s’exprime chez elle (c’est très vraisemblable) et qu’on l’arrose de l’herbicide en question (c’est peu probable si elle reste dans son milieu sauvage). En bref, le risque existe, et aucun scientifique sérieux ne le minimise. Sauf qu’il ne faut quand même pas venir nous raconter que le pollen du maïs OGM risque d’affecter le champ de fraises d’à côté. Cela, on en est sûr à 300%, c’est totalement impossible.
Puisqu’il y a un risque, qu’est-ce qu’on fait? Les intégristes disent: on ne cultivent pas d’OGM. Et tant pis pour les agriculteurs si leurs concurrents en produisent. Les chercheurs disent : SI des avantages avérés sont apportés aux agriculteurs (plus faible coût de revient), peut-on minimiser, voire faire disparaître ce risque ?
Deux chercheurs de l’institut Weizmann, en Israël, viennent de publier un article qui passe en revue les actions possibles pour minimiser les risques. Une voie très prometteuse consiste à diminuer l’aptitude à la compétition des plantes sauvages hybrides qui seraient issues de la fécondation de la plante sauvage par le pollen de l’OGM. Pour cela on associe au gène d’intérêt – par exemple le gène conférant la résistance à l’herbicide – des gènes défavorables pour la vie dans le monde sauvage, et qui ne s’expriment pas chez la plante OGM cultivée : gènes conférant le nanisme, supprimant la dormance des graines (elles germent tout de suite au lieu d’attendre la fin de l’hiver), ou fixant les graines à l’épi (les plantes sauvages ont des graines qui tombent, au contraire des céréales, assurant ainsi leur multiplication). Les chercheurs mentionnent l’exemple d’un colza OGM dans lequel on a attaché un gène de nanisme au gène d’intérêt : les plantes sauvages issues de la fécondation par le pollen de l’OGM avaient toutes une croissance anormale au point que la plupart étaient totalement stériles. Les quelques descendants obtenus malgré tout se sont avérés incapables de survivre à la compétition avec les plantes non affectées par le pollen OGM.
La morale de l’histoire : il faut tirer la sonnette d’alarme quand il y a un risque (c’est fait, très bien) puis laisser les chercheurs chercher la solution (c’est ce qu’en France on ne fait pas).
Puisque le sujet des OGM occupe une place énorme (disproportionnée ?) dans nos médias… l’article du Monde d’hier et intitulé « nouveaux soupçons… » ne m’a pas échappé, qui revient sur les risques potentiels liés à la santé. Trois commentaires à ce sujet : (1) il y a un risque dans toute nouvelle variété, qu’elle soit OGM ou non, et donc des tests devraient être faits dans tous les cas; (2) si les « expertises » commanditées par Monsanto ne sont guère crédibles, celles commanditées par Greenpeace auprès d’un scientifique connu pour son opposition aux OGM (Seralini) ne le sont pas davantage - en tous cas ni vous ni moi ne « risquons » d’y voir plus clair après cela; et (3) pourquoi cet article des australiens sur la santé est-il mentionné partout alors que j'ai eu bien du mal à trouver celui sur la diminution des risques environnementaux? Deux poids, deux mesures, encore une fois?
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* c’est un souci surtout dans les zones de forte diversité naturelle, qui sont pour la plupart dans les pays du Sud. Par exemple : un maïs transgénique planté au Mexique pourrait polliniser les variétés paysannes traditionnelles, mais aussi les espèces apparentées sauvages (téosinte et Tripsacum).
15:31 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bové et la démocratie américaine
José Bové, qui venait aux Etats-Unis sur invitation de l'Université Cornell, n'a pas été autorisé à entrer aux Etats-Unis, sous pretexte de condamnation dans l'histoire du MacDo de Millau (voir le Midi Libre de ce jour).
Les Etats-Unis épluchent-ils le casier judiciaire de toutes les personnes entrant sur leur sol? Non.
José Bové n'a seulement pas le droit de venir s'exprimer sur des sujets qui fâchent le gouvernement des Etats-Unis et ses amis.
Je suis contre la plupart des actions menées par José Bové, parce qu'elles n'aident pas à l'expression de la vérité. Mais je suis aussi, et encore plus, contre ceux qui agissent contre la liberté d'expression. L'Amérique donneuse de leçons de "démocratie" perd tous les jours de sa crédibilité comme modèle.
(on va me reprocher d'écrire sur quelque chose "hors sujet" pour recherche-Solidarité-Sud... mais je ne peux pas critiquer ceux qui disent n'importe quoi sur les OGM et leur rôle potentiel pour aider les agriculteurs du Sud, et ne rien dire quand on les empêche de s'exprimer. Toutes les voix, toutes les opinions doivent pouvoir être entendues, partout)
10:35 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM
jeudi, 09 février 2006
Grippe aviaire, chikungunya, il faut relativiser
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la grippe aviaire a tué 88 personnes depuis 2003. On en parle tous les jours dans nos journaux. Le chikungunya, la maladie virale qui sévit actuellement à la Réunion, a tué un enfant. On en parle tous les jours dans nos journaux. Pendant ce temps-là, le paludisme tue plus d’un million de personnes chaque année. Son éradication fait partie des objectifs du millénaire pour le développement. C’est aussi, on en est déjà sûr, l’un des objectifs qui ne seront pas atteints d’ici 2015. Qui en parle ? Le Midi Libre de temps en temps, notamment parce que des chercheurs de Montpellier travaillent sur le sujet et essaient périodiquement de tirer la sonnette d’alarme.
Quand la recherche pour le Sud aura été complètement avalée par les grands organismes nationaux - c'est en route, et je parie que cela va avancer d'autant plus vite qu'on s'approche d'élections qui risquent de faire encore changer les têtes - combien de temps cette entomologie médicale française qui s’intéresse aux grands fléaux qui s’abattent sur les pays en développement (avant de migrer demain chez nous) continuera-t-elle d’exister ?
13:51 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe aviaire, chikingunya, paludisme, OMS
mercredi, 08 février 2006
et m..., encore une note sur les OGM !
L’AFP annonce que près de trois Français sur quatre souhaitent un référendum sur la réglementation des OGM (organismes génétiquement modifiés) en France, selon un sondage commandité par l'association Agir pour l'environnement, et publié hier.
Je trouve cette nouvelle amusante. Elle m’a immédiatement rappelé l’épisode du référendum sur la constitution européenne. Quand on ne comprend rien à la question posée, on se fait manipuler. Par les uns ou par les autres.
Comprend-on mieux les OGM que la constitution européenne ? Franchement non. Ni sur le fond, le contenu, ni sur les conséquences d’un rejet. Cette fois, en votant non, on ne pénaliserait pas nos restaurateurs (qui auraient aujourd’hui leur TVA à 5,5% si la nouvelle constitution avait été approuvée), mais nos agriculteurs. A court terme déjà condamnés à perdre leurs subventions européennes, les « survivants » se verraient en plus placés dans une situation de concurrence déloyale vis à vis des agriculteurs étrangers autorisés, eux, à cultiver des OGM demandant beaucoup moins d’intrants et donc moins chers à produire.
La petite phrase de Guy Riba, directeur général délégué de l’INRA, citation du jour de notre quotidien préféré : « les OGM ne peuvent être exploités selon les seules lois du marché », aurait mérité un minimum d’explication grand public. Ma traduction, c’est qu’on ne peut évidemment pas se faire dicter nos politiques par Monsanto ou Syngenta. Mais on ne peut pas davantage se laisser manipuler par des extrémistes de l’autre bord, ceux de l’amalgame, de la généralisation à outrance et de la rejection systématique (je m’accorde ici le droit de les caricaturer!). On n’entend pas assez les experts scientifiques du secteur public. On n’entend que ceux qui font leurs choux gras soit des OGM, soit de la polémique. Suggérer aux français qu’ils demandent un référendum quand ils ne sont pas correctement informés, c’est quoi ?
Chaque OGM est DIFFERENT. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, la chaussure taille unique n’a aucun sens. Qui gagne à ce qu’on parle « des » OGM ? Combien, parmi les 72% d’interrogés par BVA pour ce sondage farfelu et qui ont répondu oui pour un référendum, savaient que l’insuline est un produit OGM ?
Qui va se décider à poser la question, honnêtement? Il y a quelques années, quelqu'un à eu le courage, outre-manche, de demander aux consommateurs anglais s'ils préféraient manger des tomates sans gènes et 20% d'entre eux ont répondu oui...
17:26 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM
Brevets: bonjour la Chine
Je n’aime pas cette science qui ne se mesure que par le nombre des brevets déposés, mais force est de reconnaître que ce nombre est aussi le reflet d’un certain dynamisme ou des capacités d’innovation relatives des uns et des autres. L’évolution du nombre des demandes de brevet au fil des ans n’est donc pas sans intérêt. Le rapport que vient de publier l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) le 3 février à Genève nous apprend – sans surprise – que la Chine vient de dépasser le Canada, l’Italie et l’Australie, et ne s’arrêtera pas là. Mais il faut aussi regarder du côté du Japon et surtout de la Corée du Sud, qui dépose encore deux fois plus de brevets que la grande Chine et se rapproche très vite de la France :
Rang, Pays, nombre de demandes de brevet déposées en
2000 et 2005, variation 2004-2005
1 Etats-Unis 38007 46446 +3,8%
2 Japon 9567 25145 +24,3%
3 Allemagne 12582 15870 +4,0%
4 France 4138 5522 +6,6%
5 Grande-Bretagne 4795 5115 +1,5%
6 Corée du Sud 1580 4747 +33,6%
7 Pays-Bas 2928 4435 +4,7%
8 Suisse 1989 3096 +7,5%
9 Suède 3091 2784 –2,1%
10 Chine 784 2452 +43,7%
13:36 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
70% des français sont contre les OGM
Au milieu de la page consacrée aujourd'hui à la nouvelle loi sur les OGM dans notre quotidien préféré, cette statistique:
70% des français sont contre les OGM.
Pourquoi notre journal ne nous dit pas AUSSI combien de français sont contre l'insuline?
Cela fait déjà pas mal d'années que l'insuline est un OGM et que, ce faisant, elle est de bien meilleure qualité que l'insuline animale qu'utilisaient auparavant les diabétiques.
Combien de français savent ce qu'est un OGM?
08:45 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM
vendredi, 03 février 2006
De la sécurité alimentaire en Afrique
Dans un récent rapport sur l’Afrique, la FAO annonce que malgré un bond en avant des productions agricoles en Afrique du Sud en 2005, l’insécurité alimentaire de l’Afrique australe demeure un problème très sérieux. Environ 12 millions d’habitants, principalement au Zimbabwe et au Malawi, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Le retard des pluies a perturbé les semis pour les principales cultures et avec des réserves limitées, les prix continuent de grimper. Les besoins d’importation en maïs, pour le Sud du continent, Afrique du Sud exclue, sont de 2,7 millions de tonnes, alors que les quantités effectivement importées ne sont que 1,6 million de tonnes. Côté Afrique du Sud il y a eu un surplus en maïs, après une récolte record de 4,66 millions de tonnes.
Me reviennent en mémoire, d’une part une conférence donnée à Agropolis par le directeur général de l’IITA (Institut international d’agriculture tropicale, dont le siège est au Nigeria) et d’autre part un article d’un chercheur africain travaillant pour le CIMMYT (Centre international d’amélioration du maïs et du blé). Le contenu était à peu près le même : le maïs est une plante totalement inadaptée pour l’Afrique, ses pluies irrégulières et ses sols pauvres. Depuis des siècles on voit le maïs remplacer peu à peu les céréales africaines. Les pays d’Afrique de l’est sont devenus dépendants les premiers. Aujourd’hui c’est au tour des pays de l’Afrique de l’ouest. L’histoire se répète, personne n’apprend des erreurs de ses voisins. Bien sûr, l’année où les pluies sont « normales », le maïs arrive à produire plus que le sorgho et beaucoup plus que le mil. Mais la « normale » ne dure jamais bien longtemps, et les productions de maïs jouent au yo-yo partout en Afrique, sauf là où une agriculture intensive avec irrigation et fertilisants peut être pratiquée, comme c’est le cas en Afrique du Sud. J’ai construit le graphique ci-dessous à partir des données de la FAO depuis 1985 (donc sur 20 ans) pour cinq pays d’Afrique de l’est : Malawi, Mozambique, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Le yo-yo observé est totalement inacceptable : les productions annuelles varient entre 30 et 80 millions de tonnes !
Je touche ici du doigt à un problème fondamental pour le développement agricole en Afrique. Finalement, on perpétue l’échec de la révolution verte sur ce continent. On s’entête à vouloir y faire pousser des plantes inadaptées. Toute la recherche se focalise sur la recherche de résistance/tolérance à la sécheresse, aux parasites, etc., pour des plantes inadaptées, au lieu de recentrer les ressources (les quelques euros consacrés à cette recherche) sur l’amélioration des productions des plantes naturellement bien adaptées. On augmente ainsi la vulnérabilité des plus pauvres, la vulnérabilité de ceux qui ont le plus besoin de sécurité alimentaire. Les africains ont besoin de manger tous les jours, comme nous, pas un jour sur deux, pas une année sur deux. Je peux comprendre que le Mali, seul, ne puisse pas rattraper 50 ans de retard de recherches sur l’amélioration du sorgho et du mil. Mais pourquoi serait-il impossible à tous les pays qui cultivent du sorgho ou du mil traditionnellement depuis des milliers d’années de s’associer au sein d’un grand programme continental, voire mondial, pour faire que la recherche sur ces plantes change de vitesse. Les seuls programmes d’envergure internationale que je connaisse sur ces plantes sont le fait d’un centre frère de l’IITA et du CIMMYT cités plus haut, dont le siège est en Inde. Pas d’un consortium africain.
Les donateurs n'investissent pas là où ils devraient.
17:09 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, agriculture, maïs, sorgho, mil
Les plantes « qui peuvent rapporter gros »
Le Centre International d’Agriculture Tropicale (CIAT) coordonne l’Alliance pour un Programme de Diversification Agricole (DAPA) en Amérique latine, un partenariat de recherche public-privé dans lequel les petits producteurs de plantes “de rente” (mauvaise traduction de “plantes à forte valeur” en anglais) ont la possibilité de collaborer avec des chercheurs, des technologistes de l’agro-alimentaire, et des distributeurs pour améliorer leur produit, son accès au marché, et donc au final leurs revenus. Parmi les plantes concernées, quelques unes des « spécialités » du continent, notamment le café et les plantes médicinales.
En réussissant ainsi à faire travailler ensemble des personnes du secteur agricole, de la recherche et de l’entreprise, DAPA vise à “développer une bonne pratique de la gestion de filières, et développer des produits de qualité susceptibles d’entrer sur les marchés à un prix satisfaisant pour les producteurs”. Le programme a également pour objectif d’identifier les conditions environnementales optimales pour que les agriculteurs obtiennent des produits de qualité répondant aux exigences spécifiques des consommateurs.
DAPA est actuellement financé pour trois ans par le ministère de la coopération économique et du développement allemand (GTZ). Source de l'info: CropBiotech Update, lettre courriel de l’ISAAA.
Je l’ai déjà écrit ici. Il est bien peu probable qu’on aide les petits producteurs à sortir de leur misère en leur donnant les moyens de produire plus de riz ou de maïs, si ces produits se vendent, bruts, pour rien sur les marchés. Par contre, si le riz ou le maïs ont des qualités particulières et qu’on aide les producteurs à identifier et pénétrer un marché spécifique, la donne est différente. Bien sûr, l’autre voie est d’améliorer le rendement de la plante vivrière pour libérer un espace sur la ferme permettant de cultiver des plantes “de rente” sources de revenus.
Petit aperçu de l’immense diversité des maïs. Le maïs blanc tout à droite est un épi de la variété Cacahuacintle, utilisée pour faire un excellent plat traditionnel mexicain, le pozole. Je vous donnerais bien la recette, mais vous le trouveriez où, le maïs en question ? Le Cacahuacintle n’est produit que par de petits producteurs. Voilà un exemple de marché à créer, en partenariat avec les restaurants mexicains en Europe !
11:47 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, maïs, diversification


