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vendredi, 25 novembre 2005
POURQUOI ?

Il faut s'en occuper sérieusement. Les médias ne cessent de nous parler des problèmes liés à l'immigration. Il y a ces articles sur ces gens désespérés qui cherchent à entrer en Europe par tous les moyens. Ceux sur ces malheureux qui vivent, chez nous, une vrai galère. Et puis les déclarations des politiques qui multiplient les belles promesses et/ou construisent des barrières pour transformer notre continent en forteresse imprenable. Où entend-on parler d'aller là-bas, au Sud, attaquer le problème à la racine? Toute autre solution, pourtant n'est qu'un palliatif. On essaie de soigner un symptome, pas le mal. Et les symptomes se multiplient, inexorablement, parce que la population africaine continue de croitre rapidement et la pauvreté ne diminue pas, au contraire.
Ce n'est pas notre problème ? Si. Et pas seulement à cause des risques d'immigration galopante. L'Afrique est toute proche. Et elle exporte de plus en plus ses problèmes, tous ses problèmes. Combien de nos maladies d'aujourd'hui sont venues du Sud? Le réchauffement climatique, la multiplication des échanges ne vont pas diminuer cette tendance.
Il y a déjà beaucoup de gens qui s'en occupent. C'est vrai. Il y a heureusement beaucoup de gens qui croient à la solidarité et qui se sont déjà engagés. Beaucoup d'ONG notamment. Mais le problème ne disparait pas, bien au contraire. Il faut faire plus et mieux. Coordonner les efforts. Passer à la vitesse supérieure.
Dans les pays d'Afrique, au Sud du Sahara, 70 à 90% des pauvres sont des ruraux. Des personnes qui tentent de survivre, à la campagne, d'une agriculture qui produit trop peu et quelquefois pas du tout. Des personnes qui doivent rester à la campagne parce que les villes n'ont rien à leur offrir. Et qui doivent y vivre mieux.
La pauvreté est loin d'être seulement une question de recherche, mais la recherche peut aider les pauvres.
On a vite oublié ces gigantesque famines qu'on nous prédisait, en Chine et en Inde. Parce que les agricultures de ces deux pays ont fait leur "révolution verte", grace à la recherche. Les productions agricoles devenues suffisantes, ces pays ont commencé un développement technologique et industriel que l'on admire aujourd'hui. Mais l'Afrique est restée à côté de ces progrès, comme tous les régions les plus pauvres, en Amérique latine ou dans le sud asiatique.
La recherche peut faire beaucoup pour les agriculteurs les plus pauvres, où qu'ils se trouvent. Mais comme pour toute action d'envergure - ce qui est indispensable aujourd'hui - il faut travailler avec les autres, de manière coordonnée. Pas chacun de son côté, sans tenir compte de ce que font les autres. Dans la recherche qui combat la pauvreté agricole au Sud, la France est un des grands acteurs. Notre pays a deux instituts spécialisés, le Cirad et l'IRD. Mais nous ne savons pas encore coordonner nos efforts avec les autres. Quand il faudrait développer des stratégies complémentaires, ensemble, à l'échelle du continent africain ou de sous régions (Afrique de l'ouest, Afrique de l'Est...), nous continuons de bricoler des plans franco-français et de privilégier les relations bilatérales du type France-Mali ou France-Gabon.
Il y a d'autres grands acteurs. Nous les ignorons largement (l'arrogance française?) au lieu de développer une stratégie globale, efficace avec eux.
Notre stratégie de recherche est à revoir.
Mais d'abord, c'est de l'importance de la recherche pour les agricultures du Sud dont il faut parler. Les notes suivantes essaieront de donner quelques exemples de recherche en cours. Chez nous, on ne parle plus que de la recherche "qui rapporte", la recherche pour NOTRE développement industriel. Il y a une autre recherche, dont personne ne vous parle. Une recherche solidaire. Il faut la soutenir. Il faut l'encourager. D'abord, il faut la faire connaître. Je vais essayer d'apporter ma petite contribution en ce sens.
Pirouli
(photo: ingéniosité africaine, 2005)
17:45 Publié dans POURQUOI ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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