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samedi, 28 janvier 2006
AGROPOLIS a 20 ans
La semaine dernière, et plus précisément le 21 janvier, AGROPOLIS fêtait ses 20 ans.
Je n’ai rien vu dans notre journal à ce propos. Ils sont discrets, à AGROPOLIS.
C’est quoi AGROPOLIS ? Une avenue, un de ces nombreux lycées débaptisés, un musée dont on dit continuellement qu’il est au bord de la faillite ?
Retour en arrière.
Dans les années 1970 on a eu droit à une vaguelette de décentralisation, comme la France en connaît périodiquement. Cette fois, un certain nombre d’organismes de recherche, dans le champ de l’agronomie au sens le plus large, devaient être regroupés loin de Paris… à Montpellier. Regrouper un grand nombre de compétences dans un même endroit, c’était franchement une bonne idée (comme quoi, rien n’est désespéré). Mais bien sûr, comme on aurait pu l’imaginer, ce n’est pas parce qu’on met dix ou quinze organismes côte à côte sur une même rue qu’ils vont tout à coup se mettre à travailler ensemble, créer des synergies, bref être plus efficaces. Un homme, à ce moment-là, a pensé qu’il fallait les y aider et créer une petite structure associative chargée de faciliter le dialogue entre tous ces machins et de promouvoir des interactions bénéfiques. Cet homme, Louis Malassis, devint le premier président d’AGROPOLIS, association Loi de 1901, dont pratiquement tous les établissements publics d’enseignement et de recherche de la région sont aujourd’hui membres.
La France est la France, et la devise du français-shadok qui s’applique le plus souvent dans ses grands chantiers, c’est bien connu, c’est « pourquoi faire simple si je peux faire compliqué ». On ajouta donc une structure de plus aux autres structures existantes, sans lui donner les moyens d’assumer son rôle, c'est-à-dire sans réels moyens d’incitation : les gens ne se mettent à travailler ensemble que s’ils y trouvent un avantage, entendez financier, mais AGROPOLIS ne disposait d’aucun fonds d’incitation. AGROPOLIS s’est donc mis à coexister à côté des grandes structures de recherche, petit truc organisant et accueillant quelques conférences, facilitant des rencontres entre chercheurs, faisant la promotion de la recherche montpelliéraine à l’étranger. Positif, mais petit.
Et puis le nom d’AGROPOLIS se transformant peu à peu en label, on s’est mis à appeler « Agropolis » un peu tout, tout autour du campus de Lavalette où était construit le bâtiment d’AGROPOLIS International. Et donc à créer une gentille confusion qui perdure au point que l’accueil de l’association AGROPOLIS international sert de gare de triage pour tous les visiteurs égarés à la recherche d’un « quelque chose AGROPOLIS » qui n’est pas l’association de recherche et formation où ils se trouvent.
Mais comme, en France, la raison finit toujours par prévaloir, même si cela prend souvent plus longtemps qu’ailleurs, on a commencé depuis peu à penser, dans les hautes sphères parisiennes dont nous sommes, petites choses, toujours autant dépendantes malgré les décentralisations évoquées plus haut… bref, on a commencé à penser que ce machin, AGROPOLIS, cela pourrait peut-être devenir l’embryon de quelque chose de plus ambitieux, une réelle coordination de la recherche – dans le domaine agriculture-alimentation-environnement-biodiversité - à l’échelle de la région Languedoc-Roussillon, et pourquoi pas l’un de ces pôles-pilotes évoqués lors des grands débats sur la recherche il y a un peu plus d’un an. Le projet est sur la marmite, qui mijote gentiment aujourd’hui. On peut même penser qu’il est presque prêt à être servi. Je ne suis pas d’un naturel pessimiste et donc je pense que le plat sera excellent. Mais c’est comme au restaurant : il ne faut pas trop aller voir ce qui se passe dans la cuisine. La porte ouverte, on y entend quelques cris. Il y a des gens qui tournent avec une grosse cuillère, dans un sens, et d’autres qui essaient de les pousser pour la tourner dans l’autre sens. Refermons vite la porte de cette cuisine. Tout cela est normal : dans une cuisine, il faut un chef, avec toute l’autorité nécessaire, pas 36, et ce chef, le gouvernement ne l’a pas encore nommé. Cela va s’arranger, cela va s’arranger.
En attendant, quand je me promène à l’étranger, ce que je fais un peu trop souvent d'après mon épouse, je constate que Louis Malassis a déjà réussi au moins l’un de ses paris : AGROPOLIS, c'est déjà le label international de la recherche agronomique française au sens large. Le nom d’AGROPOLIS est connu partout. Peu importe si nos amis étrangers « s’imaginent » des AGROPOLIS quelque peu différents de la réalité. Cette "réalité" est en train de changer, espérons pour le meilleur.
09:05 Publié dans Les news "Science" que j'ai notées pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, agriculture, Montpellier


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