« Manioc et valeur ajoutée | Page d'accueil | Les personnalités de l'année 2005 »
lundi, 26 décembre 2005
Un an après le tsunami
Des discussions récentes, dans les médias, sur ce qu’ont fait les ONG des dons reçus après le tsunami du 26 décembre 2005, j’ai retenu les points suivants :
- on a été très généreux, et c’est bien.
- les ONG ont été incapables d’utiliser tous les dons pour ce à quoi ils étaient destinés, et c’est normal. Il faut accepter qu’ils en utilisent une partie pour soigner d’autres maux, beaucoup moins médiatisés.
- les ONG dépensent une partie plus ou moins importante de nos dons pour faire tourner leur boutique, et c’est encore normal. Ce qui l’est moins, c’est l’absence d’évaluations indépendantes (= pas faites par les ONG elles-mêmes) pour nous prouver qu’il n’y a pas d’abus.
Dans le gaspillage potentiel souvent évoqué, qu’il ne faudrait surtout pas généraliser, et qui énerve tous ceux qui donnent et doivent continuer de le faire, il y a les dépenses excessives de certains « experts » envoyés sur place. On ne leur demande pas de dormir sous la tente, mais les voitures de luxe et les « militants » qu’on voit sortir le matin des hôtels cinq étoiles, cela fait désordre dans un monde où c’est la misère qu’on vient soigner.
Tout cela pour arriver aux questions suivantes :
1. Faut-il mieux donner à une grande ONG ayant pignon sur rue, ou à la petite ONG du village voisin du sien, qui organise modestement son opération annuelle de A à Z, et va elle-même sur place pour réaliser son projet sans engraisser aucun intermédiaire ?
2. Faut-il seulement donner, ou peut-on aussi prêter (sans intérêt) ?
3. Il y a environ 500 chercheurs français en poste dans les pays du Sud, dans des universités, des centres de recherche locaux, qui fréquentent les populations locales au quotidien – les Dorothée, les Gee Her, les Maléna de mes histoires – qui les entendent parler de leurs besoins, de leurs projets, et qui pourraient se charger d’acheter sur place et de faire transporter les matériaux, équipements, médicaments, etc. dont les villages ont besoin pour se développer, sans passer par une grosse ONG ni une ribambelle d’intermédiaires gourmands. Alors pourquoi ne pas essayer de créer une association avec eux qui sont déjà sur place et qui travaillent avec les villageois ? Et en plus, une asso qu'on ne crée pas pour donner - comme les autres - mais pour investir : ceux à qui on prête de l’argent pour acheter un broyeur à manioc par exemple (voir ma note « manioc et valeur ajoutée » du 25.12) doivent le rembourser pour que d’autres, après eux, puisse réaliser aussi leur projet. On crée ainsi « des fonds rotatifs » : les entrepreneurs et entrepreneuses qui existent partout on besoin qu’on les aide à démarrer, pas qu’on leur fasse la charité. On aurait juste à créer le fonds initial, et identifier ceux, parmi tous nos chercheurs, qui seraient prêts à s’investir un peu dans ce genre d’action humanitaire à leurs heures de loisir. Je les contacte?

Qu'est-ce qui est plus beau que le sourire d'un enfant?
10:20 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire