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samedi, 11 février 2006
Colonisation : les politiques de la honte
Vous l’aurez compris au titre, je suis profondément choqué par tous ces politiques qui osent affirmer aujourd’hui que nous n’avons rien à renier et que notre période coloniale a été bénéfique pour les colonisés. Non, Monsieur Debré, il n’y a pas que dans les pays totalitaires qu’on réécrit l’histoire : c’est ce que nous avons fait chez nous depuis toujours, pour cacher les périodes honteuses de celle-ci. Et la colonisation en est une. Le nier est un mensonge éhonté. Que des hommes politiques osent aujourd’hui ce nouveau négationnisme pour se garder les voix de nos derniers colons en région et de leurs descendants est d’une bassesse inqualifiable.
L’Afrique sub-saharienne francophone est aujourd’hui un sous continent ou une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté, et c’est la seule partie du monde où la pauvreté et la malnutrition ne reculent pas mais au contraire avancent. Le retard de l’Afrique, l’écart qui se creuse entre notre Nord et leur Sud, tout cela a ses racines dans la « glorieuse » période coloniale dont nos politiques régionaux sont si « fiers ». Les africains n’ont aucun handicap génétique. Eux, ces politiques de la honte, les voient sans doute encore comme Hergé, retardés et paresseux. Il y a un an ou deux, je ne me rappelle plus, nous l’avons tous vu dans notre journal, le plus jeune bachelier de France était un élève africain de 14 ans. Le centre international de recherche pour lequel je travaille compte plus d’une trentaine de chercheurs africains remarquables qui n’ont rien à envier à leurs collègues des pays développés. Les handicaps d’aujourd’hui sont l’héritage direct de la loi coloniale imposée par le Nord : les travaux forcés à la place de l’éducation, les cultures d’exportations à la place des cultures vivrières et du développement d’une agriculture durable. Et, malheureusement, la recherche qui va avec.
Le retard abyssal de l’éducation en Afrique, et le fait, en conséquence, que les élites soient insuffisantes pour faire face à tous les défis du continent, c’est cela, notre héritage. Nos esclaves n’avaient pas besoin de savoir lire, n’est-ce pas ? Le café, l’hévéa, le cacao, le coton ou l’ananas, etc., toutes plantes introduites d’Amérique latine pour notre seul profit, ne nourrissent aucun africain. Elles n’ont enrichi qu’une poignée d’amis de la France et laissé l’essentiel des populations locales sans aucun moyen d’améliorer leur sort. A l’aube du 21ème siècle, tout reste à faire en Afrique, tout est à construire, et cela, les africains le doivent à cette colonisation dont les élus de droite du Languedoc-Roussillon sont si fiers. C’est à pleurer.
17:32 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : colonisation, Afrique


Commentaires
un point comun avec toi, je fais une note lundi qui aura pour titre:
ne pas confondre ou confondre, député de l'Hérault ou emputé du cerveau
Ecrit par : pierrot le zygo | samedi, 11 février 2006
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