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vendredi, 03 février 2006
De la sécurité alimentaire en Afrique
Dans un récent rapport sur l’Afrique, la FAO annonce que malgré un bond en avant des productions agricoles en Afrique du Sud en 2005, l’insécurité alimentaire de l’Afrique australe demeure un problème très sérieux. Environ 12 millions d’habitants, principalement au Zimbabwe et au Malawi, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Le retard des pluies a perturbé les semis pour les principales cultures et avec des réserves limitées, les prix continuent de grimper. Les besoins d’importation en maïs, pour le Sud du continent, Afrique du Sud exclue, sont de 2,7 millions de tonnes, alors que les quantités effectivement importées ne sont que 1,6 million de tonnes. Côté Afrique du Sud il y a eu un surplus en maïs, après une récolte record de 4,66 millions de tonnes.
Me reviennent en mémoire, d’une part une conférence donnée à Agropolis par le directeur général de l’IITA (Institut international d’agriculture tropicale, dont le siège est au Nigeria) et d’autre part un article d’un chercheur africain travaillant pour le CIMMYT (Centre international d’amélioration du maïs et du blé). Le contenu était à peu près le même : le maïs est une plante totalement inadaptée pour l’Afrique, ses pluies irrégulières et ses sols pauvres. Depuis des siècles on voit le maïs remplacer peu à peu les céréales africaines. Les pays d’Afrique de l’est sont devenus dépendants les premiers. Aujourd’hui c’est au tour des pays de l’Afrique de l’ouest. L’histoire se répète, personne n’apprend des erreurs de ses voisins. Bien sûr, l’année où les pluies sont « normales », le maïs arrive à produire plus que le sorgho et beaucoup plus que le mil. Mais la « normale » ne dure jamais bien longtemps, et les productions de maïs jouent au yo-yo partout en Afrique, sauf là où une agriculture intensive avec irrigation et fertilisants peut être pratiquée, comme c’est le cas en Afrique du Sud. J’ai construit le graphique ci-dessous à partir des données de la FAO depuis 1985 (donc sur 20 ans) pour cinq pays d’Afrique de l’est : Malawi, Mozambique, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Le yo-yo observé est totalement inacceptable : les productions annuelles varient entre 30 et 80 millions de tonnes !
Je touche ici du doigt à un problème fondamental pour le développement agricole en Afrique. Finalement, on perpétue l’échec de la révolution verte sur ce continent. On s’entête à vouloir y faire pousser des plantes inadaptées. Toute la recherche se focalise sur la recherche de résistance/tolérance à la sécheresse, aux parasites, etc., pour des plantes inadaptées, au lieu de recentrer les ressources (les quelques euros consacrés à cette recherche) sur l’amélioration des productions des plantes naturellement bien adaptées. On augmente ainsi la vulnérabilité des plus pauvres, la vulnérabilité de ceux qui ont le plus besoin de sécurité alimentaire. Les africains ont besoin de manger tous les jours, comme nous, pas un jour sur deux, pas une année sur deux. Je peux comprendre que le Mali, seul, ne puisse pas rattraper 50 ans de retard de recherches sur l’amélioration du sorgho et du mil. Mais pourquoi serait-il impossible à tous les pays qui cultivent du sorgho ou du mil traditionnellement depuis des milliers d’années de s’associer au sein d’un grand programme continental, voire mondial, pour faire que la recherche sur ces plantes change de vitesse. Les seuls programmes d’envergure internationale que je connaisse sur ces plantes sont le fait d’un centre frère de l’IITA et du CIMMYT cités plus haut, dont le siège est en Inde. Pas d’un consortium africain.
Les donateurs n'investissent pas là où ils devraient.
17:09 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, agriculture, maïs, sorgho, mil



Commentaires
je suis president du conseil d'admnistration de la cooperative congolkaise de lutte contre contre la pauvretè je voudrais avoir des infgormations specifiques sur les organismes qui pevent aider les agriculteurs de mon pays
Ecrit par : louhounou pierre | vendredi, 29 septembre 2006
je suis president du conseil d'admnistration de la cooperative congolkaise de lutte contre contre la pauvretè je voudrais avoir des infgormations specifiques sur les organismes qui pevent aider les agriculteurs de mon pays
Ecrit par : louhounou pierre | vendredi, 29 septembre 2006
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